Il a l’air assez intéressant ton site
Perso je le trouve ultra pertinent sur à peu près tous les sujets (pour ce que j'ai pu lire jusqu'à présent en tout cas). Dans l'article cité plus haut j'adore la conclusion sur l'importance vitale des mythes et la nécessité d'en créer de nouveaux pour retrouver le chemin vers le monde intérieur (Carl Jung aussi insistait là dessus, d'ailleurs il avait écrit un livre sur le phénomène extraterrestre, qu'il considérait sur le plan psychologique comme un mythe moderne qui avait plus où moins remplacé Dieu en tant que manifestation des tréfonds de l’âme - l'inconscient a horreur du vide). Suffit de regarder notre discussion, on est obsédé par nos œuvres de fiction favorites, elles cristallisent des choses en nous, contribuent à notre cheminement intérieur...
J’avais lu dans un autre post que tu parlais des traits de caractère schizoïde.
Oui c'était dans le topic d'interprétation de mes rêves de chiens, j'avais brillé par mon manque de franchise en essayant d'ériger mon attitude névrotique à la dignité d'une philosophie et de faire passer mon indifférence pour autre chose que de l'immaturité affective... Après coup je me suis trouvé un peu malhonnête en me relisant (alors que c'était moi qui avait mis le sujet sur la table). Mais bon c'est typique du tempérament obsessionnel, le fait de dépenser une énergie folle à essayer de sauver les apparences (passer pour quelqu'un de "détaché", au dessus de la masse, tu vois le genre). Le recours au trouble de la personnalité schizoïde pour expliquer mon état d'être j'en suis pas fier non plus. Ce genre de théories, tout comme celle de la névrose, nous arrangent bien au fond, on s'abrite derrière pour s'épargner toute remise en cause. On s'invente un roman, comme quoi la cause de nos soucis se trouve dans un passé lointain (il y en a qui sont spécialistes pour rejeter la faute sur leurs parents où sur le monde ^^) mais ce n'est qu'un moyen de déplacer le problème, en réalité la névrose se fabrique au jour le jour. Cioran l'a dit d'une manière assez poétique :
« L’anxieux construit ses terreurs, puis s’y installe : c’est un pantouflard du vertige. » Mais bon faut pas non plus tomber dans l'extrême inverse, la propension morbide à la culpabilité est un autre versant de la névrose.
aller jusqu’au bout de cette rupture émotionnelle
C'est plus ou moins une idée qui m'obsède depuis un an environ. Sur le coup quand t'as parlé de poison et de plongée agonique, ca m'a fait penser à la
Mithridatisation (apparemment ca désigne aussi une pratique spirituelle mais j'en sais pas plus). Ces états dont tu parles où tout à coup les anxiétés qui nous paraissaient insurmontables se transforment en sources de stimulation et en promesses de renouveau, je connais aussi. Dans ces moments là l'euphorie et la désinhibition nous donnent l'impression de "sonner juste", d'être en accord avec soi, on a le sentiment de voir les choses clairement... ca fait un bien fou. C'est une sorte de « Reload ».
Pour continuer sur les rêves, la nuit dernière j'en ai fait un qui a certainement été influencé par notre discussion (c'est pas le premier, l'autre jour encore une citation de Cioran s'est retrouvée dans un de mes rêves - celle où il parle de la déception d’apercevoir un homme là où on pourrait contempler un cheval ^^ - mais je ne me rappelle plus dans quel contexte malheureusement). Le rêve en question :
La première image de ce rêve était celle d'un homme affublé d'une armure sombre et d'un heaume encadré par des cornes de bélier, un seigneur de guerre qui gouvernait en tyran sur son territoire. Il voulait la mort de quelqu'un et regrettait le temps où il pouvait encore régler ces choses-là lui même, sans intermédiaire (apparemment il avait déjà envoyé un de ses sbires et celui-ci s'était loupé). L'un de ses lieutenants, un soldat squelette, s'est alors porté volontaire pour procéder à l'exécution. Le chevalier sombre lui a conseillé de ne pas le décevoir, suite à quoi il y a eu une ellipse et le rêve a continué dans une salle située au sommet d'une forteresse... Un trône se dressait devant de larges fenêtres à travers lesquelles la lueur de la lune pénétrait. Sur ce trône, un dragon roulé en boule gisait profondément endormi. Là, le soldat squelette a surgi et s'est mis à asséner de grands coups de machette au dragon - exactement comme dans la scène finale du sacrifice du bœuf dans Apocalypse Now - avant de se rendre compte que le dragon était un leurre en tissu et en bois. Le vrai dragon est alors apparu à côté sous l'apparence d'une femme brune en robe blanche qui avait les traits de l'actrice
Tania Raymonde. Elle arborait un sourire moqueur et semblait incroyablement sûre d'elle même, irradiante de confiance... A ce moment là je ne sais pas trop ce qui s'est passé mais un hurlement terrible a retentit et le soldat squelette a été terrassé. Juste après ça je me suis réveillé...[/i]
En ce moment j'ai des problèmes de mémoire onirique mais ce rêve je m'en souvenais parfaitement. Je suis pas très doué pour l'interprétation mais si je devais à tout prix l'interpréter, je dirais que la femme - dragon représentait mon anima, et les forces du mal la mélancolie, les énergies qui me tirent en arrière (le chevalier sombre parlait de regret du passé au début), ça a l'air évident (peut-être même un peu trop ?). Du coup en partant de l'hypothèse que cette interprétation est bonne, le dénouement semble me montrer que j'ai en moi les ressources innées pour faire voler en éclat ma névrose (dans le rêve ces forces n'agissent que quand le dragon est endormi mais dès qu'il se réveille, elles sont annihilées)... Je suis à peu près persuadé que c'est ton post que j'ai lu hier qui a suscité ce rêve, notamment mes réflexions qui ont suivi sur ces fameux "états" solaires où on se rend compte de la force vitale qui sommeille en nous... Au passage le bouquin de C. Rosset je vais peut-être aussi le lire, il m'intéresse vraiment.
Mais c'est un « mal matriciel » qu’il faut savoir mettre au second plan, sinon on vit coincé dans le moteur et on ne voit pas le paysage.
J'ai aucune envie de rester bloqué dans le moteur perso.


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Le documentaire du tournage d’Apocalypse Now
Ce film m'a tellement fasciné qu'encore longtemps après l'avoir vu je me suis interdit de lire toute critique où analyse sur ce film pour conserver la première impression que j'en avais eu (un peu comme les primitifs qui entourent leur culte de secret pour en préserver la force ^^) et jusqu'à présent je n'ai toujours pas voulu voir le reportage sur le tournage (mais je crois que je vais pas tarder à céder). D'ailleurs pour moi si il y a bien un film qui rejoint notre conversation, c'est celui là : dans ce film la remontée du fleuve s'assimile à une remontée vers les origines, vers une forme d'horreur primordiale dont Kurtz, sorte de Bouddha de l'irrationnel, est le centre. C'est un voyage initiatique et mystique, un sacrifice et une renaissance (le sens profond d'Apocalypse : renaissance et non fin du monde). Ca ne m'étonne pas tellement que le tournage ait été un tel chaos et que Coppola ait dû sortir ce film de ses tripes (et de ses trips ^^) au point de flirter avec la folie et de menacer plusieurs fois de se suicider... c'est plein de sens. Si tu le revois à l'occasion, faut vraiment que tu regardes la version Redux qui dure 3h22 (il y a des scènes immanquables, notamment celle avec les légionnaires français). C'est mon film préféré avec Aguirre d'Herzog mais je crois que je l'ai déjà dit ça.
Boards of canada je connais, à une époque j'écoutais que de l'IDM et donc fatalement du Boards Of canada mais à force j'ai commencé à trouver cette musique déprimante ^^ je ne les connaissais pas toutes, la dernière est assez géniale. Je vais mettre quelques autres sons d'IDM que j'aimais beaucoup sur l'autre topic pour ne pas encombrer celui là.
En ce moment je peux plus décrocher de
cette mixtape de 69db (Seb des Spiral Tribe, une pointure) elle est pas violente, les basses sont rondes, enveloppantes, mais incroyablement stimulante je trouve
Au fait j'ai vu Doom Generation et Mysterious Skin, le premier c'est du pur cinoche underground (ca m'a fait penser aux films de Robert Rodriguez), c'est sympas même si ca mène nulle part ^^ pour ce qui est du deuxième j'aime bien la façon marginale dont le sujet est traité, c'est pas larmoyant tout en étant assez juste je trouve. Dans les deux le côté "film de parias" est rafraîchissant en tout cas. Si t'aimes les films sombres, trash et absurdes je te conseille vivement
Tokyo Fist qui est considéré comme le Fight Club japonais (il est sorti avant le film de Fincher). Énergique la musique c'est pas ce que j'écoute d'habitude mais j'ai bien aimé.
PS : Arf j'en ai marre j'ai encore fait un pavé, vraiment désolé (le pire c'est que j'en avais encore sous le coude ^^ ) je serais beaucoup moins présent avec la reprise, au moins j'aurais vidé mon sac ^^
PS 2 : Il se passe un truc étrange, quand je repense à Dune j'ai l'impression que ce film était ouf et j'ai presque envie de le revoir (tu dois m'influencer avec toutes tes allusions à ce film ^^')