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Auteur Sujet: [Discussion] Rêve de résilience  (Lu 3542 fois)

Hors ligne Stalker

[Discussion] Rêve de résilience
« le: 23 juillet 2015, 14:22:57 pm »
0

J’ouvre ce fil qui fait suite à une discussion entamée dans "vos objectifs du moment en rêves lucides".

http://www.attrape-songes.com/forum/exploration-de-l-univers-onirique/discussion-vos-objectifs-du-moment-en-reve-lucide/msg106720/#msg106720

Ouép je connais Gaspar Noé , meilleur réalisateur français imo.

Je m’en doutais un peu... On a peut-être des gouts commun concernant des trucs un peu expé ou borderline, tripant / tripale :D. t'aimes bien Zardoz ? c'est le même type qui a fait Delivrance

Citer
(t'as oublié de citer Irréversible !  :P )

J’étais allé le regarder au ciné avec une fille (c’est elle qui voulait le voir) et y'avait quasiment personne dans la salle. C’était une soirée drôlement romantique tu imagines. On a joué avec des extincteurs toute la soirée. *+* blague à part, contrairement à ses autres films, j'ai jamais eu envie de le revoir celui-là

Citer
Il m'est déjà arrivé de faire des rêves-exutoires extrêmement violents et à chaque fois, après coup, je ressentais un sentiment de dégoût similaire, voir même de dissociation...

ça peut aller jusqu'à l’écœurement, mais d’un autre coté toute cette violence et l’adrénaline onirique m’a comme ramené "dans mon corps" et à la nécessité de me reconnecter à mon instinct. Ce genre de rêves un peu piquant qui nous bousculent me rappellent aussi qu’il ne faut pas confondre le confort avec le bonheur, comme disait je sais plus qui


Tiens, en te lisant je viens de me souvenir d’un truc. Un des derniers rêves mettant en scène le chasseur s’est clos par un phénomène de résilience plutôt étonnant (il faudrait que je retrouve ce rêve). Un RN de chasse à l'homme m’a ramené dans une ambiance très proche du cauchemar de ma petite enfance - qui m’a hanté pendant de longues années même adulte, c’était un rêve récurent franchement effroyable et atypique : une maison remplis de lumière qui me terrifiait.. et qui finissait par me détruire intégralement -corps et esprit- et m’annihiler en elle (tu parlais justement de dissociation).

Or, dans le rêve d’adulte j’étais encore poursuivi par un satané predator ; et cette lumière tueuse, qui jadis me glaçait le sang, s’est transformée en cœur de lumière, et cette lumière, c’était l’amour d’une famille. Honnêtement ça m’a assez bouleversé, et dans le rêve ça a eu pour effet de convertir une très ancienne peur primale et irrationnelle en chaleur rassurante et en sentiment d’amour.

Quitte à extrapoler un peu, le coté extrême et binaire du predator a qq chose d'intéressant : soit tu te considères comme quelqu’un de mauvais (mauvaise conscience) et donc il te poursuis/ te tue, soit tu es innocent et tu vis. Je me demande si c’est pas ça que je recherchais. Une espèce de sphinx, de psychopompe. C’est un peu ce qui s’est passé. Par son intermédiaire j’ai vécu une espèce de petite métamorphose onirique.
Faudrait que je remette la main sur ce rêve.

On parle beaucoup de mes rêves alors que c’est de ton objectif dont il est question, mais du coup ça m'a rappelé des trucs. Content de t’avoir redonné envie de te pencher sur les rêves normaux, pas si normaux que ça d’ailleurs…

Bon courage pour ton sevrage pc internet
Et bonne chance dans la terrible, terrible jungle :-*

Tigre, Tigre, brûlant brillant,
Au sein des forêts de la nuit,
Quelle main ou quel oeil si puissant
Put façonner ta formidable symétrie ?


William Blake
 *+*   ;)



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t'aimes bien Zardoz ?
Je connaissais pas mais de ce que j'ai pu voir ca a l'air bien barré. Je suis déjà conquis par le synopsis.  :P D'ailleurs si t'as d'autres films à me faire découvrir je suis preneur, je suis loin d'avoir tout vu !

Mdr j'imagine le malaise au ciné. Sinon Love semble mieux se prêter à un rencard mais faut prévenir la fille que c'est pas un porno si on veut éviter un incident diplomatique. ^^

Citer
ça peut aller jusqu'à l’écœurement, mais d’un autre coté toute cette violence et l’adrénaline onirique m’a comme ramené "dans mon corps" et à la nécessité de me reconnecter à mon instinct. Ce genre de rêves un peu piquant qui nous bousculent me rappellent aussi qu’il ne faut pas confondre le confort avec le bonheur, comme disait je sais plus qui

C'est on ne peut plus vrai. Je pense comme toi que notre énergie agressive peut être un vrai moteur si on sait l'utiliser à bon escient (ce qui demande un gros travail sur soi). Dans le bouddhisme il est d'ailleurs dit que la colère a une affinité avec la sagesse et qu'elle permet de pénétrer la vérité plus facilement. Car qu'il s'agisse de pulsion destructrice où de sagesse, la finalité est la même : faire le vide (avec des effets néfastes dans un cas et une élévation dans l'autre). Cela est illustré par le bouddha vert du monde des titans (= les dieux belliqueux) qui brandit une épée enflammée symbolisant la sagesse transcendante.

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Quitte à extrapoler un peu, le coté extrême et binaire du predator a qq chose d'intéressant : soit tu te considères comme quelqu’un de mauvais (mauvaise conscience) et donc il te poursuis/ te tue, soit tu es innocent et tu vis.

Oui bien vu ! Le predator peut être vu comme une sorte de sphinx, avec le même caractère hybride et ambivalent.

Ton rêve m'a fait penser à une citation de Maître Eckhart qu'on entend dans L'Echelle de Jacob :

« Ainsi, si tu as peur de la mort, si tu t'accroches trop, viennent des démons qui t'arrachent à la vie
Mais si tu as fait la paix en toi, les démons deviennent des anges qui t’affranchissent du poids de la terre.
La seule chose qui nous brûle, ce sont ces choses que nous refusons d'abandonner, nos souvenirs et nos attaches. »

J'sais plus où j'avais lu que les gardiens du seuil étaient l'équivalent du Karma des philosophies orientales, tourmentant ceux qui sont sous l'emprise de leur ego et qui ne sont pas prêts à se dissoudre dans l'unité/la lumière. Le rêve que tu as fait est vraiment positif je trouve, il semble correspondre à un lâcher prise/une libération karmique.

Citer
On parle beaucoup de mes rêves alors que c’est de ton objectif dont il est question, mais du coup ça m'a rappelé des trucs.

Mes rêves sont loin d'être aussi intéressant que les tiens, j'ai encore du chemin à parcourir dans l'exploration de ma psyché. En tout cas je te remercie pour le partage, c'était vraiment intéressant !

Citer
Bon courage pour ton sevrage pc internet
Héhé ca va le faire, on s'en défait plus facilement que ce qu'on croit.  :)


Citer
Mes rêves sont loin d'être aussi intéressant que les tiens, j'ai encore du chemin à parcourir dans l'exploration de ma psyché.

Je trouve pourtant ton monde onirique très riche, et ta manière sensible et frontale de l’explorer rend la lecture de ton Jdr vraiment immersive. un peu comme le Jdr de Pat et son spectre d’expérience très large (des trips oniriques archaïque quasi "préhistorique" jusqu’à d’éblouissants rêves extatiques) dont j’apprécie la vitalité - et les barbarismes québécois tjrs bienvenu-.


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Mais si tu as fait la paix en toi, les démons deviennent des anges qui t’affranchissent du poids de la terre.
Pas mal la citation Jacobéenne, ça colle vraiment bien. Par contre, Maitre Eckhart a du avoir des problèmes avec ses histoires de reconversion angélique, paroles douces à nos oreilles mais quelque peu hérétiques pour l’époque. Je le soupçonne d’être en fait un Jedi :D

PS : c’est vraiment marrant cette référence au film l’échelle de Jacob, puisque le combat (biblique) de Jacob contre l’ange est en grande partie ce qui m'a inconsciemment inspiré l'idée de cette confrontation onirique ; à l'image de cet homme qui se bat contre Dieu jusqu’à l’aube -jusqu’à être "purgé" de son ancienne vie - gagnant ainsi une nouvelle identité, Israël, qui signifie : "celui qui lutte avec Dieu".




Sinon j’ai retrouvé le rêve de résilience si ça t'intéresse de le lire
Pour info, ce rêve faisait suite à un RN en compagnie d’un Yautjas (nom des Predator) qui me scannait
Et ici le cauchemar récurent originel : http://www.attrape-songes.com/forum/interpretation-des-reves/cauchemar-recurent-denfance/

Citer
D'ailleurs si t'as d'autres films à me faire découvrir je suis preneur

Tu connais la série des film-docu "Mondo Cane" ? ça pourrait te plaire. Sinon j’ai un certain (mauvais) gout pour les vieux films post-apocalyptique/dystopique (style Roller Ball, Green Soylent) comme "The World the Flesh and the Devil", A boy and his dog, Le dernier rivage, The Last man on Earth (1964), ou encore "Miracle Mile"

et sur le thème de l'ubiquité : Slaughterhouse-5,  "Danger : planète inconnue" (1969). et aussi "Altered States", si tu n'a pas déjà vu, à sa manière assez proche de notre conversation.

Mais je te préviens il s’agit pour l’essentiel de bonne vieilles série B au charme kitsch et suranné avec lesquels j’entretiens un rapport pas très objectif  :P

Sinon je m’apprête à revoir Deathwatch (drame-SF) avec Romy Schneider et Harvey Keitel, que je n’ai pas vu depuis longtemps (pas drôle du tout par contre). une espèce de farce noire avec de la TV real bien prémonitoire


Je termine sur un bon gros flood avec "Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension" lol, un véritable ovni, aux premiers abords très enthousiasmant mais qui s’avère être hélas un des + mauvais films de l'histoire de l'univers – il mérite malgré tout un coup d’œil pour son potentiel d’inventivité bordélique (la Ford multi-dimensionnelle, les vaisseaux-crustacés, les mutants de la 8e dimension, le pote cow-boy, le super-héros scientifique/aventurier/rock star/ami du président US). Pour la petite histoire, je l’ai vu gamin, et il était tellement zarbi et improbable que bien des années après j’avais fini par me demander si je l’avais pas rêvé













---------------

Citer
Tu cites Solaris, on est en plein dans le sujet justement, en ce qui concerne la mise en lumière de l'être qui permet son éclosion. Ce film illustre l'étape que je rêve d'accomplir. D'ailleurs justement dans la dernière scène que tu évoques on voit le héros serrer son père comme pour lui demander pardon, ca me rappelle un peu la fin de mon rêve plus haut. Tu me donnes envie de revoir ce film, je suis peut-être loin d'en avoir saisi tout le propos (tu as l'air d'avoir une vision pessimiste de la fin, ca m'étonne).

Je n’ai pas lu le bouquin, mais en ce qui concerne le film tu m’as mis le doute, puisque dans mon souvenir la planète Solaris était approché comme une espèce de faux Dieu - un piège pour les hommes conçu comme un abyssale mirage. Ce que j’ai lu sur un site confirmerait de prime abord mon impression d’une déréalisation du héros (puisque personne n’est jamais revenu de Solaris). Du coup j'ai maté un peu le film et certains plans de la scène finale dans le jardin renvoient tout de même davantage à la notion de réalité qu’à un fantasme du héros. Après moult trip(e)s, il y a la nécessité d’un retour sur soi comme dans le film 2001.

Ensuite, j’ai voulu faire le lien entre ton père onirique et le père solaristique du héros. Peut-être que la fin de Solaris est effectivement un "début" (une renaissance), puisque le héros, froid et détaché au début de l’aventure, change vers la fin du film (j'avoue que ça ne m'avait pas sauté aux yeux), et une fois le lien père-fils recréé sur Solaris, on peut envisager une sortie du rêve. De la résilience du héros avec ses origines, Solaris créera une espèce de dimension nouvelle qui fait fusionner la Terre et Solaris. (hypothèse^^)

Du film j’avais juste retenu l’incomplétude de l’homme (de l’homme sans Dieu) sans voir autre chose qu’une fable pessimiste. Merci de m’avoir éclairé de ta positive attitude^^

"L'homme est parti à la découverte d'autres mondes, d'autres civilisations, sans avoir entièrement exploré ses propres abîmes, son labyrinthe de couloirs obscurs et de chambres secrètes, sans avoir percé le mystère des portes qu'il a lui-même condamnées"
 
"Nous n’avons pas besoin d’autres mondes, nous avons besoin de miroirs."
 
Stanislas Lem (Solaris) - http://www.babelio.com/auteur/Stanislas-Lem/7791


Citer
Je m'identifie assez au personnage d'Altered States qui a la prétention de vouloir mettre l'absolu en boîte. ^^
Histoire de rester dans les citations et la bonne humeur, il y a cette phrase de Cioran (une espèce de bouddhiste négatif, enragé et insomniaque) - de mémoire : "Nous ne sommes pas là pour vivre la vie, mais pour la percer."



Jean-Jacques Hyperbole

Hors ligne Fenrir

Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #1 le: 25 juillet 2015, 12:51:45 pm »
0
Suite de la discussion entamée :

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"Altered States"

C'est marrant que tu évoques ce film, j'y ai justement pensé la nuit dernière, après un rêve semi-lucide qui m'a salement secoué (ca ne m'était plus arrivé depuis un bout de temps).

J'avais plus où moins conscience d'être dans une rêverie, c'était un peu flou. J'hurlais, j'extériorisais ma colère, je voulais faire voler en éclat mes névroses, me confronter à mes angoisses les plus profondes. Je m’enfonçais à toute allure dans une sorte d'obscurité entrecoupée de flash lumineux. Un bruit sourd résonnait dans mes oreilles. Puis j'ai senti que je perdais le contrôle, j'ai eu peur de sombrer dans la folie, j'ai voulu faire machine arrière. Tout s'est arrêté, je me suis retrouvé dans un vide obscur et terrifiant, vidé de mon énergie. C'est alors que je me suis réveillé en sursaut, dans mon salon. C'était un faux-eveil mais j'en ai pas eu tout de suite conscience, la vividité du rêve était incroyable.

Je me suis mis à marcher frénétiquement entre les pièces, en proie à un sentiment de panique. En croisant mon reflet dans le miroir, j'ai découvert avec horreur que mon visage était difforme et tuméfié, comme si j'avais été passé à tabac. Je sentais bien que quelque chose clochait, les couleurs étaient pâles, l'atmosphère crépusculaire. Cherchant un échappatoire j'ai fini par faire un test de réalité qui s'est avéré positif, quel soulagement ca a été... Je suis retourné devant le miroir : mon visage était horriblement balafré, mes dents complètement pourries. Je me suis mis à observer ma tête sous toutes les coutures. Je n'avais plus peur, je ressentais une sorte de fascination où d'excitation limite inquiétante. Une lueur de folie brillait dans mon regard, j'avais l'air d'un zombie.

Je suis retourné dans le salon et j'y ai trouvé mes parents. J'ai commencé à m'excuser auprès d'eux (pourquoi exactement je l'ignore), puis je suis tombé dans leurs bras. C'était d'une sincérité émotionnelle dont je suis incapable IRL. Ma mère onirique s'est mise à me rassurer, je ne l'écoutais qu'à moitié, mon regard était irrésistiblement attiré par le paysage à la fenêtre. J'étais encore un peu anxieux à l'idée que le rêve prenne une tournure cauchemardesque sans prévenir, mais je luttais mentalement contre cette idée. Puis mon père a mis de la musique pour détendre l'atmosphère et j'ai éclaté de rire... je me suis senti rempli d'un sentiment d'allégresse tel que j'en ai pleuré de joie, c'était vraiment intense. Le rêve s'est achevé là dessus et je me suis réveillé, complètement scotché. Le reste de la nuit j'ai dormi comme une masse, sans le moindre souvenir de rêve.

En notant ce rêve dans mon JdR, j'ai d'abord repensé à "Altered States", et notamment à la fin qui m'a toujours laissé perplexe. Dans mon rêve, j'ai aussi fais face à ma trouille primaire en voulant me confronter aux limites de mon esprit, et mes parents m'ont servi de bouée de sauvetage en quelque sorte. J'ai également fait le parallèle avec le rêve de résilience que tu m'avais raconté dans les grandes lignes, faut croire que tu m'as influencé... Mais maintenant que je l'ai lu en entier, je pense que ton rêve était différend, car indéniablement salvateur. Le mien je ne sais pas trop quoi en penser pour l'instant...

Merci pour tous les films en tout cas. Rien qu'en matant les bande annonces, on entre déjà dans une autre dimension, c'est très prometteur. "Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension" je me le réserve pour la fin, ce sera la cerise sur le gâteau. ^^ Je te dirais des nouvelles de ce que j'en aurais pensé ;) (je pense commencer par Miracle Mile où Deathwatch).

Citer
Pour la petite histoire, je l’ai vu gamin, et il était tellement zarbi et improbable que bien des années après j’avais fini par me demander si je l’avais pas rêvé

Ca c'est juste énorme.

Citer
C'était d'une sincérité émotionnelle dont je suis incapable IRL

Je sais pas si le mot « sincérité » convient, je parlerai plutôt d'une espèce d’ouverture dont tu te sens incapable. Je rebondis sur ce détail car tu évoquais une culpabilité dont tu ne comprenais pas très bien la cause juste avant de choisir ce mot.

Dans ton rêve qui semble être une espèce d’étape dans un chemin intérieur qui t’échappe, des émotions sont libérées (la peur et l’amour sont sur la même ligne), et des choses inhabituelles sont dites ; ce n’est pas par ex un rêve où tu es bloqué, coincé dans un vide hideux sans échelle (de jacob) de secours. Cette émotion que tu as témoigné envers tes parents oniriques signifie, à mon avis, qu’elle existe en toi mais que tu n’avais peut-être pas encore éprouvé le besoin de la témoigner. Je ne sais pas si ça se limite à tes parents ou symboliquement a tout une filiation plus large, un lien émotionnel qui tend vers IRL.  d’autant plus qu’il t’a conduit à une certaine lucidité. Ça fait pas mal d’élément qui remontent à la surface, peut-être pour un faire un petit « point miroir ».

 En outre, tu dis que ton rêve était très réaliste, et j’ai un sentiment sur les rêves "IRL-like" ; ce genre de rêve m’évoque un moment où l’IRL se trouve tellement saturé d’inconscience (des émotions refoulées, des non-dits, des secrets familiaux etc) qu’il devient en lui-même presque un langage onirique à part entière ; ce n’est plus dans quelques endroits d’irl que l’inconscient fait son nid (éléments/lieux onirique récurent), mais c’est dans l’ensemble du réel qu’il tisse sa toile jusqu'à anéantir toute subjectivité (l'émotion qui lie le moi au monde). C’est comme une invitation pour restaurer un nouveau rapport avec le monde réel, un reboot (du moins je le vois comme ça).  Certaines personnes trouveraient peut-être rassurant de rêver d’IRL, qu’ils interpréteraient comme des rêves équilibrés et normatifs, mais il me semble que ce soit plutôt l'inverse.
Un peu comme la fin dans Solaris (version russe), avec la pluie dans la maison. Et plus encore, dans la scène ultime avec l’œil objectif du réel qui s’en va dans le ciel, abandonnant le héros à son étrange sort, devenu entièrement onirique et déréalisé - rêvé par Solaris.

 Ça me fait penser à tes rêves de maison, et à l’analyse, juste il me semble,  que Tinnitus en avait fait concernant la distance face au « familier » ; et dans mes souvenirs ton toi onirique semblait chercher un chemin qui mène à la maison, mais un peu comme un chien sauvage, effrayé par l’inconnu et à la fois attiré par la vie mystérieuse des foyers.

Tout ça renvoi à mes yeux à une coupure (affective) avec le monde et les autres, qu'elle soit volontaire ou non, il faut attendre que ça cicatrise. Je dis ça car pour certaines personnes la coupure fait partie de leur personnalité, ils sont quasi né avec. Et en quelque sorte leur chemin serait davantage celui de la création pure que celui de la guérison. Il faut tout (re-)créer.

Je comprend d’autant mieux l’objectif de la jungle au sens d’une immersion totale dans le cœur du monde ; et le cœur du monde est sauvage ; c’est ce genre de quête que je trouve intéressante et fort excitante. Plus que la quête d’une ataraxie intérieure fantasmée, (sans rejeter pour autant les capacités inhérente de l’esprit). Moi mon guide onirique est apparu sous la forme d’un hipster au look de surfer et j’avoue que ça me plait bien^^.

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A l’âge adulte j’ai fait des rêves fous aussi, des trucs conflictuel et dérangeant, et même des rêves que je pensais mortels. En lisant ton rêve, ce RN m’est aussitôt revenu et je pense qu’il a sa place dans la discut : Dans la maison parentale je vois des bébés qui s’étranglent + des licornes blanche et noir dans un ordinateur sur fond rouge, et dehors un missile nucléaire figé dans le ciel, pendant qu’apparait par la fenêtre, en lévitation, une petite machine en acier noir très inquiétante, faite de hublot-miroir et de tubulures étranges ; dans lequel je vois le visage de l'"antéchrist" – un homme qui n’est plus humain, aux cheveux noirs longs et fillasses,  aux yeux sadiques fous et brulant de haine, avec un sourire de souffrance extatique - et qui, coincé dans son hublot de métal noir, me regarde droit dans les yeux – mes contradictions internes et les fascinations morbides qu’elles entrainaient avaient engendré un monstre..! Bref,  des inquiétudes (proches de celle du cauchemar récurent d’enfance en 2e lien + haut, si tu l’as lu) qui concernait la santé de mon âme, jusqu’à sa mort même - la mort intérieure- et je culpabilisais énormément de ne pas être comme il faut, d’être sur un mauvais chemin ; je pensais que ma personne était l’endroit où toute les émotions étouffent et finissent par mourir. A force de vivre dans une tristesse secrète et sous le poids d’une étrange torpeur, j’avais peur de connaître une cassure psychotique. Ces inquiétudes de dissociation sont loin maintenant. Ça provient en général de l’enfance.

Le cauchemar d’enfance de la maison lumineuse n’est pas étranger à mes angoisses d’adulte, il en est l’introduction même; ce RN récurent provient peut-être d’un syndrome d’abandon (séparé de ma mère à la naissance pendant +eurs mois d'hospitalisation). Pendant des années post ado ça a été des rêves d’araignée, grandes, petites, par dizaines et en métal indestructibles, les océans figés. Des rêves névrotiques dont la puissance évocatrice me paralysaient. Je n'ai jamais oser parler de mon rêve de lumière destructrice pendant des années et j’aurais préféré comme mes petits camarades me faire attaquer par l’assassin onirique caché dans le placard, ou pourquoi pas un clown dégueu avec une tronçonneuse, n'importe quoi avec des bras et des jambes, et qu'importe leurs nombres;.. Le problème chez moi l’ennemi était invisible -et indicible-, c’était une lumière pervertie ; cette dissonance était en moi et je l'entretenais malgré moi ; ce mal insidieux était de « tout temps » inscrit dans ma destiné et allait tout détruire. Je me sentais comme une bombe à neutrons ambulante.

Et on revient  à l’objectif lucide..^^ : Peut-être que j’ai voulu, en affrontant le chasseur, avoir enfin un vrai ennemi un peu respectable, à la fois archétype merveilleux et évocateur, splendide et bourrine incarnation du mal et de la nature, et bien concret lui et avec de beaux couteaux suisse, et non pas une lumière éthéré qui va nulle part et m’y entraine assurément.

Tu as vu l’inversion dans mon rêve ? je porte le casque du predateur, je vois à travers ses yeux, je suis dans la peau de celui que je croyais être mon ennemi, de celui qui allait me punir, et je découvre au-delà des ténèbres que je m’étais trompé sur la nature profonde de la lumière – et de ce qu’elle révèle sur le monde. Ce rêve, qui m’a guéri de mon cauchemar d’enfance, parle d’un nouvel instinct peut-être enfin en mesure d’émergé chez moi.


Sinon^^ en post-apo y’a "Quiet earth" aussi, dont la première partie est assez sympathique mais le reste de l’histoire (sauf la scène finale) m’a un peu déçu. Ce sont des ambiance qui me plaisent et je reste assez tolérant avec les défauts de ce genre de film dont le développement narratif n’est pas toujours évident
B. Banzaï a obtenu une certaine notoriété les années passant. Pas mal de blog lui sont dédiés. Le début du film avec la voiture laisse imaginer un film inventif et audacieux, bizarre et bordélique, mais il ne tient pas ses promesses, le visionnage est un peu fastidieux, cela dit y’a du bon.

dsl pour la longueur et les redondances/indigences, mais je pense qu’on est dans le sujet et du "pourquoi" des objectifs. On dirait bien que je deviens une vraie piplette quand il s’agit de cauchemar aliénant ou d’horreur métaphysique :o^^






On s'est bien trouvé, les angoisses métaphysiques c'est aussi mon sujet de prédilection ^^. J'étais un enfant somme toute normal jusqu'au jour où j'ai essayé d'imaginer l'infini, et que j'ai été pris d'une terreur effroyable qui a pulvérisé mon sentiment de sécurité. La "réalité" m'est alors apparu horriblement précaire. Suite à ça j'ai cultivé d'autres angoisses existentielles face au non-commencement du temps, à l'absurdité de l'existence et au néant... J'ai dû me battre contre mes propres pensées, car je sentais que j'étais à deux doigts de devenir fou, je vivais dans la crainte d'un effondrement psychique. C'est de là que vient ma névrose, c'est comme si une partie de moi luttait à temps plein contre l'intrusion de l'infini, l'absurde, d'où une certaine tension qui me tenaille en permanence. Je me reconnais tellement quand je te lis...

Plus tard d'autres pensées obsédantes se sont engouffrée dans la faille de mon esprit. Je ne vais pas trop m'étaler dessus mais elles étaient largement alimentées par des films comme L'Exorciste justement (à chaque fois tu me devances ^^). Ma propre imagination était devenu un tel enfer pour moi que je me suis mis à fuir mon monde intérieur, au point de demander à mes parents de me foutre en centre aéré pendant les vacances (pour te dire lol)... A cause de tout ça j'ai longtemps eu un sentiment de déréalisation/dépersonnalisation (j'ai lu que c'était la cause d'un changement dans la composition chimique du cerveau, à savoir une augmentation d'adrénaline et une diminution de dopamine). Ça s'est déjà bien arrangé avec le temps, mais je ressens toujours une certaine distance entre le monde et moi.

Ton intuition sur les rêves IRL-like me paraît très pertinente. Tu cites Solaris, on est en plein dans le sujet justement, en ce qui concerne la mise en lumière de l'être qui permet son éclosion. Ce film illustre l'étape que je rêve d'accomplir. D'ailleurs justement dans la dernière scène que tu évoques on voit le héros serrer son père comme pour lui demander pardon, ca me rappelle un peu la fin de mon rêve plus haut. Tu me donnes envie de revoir ce film, je suis peut-être loin d'en avoir saisi tout le propos (tu as l'air d'avoir une vision pessimiste de la fin, ca m'étonne).

Citer
Je comprend d’autant mieux l’objectif de la jungle au sens d’une immersion totale dans le cœur du monde ; et le cœur du monde est sauvage ; c’est ce genre de quête que je trouve intéressante et fort excitante. Plus que la quête d’une ataraxie intérieure fantasmée

Tu me fais penser à Carl Jung lorsqu'il s'exprimait dans sa bio au sujet des indiens dont le but disait-il n'était pas d'atteindre la perfection morale mais de se libérer de la nature pour atteindre "l'état sans images, l'état de vide", alors que lui voulait "se maintenir dans la contemplation vivante de la nature et des images psychiques". Aussi pour lui, un homme qui n'avait pas traversé l'enfer de ses passions ne les avait pas non plus surmontées... Personnellement je ne te cache pas que je fais partie de ceux qui vivent dans le fantasme de la libération ultime. Contrairement à Jung, je n'ai pas "une conscience aigüe de mon incapacité". Je m'identifie assez au personnage d'Altered States qui a la prétention de vouloir mettre l'absolu en boîte. ^^

Le rêve que tu viens de raconter avec l'antéchrist m'a fait froid dans le dos (au passage t'as un univers onirique d'une richesse incroyable, je trouve ça fou), tout comme ton vieux cauchemar récurrent avec cette lumière blanche clinique qui disperse ton être et t'annihile complètement. Tu décris tellement bien qu'en lisant on est pris d'effroi car on saisit assez intuitivement l'aspect indicible, donc terrifiant, de ce "quelque chose" qui a fait irruption dans ta conscience. Le syndrome d'abandon peut peut-être expliquer ce rêve, surtout quand on sait que chez l'enfant la mère est le seul rempart contre l'angoisse archaïque. La façon dont tu t'es guéri de ce cauchemar est impressionnante en tout cas, au moyen d'un psychopompe comme tu disais plus haut (le Yautjas en l'occurence).

"Quiet earth" je note. Je crois que je ne vais plus avoir besoin de m'enmerder à chercher de bons films pendant plusieurs semaines, merci encore !

Cette discussion me donne envie de mettre une citation de HP Lovecraft :

« Ce qui est, à mon sens, pure miséricorde en ce monde, c'est l'incapacité de l'esprit humain à mettre en corrélation tout ce qu'il renferme. Nous vivons sur une île de placide ignorance, au sein des noirs océans de l'infini, et nous n'avons pas été destinés à de longs voyages. Les sciences, dont chacune tend dans une direction particulière, ne nous ont pas fait trop de mal jusqu'à présent ; mais un jour viendra où la synthèse de ces connaissances dissociées nous ouvrira des perspectives terrifiantes sur la réalité et la place effroyable que nous y occupons ; alors cette révélation nous rendra fous, à moins que nous ne fuyions cette clarté funeste pour nous réfugier dans la paix et la sécurité d'un nouvel âge de ténèbres. »

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Citer
Peut-être que la fin de Solaris est effectivement un "début" (une renaissance), puisque le héros, froid et détaché au début de l’aventure, change vers la fin du film (j'avoue que ça ne m'avait pas sauté aux yeux), et une fois le lien père-fils recréé sur Solaris, on peut envisager une sortie du rêve. De la résilience du héros avec ses origines, Solaris créera une espèce de dimension nouvelle qui fait fusionner la Terre et Solaris. (hypothèse^^)

C'est exactement l'interprétation que j'ai retenu de ce film, avec une fusion Terre - Solaris qui exprime d'avantage un élargissement de conscience qu'une déréalisation. Solaris jette la lumière sur les émotions et les souvenirs refoulées, les fantasmes et les peurs, toute cette activité qui échappe à la conscience instantanée du moment et qui l'enveloppe comme un rideau de brume (ce que tu évoquais dans un message précédent). L’océan de Solaris dans son silence réfléchit l'âme. Il est effectivement un piège mortel pour le névrosé qui résiste à sa volonté (à l'image des scientifiques qui veulent cacher leurs mystérieux visiteurs où tentent de tout rationaliser), en revanche pour celui qui lâche prise et accepte l'inconnu, elle ouvre la voie de la connaissance. Ce film c'est le voyage initiatique par excellence...

2001 je crois que je suis un peu passé à côté. Il m'a mis une belle claque esthétique, je l'ai apprécié plus que j'ai essayé de ne l'expliquer en fait. Faudrait que je le revois.

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Histoire de rester dans les citations et la bonne humeur, il y a cette phrase de Cioran (une espèce de bouddhiste négatif, enragé et insomniaque) - de mémoire : "Nous ne sommes pas là pour vivre la vie, mais pour la percer."

C'est l'enjeu de l'existence, se délivrer de la captivité dans l'inconscience pour percer la vérité. Renaître.

Ton image me plaît bien, elle me fait penser au Yin et au Yang.

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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #2 le: 25 juillet 2015, 20:52:49 pm »
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Tu t’en serais mieux sorti que moi sur Solaris. C’est pourtant évident en terme de narration mais on dirait que je n’ai pas voulu y voir une fin heureuse. J’avais été confronté à la scène finale (diffusé dans une émission tv) quand j’étais gamin, et ça m’avait valu un moment de solitude de voir ce pauvre gars perdu, en larme, sur une île étrange au milieu de l’océan d’un monde spectrale, disparaissant inexorablement dans les volutes extraterrestres...

En te répondant j'ai tout de même l'impression d'être en train de détricoter un petit drame fondateur non sans lien avec mon rêve de lumière, ce dernier n’étant pas sans rappeler le mythe de Lucifer : étymologiquement Lux Ferre, ce qui signifie "le porteur de lumière" ; et je me demande si enfant je ne disposais pas confusément de cette connaissance déjà à l’époque. Une ambigüité dans le "Livre de la vie" source d'un certain bazar. Deux Dieux de lumière, l'un étant la Source de lumière et de vérité, et l’autre son reflet vide – comme une plante carnivore. De même, l’étoile du matin, Vénus, est le dieu Lucifer pour les romains (inventeurs du lux ferre) mais symbolise le Christ pour les catholiques, qui ont repris le mythe de Lux ferre à leur compte .. franchement au niveau du background biblique on est pas aidé non plus

En fait ça me renvoi beaucoup à l’enfance tout ça, et mes névroses ont peut-être longtemps baigné dans la gravité de l’astre Solaris.

et je t'épargne mes rêves de petits chats érotico-sadique  *+*

Concerant l’extrait de Lovecraft je connaissais bien ce court texte par le biais de la bio que Houellebecq lui dédié. En intro je crois. Si tu l'as pas lu, c'est pas mal. ça se lit vite
Jean-Jacques Hyperbole

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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #3 le: 26 juillet 2015, 06:35:24 am »
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Si j'avais vu la scène finale en étant môme, j'aurais certainement ressenti la même chose. En plus Solaris c'est typiquement le genre de film onirique et bizarre auquel je ne comprenais rien mais qui me laissait une impression singulière après l'avoir visionné.

D'ailleurs hors sujet mais en parlant de ça, je me rappelle de la séquence du message envoyé dans les rêves des personnages dans Prince of Darkness de Carpenter, qui m'avait marqué à l'époque (qui est d'ailleurs samplé dans l'album Endtroducing de DJ Shadow) :

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J'avais lu une théorie passionnante sur le mythe de Lucifer en lien avec le rôle de la glande pinéale dans les cultes initiatiques.

La glande pinéale est activée par la lumière et gère en partie le fonctionnement instinctif. Elle est le vestige du troisième œil reptilien encore présent chez l'homme. Chez les espèces les plus archaïques comme les reptiles, les oiseaux et les grenouilles, la glande pinéale, qui est encore proche d'un œil interne (avec des composantes comme la cornée), capte la lumière sous la surface du crâne. Chez les mammifères, dont l'homme, elle a perdu sa fonction photoréceptrice et est activée par la lumière digérée par les yeux. Certains auteurs ont suggéré qu'il s'agissait du 3e œil des mystiques. D'ailleurs Descartes, qui prônait un dualisme métaphysique entre l'esprit et le corps, en a fait le siège de l'âme car il voyait dans cet organe unique le lieu de rencontre possible entre le matériel et l'immatériel... Au sortir de l'enfance, la glande pinéale commence à se calcifier et perd son potentiel.

Pour en revenir à Lucifer tu le disais il est à l'origine le porteur de lumière et de connaissance, l'étoile du matin, Venus, qui annonce la fin de la nuit et le triomphe de la Lumière sur les ténèbres. Mais il est aussi associé à l'idée de déchéance. Dans la Kabbale, la tradition rapporte qu'au cours de sa chute il perdit un joyau vert (couleur de Venus) qu'il portait à son front. C'est ce joyau la véritable étoile. Lucifer n'est que le porteur de lumière et non la lumière elle même, et il a perdu son pouvoir. Cette idée d'une déchéance et d'une perte de pouvoir peut être rattachée du point de vue de l'ontogenèse à la calcification de la glande pinéale à l'âge adulte, et du point de vue de la phylogenèse à la perte de fonctionnement de la glande pinéale au cours de l'évolution.

De nombreuses traditions spirituelles attribuent un rôle à la glande pinéale dans le cheminement spirituel. « La force vitale (spirituelle et instinctive) est vue comme un serpent, à cause de sa structure physique s'étendant des organes génitaux, à travers la colonne vertébrale jusqu'à son unique œil "qui voit tout" dans la glande pinéale. [...] A travers certaines pratiques Yogiques cette énergie peut être renversée et forcée à monter la colonne vertébrale jusqu'au cerveau, où elle est réputée causer "l'illumination" » On retrouve aussi cette idée de naissance à l'envers dans la Kabbale, l'homme devant faire le chemin inverse qui mène de la matière à l'esprit... Dans l'interprétation gnostique de la genèse, c'est le serpent qui indique l'arbre de la connaissance.

Ca me semble en lien avec tout ce dont on parle, la résilience, la nécessité de se reconnecter aux instincts pour entamer le chemin inverse vers la connaissance, de plonger dans son obscurité pour renaître à la lumière... Le fait que ce soit l'incarnation d'un être reptilien qui t'ai permis d'assimiler cette lumière toute puissante qui auparavant te glaçait le sang a une vraie portée symbolique...


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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #4 le: 27 juillet 2015, 15:32:35 pm »
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Bien trippante cette histoire de 3e œil, ainsi que le passage animal-homme / enfant-adulte appréhendé sous l’aspect d’une dégradation... J’étais en train de répondre puis je me suis brusquement souvenu de ce rêve d’adulte pas anodin :

Dans le rêve j’étais redevenu enfant, et je jouais sur une plage. J’étais très heureux et la vie baignait dans une lumière d’été. Je ressentais parfaitement cette osmose naturelle que l'on connait enfant avec le monde, cette instantanéité en tout. des sensations que j'avais quasiment oublié irl. puis je ne sais plus pourquoi je dois abandonner cette crique (qui existe irl)  en empruntant l’escalier de pierre sombre. Et, plus je monte et plus mon corps change, gagnant des années à chaque pas, et plus ça va et plus mes pensées perdent en spontanéité.. et deviennent peu à peu mécaniques, impersonnelles.. plus je monte les marches et plus je rentre dans l'âge adulte, et chaque pas et chaque pensées sont maintenant pesants, presque dévitalisés.. à la fin j’arrive tout en haut à la sortie de la crique, et je suis redevenu l’adulte d’irl... et pris d’effroi, en comparaison de l’état de l’enfance, je me rend compte que toutes mes pensés sont devenues de véritables prisons de conditionnement – fermées sur elles-mêmes, presque sclérosées, lourdes, et franchement déprimantes... Je comprend que je en suis plus qu’une copie d’une copie etc d’un état vital originel. Cette intuition merveilleuse dorénavant perdue, je me sentais complètement largué (sans plus aucune "boussole intérieure").

Ça peut être une allégorie sur le passage angoissant à l’âge adulte, les responsabilités, la fin de la pensée-magique (qu’autorise la présence des parents) au profit de la pensée responsable, ordonnée et pragmatique. Mais ça semblait raconter quelque chose de plus. peut-être perdons vraiment quelque chose, ce sens intérieur dont tu parles. C’était un rêve vraiment très fort en tout cas et comme je l’ai dis très démonstratif. Il ne s’agissait pas d’une simple nostalgie mais peut-être de la nécessité d’une remise en question. Mais peut-être était-ce un peu tout ça, un rêve qui me renvoyait vers cette foi en soi-même et cette spontanéité que j’avais perdu (aussi) à cause des soucis d'irl.

Toujours est-il qu'une fois réveillé, un manque s'est fait sentir, je me suis demandé quelle était la nature de cette connexion et comment la recréer.


J’avais déjà lu ton texte sur le monstre, Lao, je l’avais vraiment bien aimé. Le monstre et ses griffes a un rôle d’accoucheur avec forceps, qui nous pousse à percer notre coquille de peur et de passion tristes.

"La répulsion des hommes incarnée par les monstres de légende est la cuirasse dont ils se revêtent pour résister à la tentation de faire l'essai de leurs propres forces vitales. Car ils sentent que libérées, elles feraient surgir des prestiges et des prodiges imprévisibles et irrépressibles."


Sur la question de l’affrontement, je m’imaginais combattre totalement nu (pour sparte!!!), sans armure, dans une sorte de virginité animale. Là encore dans la perspective d’un retour sur soi. Se laisser envahir par les forces vitales mystérieuses, bien réelles mais invisibles, comme le sont les rayons du soleil pour une graine enfouit sous terre. (métaphore végétale un peu forcée  :-[ juste pour faire un lien avec La glande pinéale dont parle Fenrir )

Maintenant  que Lao a invité Nietzche à table, ici, je peux pas m’empêcher de faire une comparaison entre sa philosophie "naturaliste" de la quête d'un objet de puissance (destinée à augmenter la force de notre rapport à la réalité - et inversement), et le chasseur Yautjas (en tant que modèle négatif). 

Nietzsche, si du moins j’ai bien pigé, tout en rejetant l’universalisme (idéalisme) en philosophie, avait abordé la question du devenir de l’homme, ou plutôt le devenir de l’être, à travers son mythe du surhomme, mélange de guerrier (ou de prédateur) et de Saint. Une créature à la fois enracinée dans la réalité de la nature, et à la fois créateur quasi-divin de son propre pan d’existence. Enracinement de l’esprit dans le matériel, - comme une reprogrammation du noyau primitif (enrichi et non émasculé par la spiritualité)-, besoin impérieux, sans lequel aucune nouvelle réalité ne saurait accoucher « réellement », puisque procédant sinon du simple fantasme ou de la dénégation (ressentiment).


"Nous recherchons une image idéale de notre propre monde ; nous partons en quête d'une planète, d'une civilisation supérieure à la nôtre, mais développée sur la base du prototype de notre passé primitif." Stanislas Lem

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Fenrir j’en profite pour glisser 2 liens vers une interview très sympathique de Gaspard Noé (1h15)
http://dai.ly/xb2ua
http://dai.ly/xb2ou

Je rajoute ce clip sur lequel je suis tombé hier soir. C’est une musique techno hardcore ("gabber"), mais le gars nous l’a fait à l’envers. Je crois qu'on est bien dans le thème du topic, et l’ambiance de la vidéo est à mi chemin entre Irreversible et l'ironie revêche d'un Mondo Cane, ce qui n’est pas pour me déplaire. perso je la trouve assez géniale, je me suis dit qu'elle aurait bien sa place ici.

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Jean-Jacques Hyperbole

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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #5 le: 02 août 2015, 21:03:52 pm »
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J'y trouve aussi un lien avec la symbolique du monstre.

J'aime beaucoup ton texte Lao, la symbolique du monstre rejoint le thème de la descente aux enfers (= introspection) et du retour du Héros qu'on retrouve dans à peu près tous les grands mythes. Carl Jung a consacré un livre d'une grande richesse à ce sujet Métamorphoses de l'âme et ses symboles, que je vous recommande vivement si vous ne l'avez pas déjà lu. Ce topic m'a donné envie de me replonger dedans ces derniers jours.

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Le monstre et ses griffes a un rôle d’accoucheur avec forceps, qui nous pousse à percer notre coquille de peur et de passion tristes.

« L'esprit du méchant, c'est l'angoisse, l'interdiction, l'adversaire qui se dresse comme obstacle sur la route de la vie, qui lutte pour la durée éternelle ainsi que contre tout exploit singulier, qui instille au corps, par une morsure perfide de serpent, le poison de la faiblesse et de la vieillesse; il est tout ce qui tend vers l'arrière, qui menace d'attachement à la mère, de dissolution et d'extinction dans l'inconscient. Pour l'homme héroïque, l'angoisse est provocation et devoir, car seule l'entreprise audacieuse peut délivrer de l'angoisse. Et si l'on n'ose pas, quelque chose se brise dans le sens de la vie et tout l'avenir est condamné à une platitude sans espoir, à une pénombre que seuls éclairent encore quelques feux follets. » (extrait de Métamorphose de l'âme et de ses symboles, p. 590)

En parlant de "poison", je soupçonne Jung d'avoir fait un emprunt à la philosophie de la Kundalini. Il est dit que le serpent de la Kundalini réside endormi dans les profondeurs de l’être et qu'il dispense de ce fait un poison de somnolence (Vishà) qui engourdit l’individu et le maintient vivant comme dans un rêve...

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Il ne s’agissait pas d’une simple nostalgie mais peut-être de la nécessité d’une remise en question. Mais peut-être était-ce un peu tout ça, un rêve qui me renvoyait vers cette foi en soi-même et cette spontanéité que j’avais perdu (aussi) à cause des soucis d'irl.

Je pense en effet qu'il y avait des deux, à la fois nostalgie rétrospective et invitation à se remettre en question. Ton rêve exprime assez explicitement le sacrifice, la perte qu'implique le développement de la conscience autonome. C'est l'histoire de notre Chute, l'oubli de l'état d'union originel lorsque a été mangé le fruit de l'arbre de la connaissance. Fruit qui continue à vivre à l'intérieur de nous comme la nostalgie du paradis perdu qui nous ramène en arrière.

Dans Métamorphose de l'âme et de ses symboles Carl Jung dit la chose suivante : « Si nous voulons vivre, nous devons lutter et sacrifier cette aspiration qui nous tire en arrière, pour parvenir à notre propre apogée. [...] Mais ce combat en apparence louable et indispensable, conduit, à mesure que les années avancent, à un dessèchement et à une rigidité intérieure. Les convictions se transforment en platitudes, rengaines; les idéaux, en habitudes endurcies; et l'enthousiasme, en un geste automatique. La source d'eau vitale s'écoule goutte à goutte. [...] Tout ce qui est jeune devient vieux, toute beauté se fane, toute chaleur se refroidit, tout éclat s'éteint et toute vérité devient fade et plate. Car tout cela prit forme un jour et toutes les formes sont soumises à l'action du temps; elles vieillissent, souffrent, s'écoulent - à moins qu'elles ne se métamorphosent. Or elles peuvent le faire, car l'étincelle invisible qui les produisit jadis est capable d'une production infinie parce que sa puissance est éternelle. Nul ne peut nier le danger de la descente, mais cette descente, on peut la tenter. Ce n'est pas un devoir de la tenter, mais on est certain que quelqu'un l'osera. Quiconque doit opérer cette descente, devra la faire les yeux grands ouverts. »

On retrouve l'idée qu'à un moment il faut abandonner l'intellect ordinaire et plonger dans l'épaisseur du vécu, rentrer en soi-même pour renouer avec la source d'où jaillit l'énergie vitale. U.G. Krishnamurti, qu'on surnommait l'éveillé impertinent parce qu'il rejetait radicalement tous système spirituel, mettait l'accent sur l'importance fondamentale du processus organique dans la transformation intérieure. Son idée c'était de revenir à l'état naturel, sans la complication du mental. Libéré de l'emprise du mental, le corps retombe dans son rythme naturel et les glandes endocrines (qui correspondent aux emplacements des chakras hindous) sont réactivées, comme si quelque chose de nouveau était programmé dans le corps. « La plénitude de l'être prend racine dans sa nature animale et, dépassant ce qui est seulement humain, s'élève jusqu'à la divinité. »

Le parallèle avec le surhomme de Nietzche est intéressant. Nietzche avait une sorte de pressentiment aigu même s'il était un névrosé en puissance. Son intuition d'un homme nouveau s'enracine dans les mythes les plus anciens et a donc une dimension prospective certaine. Nous sommes à l'ère des Poissons, figurée par deux poissons en opposition (= union des contraires). Le Verseau qui émergera des poissons est un homme. Jung y voit un symbole du Soi : il déverse le contenu de sa cruche dans la bouche du poisson austral (= facteur encore inconscient) et après le déroulement d'une autre ère de plus de deux mille ans, naîtra un avenir évoqué par le symbole du Capricorne. « Le Capricorne, ou aïgokeros, est le monstre chèvre-poisson, symbolisant l’union des montagnes et des profondeurs des mers, un contraste né de deux éléments animaux accolés, c’est-à-dire inséparables. Cet être singulier pourrait facilement représenter l’image primitive d’un dieu créateur qui se confronte à l’ "homme", l’anthropos. »

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Merci pour le partage. La musique de techno est juste terrible.

J'ai toujours trouvé la culture techno d'une puissance incroyable, sorte de primitivisme postmoderne mêlant technologie et chamanisme. En effet, on est en plein dans le sujet.  :D

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Mondo Cane
Je sais pas pourquoi mais je pense que je vais aimer Mondo Cane.

Edit : Dur le pavé que je viens de faire... faut dire que le sujet est aussi vaste que passionnant.

Edit2 : Ca y est je suis fan de Koudlam, je suis entrain de découvrir tous ses clips : Negative Creep, Alcoholic Hymn, Brother, Eagles of Africa, The New Order et j'en passe... on ne sait jamais vraiment si ce qu'on voit est de l'ordre du rêve sombre où du cauchemar lumineux. C'est dans la lignée d'un Gaspar Noé ou même encore d'un Francis Ford Coppola qui à un moment donné de sa carrière a aussi eu ce regard contemplatif sur « la beauté de la bête ».

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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #6 le: 19 août 2015, 23:40:36 pm »
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la Kundalini réside endormi dans les profondeurs de l’être et qu'il dispense de ce fait un poison de somnolence (Vishà) qui engourdit l’individu et le maintient vivant comme dans un rêve..
Je ne connaissais pas le poison de la Kundalini. étonnant..! C'est comme si la solution était dans le problème.

Ton petit texte jungien travaille l’esprit à vif je trouve. ça rappelle la phrase de Schopenhauer, de mémoire : « au début nous sommes vivant, puis nous devenons des automates, avec les mêmes habitudes, les mêmes gestes, les mêmes habits » mais le même type malgré son pessimisme, si ma mémoire est exacte, a cependant dit ceci « plus on prend de la distance avec le monde et plus on a de pouvoir sur lui ». (à l'image du levier d’Archimède)

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U.G. Krishnamurti, qu'on surnommait l'éveillé impertinent parce qu'il rejetait radicalement tous système spirituel, mettait l'accent sur l'importance fondamentale du processus organique dans la transformation intérieure.

Ton commentaire et tes citations m'ont immédiatement remis en mémoire l’expérience de Satprem (dont je ne connais que les vidéos, un peu étranges). Son positionnement d'"extrémiste zen" semble être le même : la transformation ne se produit à partir d’un état physique fondamental qui nous échappe totalement. Mais pour percer toutes ces couches d’habitudes et de conditionnement l’individu doit généralement passer par une crise profonde.

« Mille fois j’ai dit, et je me répète (à moi-même) que l’on ne peut pas faire ce travail pour soi -pour son illumination, son ceci, son cela et tout le bataclan spirituel des libérations – parce que c’est la démolition complète – complète – de tout ce qu’on appelle « pour soi ». On peut faire cela seulement pour la beauté de Dieu. Et parce que tout notre truc est assez ignoble. Le mérite de notre époque c’est que l’on peut s’apercevoir que c’est assez ignoble. D’où la solution possible, la seule solution : trouver la porte du corps. Tout le reste est pourri et frauduleux ou périmé. Dans un océan envahi par les requins, le dernier ou les derniers petits poissons ne chercheraient pas d’autre salut. »

https://youtu.be/Ez9BE68oPS8?t=1m16s

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J'ai découvert Koudlam à peu près en même temps que toi. j'aime beaucoup ses musiques comme Wave of mutilation, Heavy Metal Valley, ainsi que l'ambiance mélancolique et crépusculaire qui émane de ses clips-vidéos, effectivement très proche de la trilogie de Coppola.  Et il a vraiment fait fort avec son Negative Creep ! :D :-*
L’autre jour j’ai réécouté un disque du groupe "Techno-Animal" ; et bizarrement malgré que ce soit complètement glauque, ça m’a franchement détendu et bien recentré. Toujours dans le thème de la descente :
https://www.youtube.com/watch?v=yamhi9ngxKQ
Je n'y connais pas grand chose en ambiant et electro minimaliste mais j’aime beaucoup leurs 2 ablums "Ghosts" et "Re-entry"
Jean-Jacques Hyperbole

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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #7 le: 21 août 2015, 00:03:34 am »
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Je ne connaissais pas Satprem, effectivement il s'inscrit dans la même vision qu'U.G. Krishnamurti. Ce dernier aussi affirmait que l'illumination nous tombe dessus lorsqu'on ne croit plus en rien, quand la limite de la désillusion est atteinte. J'ai lu qu'il a sauté à pieds joints dans un lâcher prise absolu, allant même jusqu'à vivre comme un clochard et était prêt à se laisser mourir... Le processus de transformation biologique et psychologique qu'il a vécu ne peut être rattaché à aucune expérience traditionnelle, comme si c'était quelque chose qui provenait d'une autre dimension, une sorte de force qui ne toucherait que ceux qui sortent du circuit. Cette idée de désertion totale me rappelle beaucoup le concept de ligne de fuite élaboré par Félix Guattari et Gilles Deleuze.

Ce type, Satprem, est impressionnant en tout cas. Le malaise civilisationnel interprété sous l'angle d'une crise évolutive, très fort...

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mais le même type malgré son pessimisme, si ma mémoire est exacte, a cependant dit ceci « plus on prend de la distance avec le monde et plus on a de pouvoir sur lui ». (à l'image du levier d’Archimède)
Tout cette réflexion sur la place de l'homme dans l’évolution m'a rappelé une autre citation de Carl Jung que je me dois de partager :

« En vertu de ses facultés de réflexion, l’homme s’est élevé hors du monde animal et, par son esprit, il démontre que, précisément dans le fait du développement de la conscience, la nature a investi un grand prix en lui. Grâce à ce développement, il s’empare de la nature, reconnaît l’existence du monde, et, par cela même, le confirme en quelque sorte au Créateur. De ce fait, le monde devient un phénomène, ce qu’il ne serait pas sans réflexion consciente. Si le créateur était conscient de Lui-même, Il n’aurait nul besoin de créatures conscientes; il n’est également pas probable que les voies de la création, indirectes au suprême degré, qui ont gaspillé des millions d’années à la création d’espèces et de créatures innombrables, correspondent à une intention polarisée sur un but. L’histoire de la nature nous conte la métamorphose fortuite, aux hasards des espèces, qui, à travers des centaines de millions d’années, ont dévoré et se sont entre-dévorées. L’histoire biologique et politique de l’humanité aussi nous en apprend plus qu’il n’en faut à ce sujet. Mais l’histoire de l’esprit s’inscrit sur un autre registre. C’est ici que se glisse le miracle de la conscience réfléchie, seconde cosmogonie. L’importance de la conscience est tellement vaste qu’on ne peut s’empêcher de supposer que l’élément sens gisait probablement caché dans toute la mise en scène biologique, monstrueuse et apparemment insensée, sens qui a enfin trouvé, comme par hasard, à se manifester à l’échelon du sang chaud et du cerveau différencié, non pas de façon intentionnelle ni prévue, mais comme pressentie à travers une « impulsion obscure », intuitive et tâtonnante. [...] Nous ignorons jusqu’où peut s’étendre le processus de la prise de conscience et où il mènera encore l’homme. Il est, dans l’histoire de la création, un novum – un élément nouveau – pour lequel il n’y a aucun point de comparaison. C’est pourquoi on ne peut savoir quelles potentialités il recèle, ni s’il est loisible de prévoir pour l’espèce de l'homo sapiens un épanouissement puis une disparition, ainsi que cela s’est produit pour les animaux préhistoriques. La biologie est incapable de nous fournir un seul argument contraire à de telles possibilités. »

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Merci pour le partage musical, je suis fan de ce genre d'ambiance électronique souterraine (décidément tu me fais découvrir plein de musiques ! :D ).

Récemment j'ai redécouvert un très bon reportage sur les free party, avec des intervenants aussi bons qu'improbables, et je me suis rendu compte à quel point il était en lien avec notre conversation. On peut dire que ce mouvement est une expérience concrète de la descente à l'échelle collective. Je te conseille vraiment de le regarder si t'as 50 minutes à perdre : https://www.youtube.com/watch?v=Z9GyyTm1Kdk

Edit : Histoire de partager aussi, du heretik, un son techno underground programmé pour des bacchanales furieuses :

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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #8 le: 22 août 2015, 10:15:31 am »
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C’est marrant je cherchais justement depuis 2-3 jours un reportage sur la scène techno (ou + précisément la video de laquelle est tirée le clip negative creep^^). Celui que tu as trouvé est vraiment bien foutu ! Merci de m’avoir proposé le lien. une musique qui semble assez dur mais qui contient en son coeur un retour au source assez naïf comme le dit un des organisateurs et le « psy ». J’avais remarqué cet état d’esprit chez les teufeurs.

Atteindre cet état d’éclatement sans produit, par la pure réminiscence de souvenirs refoulés comme l’explique un type, c’est en quelque sorte tout l’enjeu, comme le rêve immanentiste dans lequel je retrouve mon enfance. Mais justement peut-être n'est-ce qu'un rêve...


Sur le thème de la modification psycho-physique de l’être humain, le besoin de conservation conjugué au besoin de changement, la religion, la politique, la magie, la régulation des progrès scientifiques - en somme l’usage des psychotropes sur l’homme, c’est tout le thème du roman-fleuve "Dune". Si l'on est pas prêt, ce qui nous fait évoluer peut tout aussi bien nous détruire. - edit : c'est d'ailleurs peut-être ça le problème, je suis à peu près persuadé que l'univers matériel répond d'une manière ou d'une autre à toutes nos pensées et à nos désirs (inconscients) sauf que nous ne sommes pas prêt à recevoir, nous avons un problème de synchronicité et une méconnaissance quasi-total de nous-même, qui vient entre autre de la difficulté à vivre au plus près du moment présent.-

Dans le roman, les membres de la Guilde, mécanicistes et athées, deviennent dépendant des drogues (l’épice, le mélange) permettant le « voyage spatial ! » mais au fur et à mesure des générations, ceux-ci sont métamorphosé en monstres à l’ultra-rationalité inhumaine. (ils me font parfois un peu penser à certains participants des free party^^)

Le héros (messie), lui par contre, a fini par trouver le « chemin d’Or » qui aligne l’individu sur les voies mystérieuses de l’univers, mais s'est transformé en un sur-être despotique. (tout l’intérêt du livre c'est qu'il ne propose pas de solution)
Dans le roman Dune, le « voyage spatial ! » se prononce et s’écrit toujours sur le mode exclamatif. c’est un bond évolutif, un « quantic leap ». Un saut dans l’inconnu total hors de toute mesure humaine


A ce sujet, un des livres qui je crois à sa manière m’a le plus transporté et avec lequel j’ai cependant pris une certaine distance voir un désintérêt quasi total, c’est « Les dialogues avec l’ange » (écrit par des juifs dans un camp de travail nazi). Si à un moment de sa vie on est un tant soit peu ouvert au langage religieux, ce livre peut ouvrir des portes étranges.

L’immersion dans cette œuvre (qu’on peut apparenter à un syncrétisme hindou/chrétien) et la recherche de Dieu m’avaient valu pléthores de prise de lucidité sauvages et autres état sub-lucides très intense, cela dit, ainsi que ce beau petit WILD bref mais intense. Ce que je retiens des paroles de l'Ange finalement c’est sa phrase la moins ésotérique (même si elle est lié à l’apocalypse) : "Soyez toujours prêt a qu’on vous mette la tête à l’envers !"

Les expériences borderline, les religions, le shamanisme etc. sont vraiment un jeu de yoyo entre l’exploration de l’inconnu et la consolidation de la structure - d’où l’importance à mes yeux d’une éducation classique. Et la nécessité des philosophies (qui enseignent le doute). c’est à mon sens le but de la philo, même si j’en lis peu, que de nous faire remettre le réel et nos croyances en question et non pas nous apporter un confort existentiel pré-maché, ce qui reviendrait à en faire une nouvelle religion. En contre-exemple de radicalité subversive je pense notamment à Timothy Leary qui voulait faire du terrorisme psychédélique en empoisonnant les réserves d’eau de la Californie avec du LSD, pour « ouvrir l’esprit » de la population américaine.^^


La ligne de fuite deleuzienne semble avoir un curieux mimétisme avec « l’éloge de la fuite »  du neurobiologiste Henri Laborit écrit 4 ans avant "Mille Plateaux" et qui avance l’imagination humaine comme un émancipateur possible du système de punition/récompense. Deleuze a beaucoup creusé les rapport de force et  la dynamique entre la volonté de puissance « active » et « réactive ». Tout ce que je connais de Deleuze, c’est son abécédaire (video), le type semblait sympathique et son oeuvre foisonnante (peut-être un peu obscure par moment) mais m’apparait tout de même quelque peu desséché. Cf sa passion pour les tiques^^. Tu as lu G. Deleuze ?


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En vertu de ses facultés de réflexion, l’homme s’est élevé hors du monde animal et, par son esprit, il démontre que, précisément dans le fait du développement de la conscience, la nature a investi un grand prix en lui. Il est, dans l’histoire de la création, un novum – un élément nouveau – pour lequel il n’y a aucun point de comparaison.
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C’est ici que se glisse le miracle de la conscience réfléchie, seconde cosmogonie.

L'être humain (et sa place dans l'univers), parfois je l'imagine au pire comme un pédant, au mieux comme une brusque accélération d’une crise systémique en réaction à l'entropie - une espèce de trou noir organique ambulant. Les dialogues avec l’ange parlent du hurlement de l’univers. Si j’étais croyant, je définirai mon prométhéisme ainsi. Si on regarde de manière pragmatique, l’univers avant d’être quoi que ce soit est surtout une accumulation de problèmes et l’être humain est doué pour les résoudre (et donc aussi pour en créer). Nous humains sommes fait en grosse partie de névrose, de ressentiment et de méchanceté, le tout recouvert d’un vernis de niaiserie et de moraline. A mes yeux du moins, et d'expérience, c’est à cette niaiserie pré-morbide qu’il faut s’attaquer et non pas a notre cruauté naturelle, nécessaire à la survie, à la lucidité, à l’intelligence etc, au jeu de la vie en somme, mais aussi à l’exploration intérieure. Encore faut-il que cette énergie soit judicieusement canalisée à des fins positives si l’on ne veut pas devenir le prochain Yautjas.


-"Puisqu'il faut, à n'importe quel prix, retrouver un substrat principiel, une espèce d'Ur-grund ténébreux depuis le sol nourricier duquel l'arbre de vie élance ces milliards de branches, toutes différentes et pourtant toutes issues du même tronc, des mêmes racines, de la même terre humide, la première mort sera violence, et arrachement, et durcissement sous l'éclat asséchant du terrible soleil de la décision."

- Juan Asensio. Qui semble être un mixe horrible et talentueux de Stalker et Fenrir http://www.juanasensio.com/archive/2006/05/08/un-faubourg-de-toulouse-de-raymond-abellio.html



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Je connaissais heretik surtout de nom en fait, les "teufeurs" qu'il m'arrivait de fréquenter les écoutaient en boucle. Pour ma part j’en écoute très rarement, juste par curiosité pour le coté SF et l’agressivité nihiliste des sons …  même si j’ai participé à certaines soirées dans la boue après quelques apéros. Notamment les Spiral Tribe qui hantaient la Bretagne à la fin des années 90 /début 2000 tels des ovnis. J’ai ressenti ce sentiment d’éclatement et de fraternité magique. J’en ai gardé un souvenir assez démentiel pour ne pas dire héroïquement apocalyptique, mais par contre j'étais pas préparé et j’ai vraiment eu le tomawak le lendemain…

Un film "mainstream" que j’aime autant que Altered States, orienté action dans un registre un peu rock-n roll et psychédélique c’est Strange Days de Katherine Bigelow. Il contient une scène totalement tordue, à la Gaspar Noé (je pense qu’il s’est inspiré de ce film, rien qu’au niveau des cut à la fin de la BA). Ça sera peut-être plus intéressant que les (très sympathiques) nanard que je t’ai proposé.

ci-dessous Plastikman, que je trouve à sa manière assez proche de la scène free avec ses sons mentaux ultra-synthétique et dansant. Pour moi ça c’est vraiment de la très bonne techno. A écouter sur la durée.


http://www.youtube.com/watch?v=0wJHvOaJdi0#

http://www.youtube.com/watch?v=TghXqvyuco4#
Jean-Jacques Hyperbole

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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #9 le: 23 août 2015, 18:32:45 pm »
0
@Fenrir, je suis tombé sur ce doc "We had a dream" sur heretic system, et je l’ai trouvé vraiment excellent. Plutôt marrant le capitaine de police qui en parle sourire en coin, et qui semble presque nostalgique du jeu du chat et de la souris. Perso ça m’a permis de découvrir le groupe, du coup si jamais t’es passé à coté :  :P


"Celui qui touche au son je lui démonte sa mère !"
Jean-Jacques Hyperbole

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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #10 le: 24 août 2015, 04:53:56 am »
0
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je suis à peu près persuadé que l'univers matériel répond d'une manière ou d'une autre à toutes nos pensées et à nos désirs (inconscients) sauf que nous ne sommes pas prêt à recevoir, nous avons un problème de synchronicité et une méconnaissance quasi-total de nous-même, qui vient entre autre de la difficulté à vivre au plus près du moment présent.

Je pense pareil, on est "jeté" dans le monde, en quelque sorte abandonné à notre sort, et on erre, inconscient des causes qui nous animent et cherchant anxieusement des règles et des lois extérieures pour se raccrocher à quelque chose. D'où pour reprendre Henri Laborit le succès à travers les âges des croyances religieuses, des idéologies, de la science d'aujourd'hui etc. bref tout ce bric-à-brac destiné à soulager notre angoisse primordiale. Et aujourd'hui je pense que notre défi c'est de nous débarrasser de tous ces concepts aliénants pour nous relier à notre vitalité profonde. Comme le dit Satprem, peut-être que l'excroissance mentale était provisoire et qu'il fallait passer par là pour retrouver consciemment le pouvoir qui est au cœur de la cellule animale.

D'ailleurs pour rebondir sur l'astrologie, je suis tombé sur ça sur la page Wikipédia de l’Ère des Poissons (l’interprétation astrologique de Jung que j'ai mis plus haut avait de la gueule mais elle m'était un peu obscure, du coup j'ai cherché à me renseigner un peu plus ^^' je suis pas forcément passionné par l'astrologie mais c'est quand même une tradition séculaire et quand je vois comme les sources convergent ce serait bête de s'en priver) :

« Le Verseau qui émergera de la période du poisson donnera un homme qui ne pensera plus selon l'intellect ordinaire. Ceci est désigné habituellement sous le nom d'entendement et raison symbolisé par deux poissons. Les critères de subjectif, ou d'objectif n'auront plus lieu d'être, car le penser nouveau ne consommera plus au fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal mais puisera ses Pensées pures à l'arbre de vie. Comprenons bien que l'intellect humain prônant le Bien n'est que l’outil de Lucifer pour assujettir l'homme dans sa sphère de chute et de domination. L'image est claire, un homme déversant de l'eau, symbole des pensées intuitives, pensées qui ne sont pas de ce monde. Pas mes pensées, mais le penser en Moi, ou selon l'expression ésotérique de Rudolf Steiner : Cela pense en moi, cela ressent en moi, cela agit en moi. Précepte que l'on retrouve déjà dans la Rose-Croix. »

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Les expériences borderline, les religions, le shamanisme etc. sont vraiment un jeu de yoyo entre l’exploration de l’inconnu et la consolidation de la structure

Perso je pense qu'à la base toutes les religions étaient émancipatrices avant que le message originel ne soit perverti et qu'elles ne se transforment en doctrines. U. G. qualifiait toutes les traditions spirituelles d'impostures, allant même jusqu'à traiter le Bouddha de charlatan mais derrière cette provocation son but était de dénoncer « les magouilles des intermédiaires qui fabriquent des idoles mortes avec la vie elle-même ». Je parle beaucoup d' U. G. mais c'est parce que ca a été un choc pour moi de découvrir sa pensée. A l'époque j'étais à fond dans le bouddhisme et je me suis rendu compte que ma fascination du nirvana n'était en fait qu'une traduction de mon désir névrotique d'immobilité et de repos, tout le contraire d'une véritable quête de transcendance. Sa vision négative est libératrice je trouve, elle rappelle qu'il n'y a pas de maître autre que le vivant lui même. Il est un peu dans la lignée du zen qui dit «Si tu rencontres le Bouddha, tue le Bouddha !» sous-entendu l’état de Bouddha est insaisissable, on ne peut pas le rencontrer.

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La ligne de fuite deleuzienne semble avoir un curieux mimétisme avec « l’éloge de la fuite »  du neurobiologiste Henri Laborit

Énorme l'éloge de la fuite, c'est du petit lait, j'y retrouve la même approche négative libératrice dont je parlais plus haut. Lorsqu'il s'acharne à dynamiter l'idée d'amour en disant que ce n'est qu'un moyen de se donner bonne conscience et de cacher la motivation égocentrique des actes humains, moi ca me fait tout de suite penser au monologue du boucher dans Seul contre tous (17:36 si ca te met pas le bon minutage). D'ailleurs ce film traite de cette question du système de domination sociale appelé morale et de la liberté véritable, sans porter de jugement. Le décor est planté dès le début :

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Sinon j'aime bien cette citation :

« En réalité, ce que l’on peut appeler ’liberté’, si vraiment nous tenons à conserver ce terme, c’est l’indépendance très relative que l’homme peut acquérir en découvrant, partiellement et progressivement, les lois du déterminisme universel. Il est alors capable, mais seulement alors, d’imaginer un moyen d’utiliser ces lois au mieux de sa survie, ce qui le fait pénétrer dans un autre déterminisme, d’un autre niveau d’organisation qu’il ignorait encore. »

Ca me fait un peu penser à une analogie faite par Jung avec les mathématiciens qui découvrent les lois invisibles du visible, et qui créent des expressions pouvant prévoir le comportement de la matière (parfois sans même savoir quelles réalités physiques elles régissent, cf les équations qui mettent de l’ordre dans la turbulence des gaz à haute température découvertes bien avant qu'on les étudie), chaque implication ouvrant sur une myriade de nouveaux possibles. La création comme exploration d'un hypermonde.

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Tu as lu G. Deleuze ?

Non, je le connais surtout à travers des vidéos et quelques concepts (lignes de fuite, opposition entre l'espace lisse et l'espace strié) mais c'est vrai que sa pensée m'a paru un peu poussiéreuse et difficilement accessible. En parlant de lecture tu m'as donné envie de lire Dune, est-ce que le film rend hommage au livre ? (Un des rares Lynch que je n'ai toujours pas vu).

D'ailleurs en parlant de l'usage des psychotropes comme voie d’expérimentation je te conseille le documentaire D'autres mondes de Jan Kounen (ami de Gaspar Noé soit dit en passant) on y découvre sa rencontre avec les guérisseurs Shipibo d'Amazonie péruvienne, et son expérience de l’Ayahuasca, la liane des esprits (ou liane des morts). Ca vaut le détour, et c'est parfaitement dans le thème de notre discussion. Le travail de la liane est souvent décrit par ceux qui l'ont employé comme « un trajet initiatique a travers le corps, de l'obscurité des entrailles a la grande lumière des visions. »

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L'être humain (et sa place dans l'univers), parfois je l'imagine au pire comme un pédant, au mieux comme une brusque accélération d’une crise systémique en réaction à l'entropie - une espèce de trou noir organique ambulant

Terrible comme façon d'imager la chose, et un peu effrayant aussi lol.

«Nous sommes des exploités à l'échelle cosmique, des prolétaires du bourreau démiurge, des esclaves exilés dans un monde soumis littéralement à la violence…, des étrangers sur notre propre terre.» (citation de Jacques Lacarrière)

J'ai récemment découvert la vision gnostique en faisant quelques recherches sur la panspermie. Pour résumer, les gnostiques refusaient la vision chrétienne d'un homme entaché par une culpabilité existentielle et parlaient d'une conspiration "divine" dirigée contre lui. Leur intuition profonde était que le monde est contaminé par un virus qui alourdit et détruit la trame même de la matière (vision qui correspond à celle de la loi thermodynamique de l'entropie qui postule que l'univers se dirige vers le chaos) et ce programme autodestructeur est inscrit jusque dans notre patrimoine génétique (notre corps dépérit et nous devons nous nourrir de l'énergie provenant de la mort d'autres organismes vivants pour repousser la notre). Lorsque j'ai lu tout ça j'ai soudain compris pourquoi le serpent est présent dans tous les mythes lorsqu'il est question des origines, et notamment l'Ouroboros (le serpent qui se dévore lui même, emblème de l’éternel retour et du caractère cyclique du temps), et aussi pourquoi notre énergie primordiale est vue comme une énergie serpentine. D'ailleurs dans le doc que je t'ai linké plus haut il est question des chamanes d'Amazonie qui dans leurs hallucinations "voient" la double hélice de l'ADN sous forme de serpents enroulés (le fameux serpent cosmique amérindien). Dans la gnose, le démiurge est représenté comme une créature monstrueuse à visage de lion et au corps de serpent.



Pour revenir à mon objectif lucide, c'est ça qui m'a plu dans la métaphore de la plongée de la jungle, devoir s'enfoncer dans un monde de prédation et de chaos pour se relier à la source créatrice et transformer le voyage aux enfers en fontaine de jouvence (le défi de l'humanité). On retrouve ça dans le vieux mythe du trésor enfoui au fond de l'antre du dragon.

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les "teufeurs" qu'il m'arrivait de fréquenter les écoutaient en boucle

Tu m'étonnes, on devient vite accroc (je suis entrain d'en faire l'expérience, j'arrive plus à écouter autre chose en ce moment).

« We had a dream » ce reportage est excellent je l'ai déjà vu plusieurs fois "Chaud la techno ou pas ?!"  :P Léo est un animal fou furieux haha. J'hésitais à te le link justement, sinon il y a d'autres docs pas mal comme les World Traveller Adventures, un DVD qui retrace les périples de différents sound systems à travers le monde : en Bosnie (juste après la guerre ^^), au Moyen Orient et en Afrique + un reportage consacré aux Spiral Tribe pionniers du nomadisme techno. Malheureusement pour les voyages j'arrive pas à mettre la main sur des liens VOSTFR (à l'époque je les avais DL sur t411 mais ils y sont plus). :/

Merci pour le partage de Strange Days ! J'ai direct accroché en voyant le générique. Il est déjà dans mon disque dur, prêt à être visionné (je te donnerais mon avis).

Pas mal Plastikman, c'est pas violent mais j'aime bien l'effet de son enveloppant. Les nappes sonores glauques me rappellent trop l'ambiance des films de Carpenter.  :-*

Toujours dans la tribe (j'arrive plus à en sortir je te dis, je suis envoûté par l'infinite beat ^^), Desert Storm un sound system anglais qui fait partie des vieux de la vieille :

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Re : Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #11 le: 24 août 2015, 11:07:04 am »
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Je parle beaucoup d' U. G. mais c'est parce que ca a été un choc pour moi de découvrir sa pensée. A l'époque j'étais à fond dans le bouddhisme et je me suis rendu compte que ma fascination du nirvana n'était en fait qu'une traduction de mon désir névrotique d'immobilité et de repos, tout le contraire d'une véritable quête de transcendance. Sa vision négative est libératrice je trouve, elle rappelle qu'il n'y a pas de maître autre que le vivant lui même. Il est un peu dans la lignée du zen qui dit «Si tu rencontres le Bouddha, tue le Bouddha !» sous-entendu l’état de Bouddha est insaisissable, on ne peut pas le rencontrer.

C'est moi qui vient d'avoir un choc en te lisant Fenrir. J'ai eu aussi ma période Bouddha, et tu ne pouvais on ne peut mieux résumer ce que je ne m'étais pas encore expliqué jusque là.



Technique pour provoquer des FE en cliquant ICI

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Re : Re : Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #12 le: 24 août 2015, 12:38:01 pm »
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C'est moi qui vient d'avoir un choc en te lisant Fenrir. J'ai eu aussi ma période Bouddha, et tu ne pouvais on ne peut mieux résumer ce que je ne m'étais pas encore expliqué jusque là.

Moi c’est kif kif pour les lectures religio-ésotérique de l'époque, je fuyais la vie réelle et les problèmes auxquels je n’arrivais pas à faire face dans une sorte de dénégation, de fuite en avant. Je crois que j'avais envie de m'exploser en fait


« Maurice, tu pousses le bouchon un peu trop loin ».


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U. G. qualifiait toutes les traditions spirituelles d'impostures,
Certaines religions bouddhistes ont les mêmes défauts que les autres religions (homophobie, dogmatisme etc.) sauf que le bouddhisme et sa philosophie non-essentialiste a un charme exotique pour nous autres occidentaux névrosés. De l’autre coté, il y a des orientaux qui se convertissent à la métaphysique du Dieu chrétien.


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"L'être humain (et sa place dans l'univers), parfois je l'imagine au pire comme un pédant, au mieux comme une brusque accélération d’une crise systémique en réaction à l'entropie - une espèce de trou noir organique ambulant"

Terrible comme façon d'imager la chose, et un peu effrayant aussi lol.

 :-[  Je précise : ce sont juste des éléments de langage^^'. Ça n’a pas grand rapport avec ma manière d’aborder les gens dans la vraie vie, fort heureusement^^. Et quand je parle de cruauté, je parle d’un regard lucide porté sur le monde et les êtres; il s'agit du principe de réalité appliqué (sur soi) et non bien sur une éloge de Darth Vader. Je suis pas complètement un gros facho  :D - et aussi car il y a beaucoup de gens qui parlent de bons sentiments, d'altruisme, d'humanitarisme, alors qu'au fond d'eux-même s'ils pouvaient faire sauter la planète je suis sûr qu'ils le feraient.


Transition idéale pour évoquer l'"Eloge de la fuite"^^, une lecture vraiment bénéfique et longtemps un de mes livres de chevet. J’aimais bien feuilleté le bouquin de temps en temps pour son coté émancipateur et déculpabilisant sur bien des points (le fait qu’on ai pas toujours le choix dans nos actions et nos décisions etc.), ça a été vraiment un coup de coeur avec la place qu’il redonne à l’imagination. c'est quand on comprend à quel point nous ne sommes pas libre qu'on peut peut-être commencer à le devenir.

Je connaissais la gnose par le biais de Cioran  et son mysticisme négatif (ou plutôt "contrarié").

D’ailleurs un moment j’avais commencé à inventer une petite histoire stupide dans laquelle les être humains découvraient que la vie organique était en réalité juste du moisi qui pousse et se répand sur les matériaux rocheux suite à leur dégradation millénaire :D. Des sortes de champignons (parfois hallucinogène : ex, l’homme, qui est un puissant générateur d'illusions) qui poussent un peu partout dans l’univers, jusqu'à la révélation ultime : le monde est le corps offert et putréfié de Dieu – et tout ce moisi contient la promesse de sa renaissance sous une forme neuve. La « noble fermentation »…

J'avais écrit ce texte pour prendre à la lettre ceux qui trouvent que la vie est vraiment pourrie. Et puis surtout j'aime bien inventer des petits éco-systèmes sadiques dans lesquels j'enferme les gens^^

et donc :
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notre corps dépérit et nous devons nous nourrir de l'énergie provenant de la mort d'autres organismes vivants pour repousser la notre
J'avais un peu extrapolé l'affaire en imaginant le monde, la matrice, comme un sous-produit du système de prédation dont nous parlons - ou qui serait du moins consubstantiel à lui-. Pour me sortir de cette infernal dédale nietzschéen je tentais de méditer sur une solution possible : l'Arbre de Vie de l’éden -pas celui de la connaissance, mais celui source de vie éternelle-, mais en vain. d'ailleurs j'avais fait un beau montage avec le monolithe de 2001 gardé par un Predator, mais ça ne m'a pas vraiment aidé, bizarrement..

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«Si tu rencontres le Bouddha, tue le Bouddha !»
Tu cites Lin-Tsi, celui-là est vraiment un de mes koan préférés, en effet très "zen" avec une dose d'humour. je l’avais d'ailleurs cité sur le fofo en le complétant avec celui-ci, dont j'apprécie l'extrême simplicité :

 "Il n’existe aucune différence entre le nirvana et le samsara. Il n’existe aucune différence entre le samsara et le nirvana" (Nagarjuna)

Je répondrai au reste plus tard et si j'y arrive. très intéressant à lire tout ça (l’ère du verseau, la gnose, etc.) et agréable aussi. il y a beaucoup à manger dans ce que tu dis et je vais te relire. D'ailleurs tu m'as carrément donné envie de regarder à nouveau le film "D'autres mondes"...

ps : Dune, personnellement j'aime beaucoup ce film que beaucoup considèrent comme un désastre, et David Lynch le premier. Mais selon moi il vaut vraiment le coup d'être vu. en tout cas il ne manque pas de charme ni d’intérêt, et c'est un de mes films préférés



http://www.duneinfo.com/Content/images/giedi-prime/landscape.jpg

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/736x/f5/93/00/f59300b5a5cf9a5374919d09cd05337a.jpg


Le dormeur doit se réveiller
http://www.youtube.com/watch?v=U20hUCh3q-c#






Jean-Jacques Hyperbole

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Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #13 le: 25 août 2015, 09:27:48 am »
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L'image est claire, un homme déversant de l'eau, symbole des pensées intuitives, pensées qui ne sont pas de ce monde.

Je rajoute ce petit link vers la passionnante théorie de la double causalité qui n'est pas si éloigné de la thématique de la résilience (résilience avec le "moi" futur, présent et passé)

Pour être honnête, le premier problème que j’ai eu avec Guillemant, ce sont ces chemises particulièrement ringardes qui me font douter qu’il soit connecté au futur. Il pourrait demander à son moi futur de faire un bond vestimentaire

Je crois globalement et il faut l’avouer un peu confusément en cette théorie de l’intemporalité de l'information, qui dans l'hypothèse, permet de modifier-engrammer le futur à partir du présent /et rétroactivement, le présent à partir du futur, par l’intermédiaire d'une intrication active et mentalement contrôlée de l'information. Mais dans les détails certains trucs me dérangent (notamment le dialogue avec son « soi » exposé dans son livre) et je suis personnellement incapable de jauger les aspects scientifiques. Et aussi la question du temps de latence qui permet à l’information de couler vers le présent qui semble poser problème à Guillemant, et c’est pourtant tout l’enjeu de sa théorie.
Reste le problème de ses chemises.

Ci-dessous le lien audio d'une conférence de 2013 qui dans mes souvenirs fait une présentation assez complète de la TDC :

! No longer available


TDC
http://www.attrape-songes.com/forum/la-vie-l-univers-et-le-reste/theorie-de-la-double-causalite/


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Il me semble que j’avais acheté ce dvd sur les traveller dont tu parles mais je n’arrive plus à remettre la main dessus.

Cela dit je suis avant tout un gros paysan amateur de hard-rock industriel Texan et je navigue donc quand même assez loin de ce milieu. Ce que je préfère dans la hard tekno ce sont le effets de distorsion, les samples, les boucles fantômes etc. pas forcément les basses plutôt les aigus en fait.
Par contre je crois que c’est celle-ci "Rzac 23 - Base Support" que j’ai le plus écouté avec sa ligne de basse de fou. A 6.14 mn à chaque fois je fais une drôle de tête^^



Jean-Jacques Hyperbole

Hors ligne Fenrir

Re : [Discussion] Rêve de résilience
« Réponse #14 le: 26 août 2015, 17:39:11 pm »
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C'est moi qui vient d'avoir un choc en te lisant Fenrir. J'ai eu aussi ma période Bouddha, et tu ne pouvais on ne peut mieux résumer ce que je ne m'étais pas encore expliqué jusque là.

Ouais ca fait un petit choc quand on ouvre les yeux, mais la remise en question est toujours salvatrice.  :)

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il y a beaucoup de gens qui parlent de bons sentiments, d'altruisme, d'humanitarisme, alors qu'au fond d'eux-même s'ils pouvaient faire sauter la planète je suis sûr qu'ils le feraient.

Entièrement d'accord avec toi sur ce point. Jung (je ne jure que par lui, t'as remarqué ^^) pointait du doigt la faille de l'éducation qui ne parle jamais du vécu individuel et enseigne des idéaux inaccessibles auxquels personne ne pourra satisfaire, à commencer par ceux qui les prêchent. Et d'ailleurs pour lui si l'humanité s'est trouvée aussi stupide et désorientée face aux phénomènes du national-socialisme et du bolchevisme c'est bien parce qu'elle ne sait rien d'elle même et qu'elle ne voit "qu'une moitié bancale et déformée de son image". Un homme d'Etat de son temps avait naïvement déclaré qu’il n’avait aucune "imagination dans le mal" et Jung avait répondu ainsi « Cela me semble très pertinent : nous ne possédons aucune imagination dans le mal, mais elle, elle nous possède. » Rien qu'avec cette phrase tout est dit...

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Certaines religions bouddhistes ont les mêmes défauts que les autres religions (homophobie, dogmatisme etc.)

Pas faux, d'ailleurs quand j'ai commencé à m'intéresser au bouddhisme j'ai par exemple été assez surpris par la façon dont la femme est dépeinte dans les enseignements traditionnels : folle, inapte à la vie monastique, ayant une mauvaise influence sur l'homme etc. Dans les écoles anciennes du bouddhisme, le fait d'être une femme est généralement considéré comme le prix à payer pour avoir eu une existence antérieure médiocre. J'avais même pu lire cette citation du Bouddha dans un livre :

« Certes, il faut se défier des femmes. Pour une qui soit sage et bonne, on en trouverait plus de mille qui sont folles et méchantes. La femme est plus secrète que le chemin où, dans l’eau, passe le poisson ; elle est féroce comme le brigand, comme lui elle est rusée ; il est rare qu’elle dise la vérité, car, pour elle, le mensonge est pareil à la vérité, la vérité pareille au mensonge. Souvent, j’ai conseillé à mes disciples d’éviter les femmes. »

Après je ne sais pas s'il a vraiment prononcé ces paroles, on peut lui faire dire n importe quoi. A l'époque ca m'avait suffisamment chiffonné pour que j'en parle sur un forum consacré à la spiritualité, et ca avait créé un débat ^^ : d'un côté on trouvait ces réflexions normales dans le contexte de l'époque (le Bouddha, qui était issu d'un milieu bourgeois, n'avait connu des femmes que les courtisanes et les prostituées, et tenait surtout à protéger ses disciples) et de l'autre côté on pointait du doigt "les Voies de la Main Droite et leur dégoût de la Vie"... Les autres religions j'en parle même pas, dans les religions du Livre c'est la femme qui porte le poids du péché et de la chute de l'humanité. ^^

D'ailleurs, pour faire le lien avec la capacité d’accéder à l’information au-delà de l’espace et du temps, dans le même topic un forumeur avait cité un livre « La science de l’intention » de Lynn McTaggart. Pour faire court dans ce livre il est fait état, entre autres, de l'expérience menée par le Dr Rollin McCraty qui s’est penché sur le pressentiment physique d'un événement et a cherché à connaître où dans le corps était ressentie l'information intuitive. Il a découvert une réaction par pressentiment du cerveau et du cœur, dont les ondes électromagnétiques s'accéléraient ou décéléraient juste avant qu’une image violente ou sereine ne soit montrée aux participants. Le cœur recevait l'information en premier et la communiquait au cerveau. Cela démontrait que le corps dispose de facultés intuitives qui lui permettent de pressentir l'avenir, et que le cœur a une sensibilité accrue. D'autre part l'étude a aussi révélé des différences entre les sexes : les mouvements du cœur et du cerveau sont devenus isochrones (synchros) plus tôt et plus fréquemment chez les femmes, comparativement aux hommes. Cette expérience apportait donc la preuve scientifique de ce qui est communément admis, à savoir que les femmes sont naturellement plus intuitives que les hommes et plus "à l’écoute de leur cœur"...

A l'époque lorsque j'étais sur ce forum j'y comprenais rien lorsque j'entendais parler de nécessité de rééquilibrer les polarités Yin-Yang, de réhabiliter l'énergie féminine sacrée etc. (d'autant plus que j'avais un peu de méfiance à l'égard de tout ce qui touchait de près où de loin au New Age) mais je crois que j'y vois plus clair maintenant. Les enseignements chamaniques insistaient déjà sur le rôle central du féminin divin pour notre guérison et pour celle de notre planète. Réhabiliter le féminin c'est accéder à la connaissance instinctive qui vient de l’intérieur, nous relier à la vie et à nous même. L'Ouroboros, le serpent qui s'auto-dévore, est le symbole de l’Anima mundi, l’âme du monde, le « Principe féminin » tout entier dévoué au cycle de la vie et de la mort. C'est ce « Principe féminin » qui détient le secret du processus de création. Je suis entrain de me dire que la dévalorisation du féminin dans la culture religieuse est symptomatique quelque part. En mettant l'accent sur l’aspect désincarné et transcendant d'un Dieu éloigné dans le ciel, elle s'est complètement coupé de la vie et des énergies de la création.

En faisant quelques recherches sur l'Anima mundi, je suis tombé sur des images de l'artiste Tim Lane qui m'ont fait penser à ton histoire de vie organique vue comme une propagation de moisissures suite à la dégradation millénaire de la roche (j'en suis assez fan ^^), ca illustre bien l'idée de « noble fermentation » je trouve :



D'ailleurs ton histoire et le koan de Nagarjuna que tu as cité m'ont rappelé un rêve, où plutôt une rêverie, que j'ai fait il y a quelques temps. Une intuition étrange m'est parvenu durant mon sommeil, j'ai perçu très clairement que la matière était le résidu, le dépôt du nirvana. C'était ce sédiment qui remplissait l'espace et en dehors de lui, il n'y avait rien. Le nirvana n'existait qu'à travers ce "rejet". Ca peut paraître un peu obscur dit comme ça mais dans mon rêve, l'image était limpide. Je me suis réveillé juste après et je peux te dire que ca m'a fait cogiter. ^^

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d'ailleurs j'avais fait un beau montage avec le monolithe de 2001 gardé par un Predator, mais ça ne m'a pas vraiment aidé

Je vais pas tarder à essayer d'incuber le Predator dans mon univers onirique moi aussi, on en a tellement parlé qu'il a pris la dimension d'un monstre au pouvoir messianique dans mon esprit. ^^ D'ailleurs cette conversation m'a rappelé un autre rêve, de mon enfance cette fois (un des rares dont je me souvienne). Au début de ce rêve ma vision survolait une jungle, puis d'un seul coup je me suis retrouvé au cœur même de la jungle. Là, j'ai fait une drôle de découverte : une créature reptilienne à l'air humanoïde, tapie dans les buissons, qui scrutait attentivement l'horizon, prête à déceler le moindre mouvement. Elle semblait débarquer d'une autre planète... je l'ai observé un long moment avant que le rêve ne prenne fin. Ce rêve m'avait obsédé à l'époque, j'avais passé des jours à essayer de dessiner cette créature...



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J'ai vu Strange Days hier et j'ai adoré ce film. Ca faisait longtemps qu'un film ne m'avait pas rendu euphorique comme ça (je m'étais un peu trop complu dans les films pessimistes je crois ^^). Je l'ai trouvé vraiment atypique et j'ai adoré l'ambiance futuriste et cosmopolite sur fond d'escalade insurrectionnelle et de prophéties apocalyptiques, avec ce sentiment de perte de repères qui assombrit l'horizon de l'humanité propre aux films cyberpunk, mais malgré cet aspect du film il y a quand même un côté lumineux et charnel. La fin est magnifique je trouve (mon côté fleur bleue ^^). L'idée du télétrip m'a rappelé Videodrome et Existenz mais en mieux. Et que dire des musiques, elles sont assez géniales (un film avec du Deep forest dans la bande originale ne pouvait qu'être bon de toute façon). Bref, merci pour cette découverte ! Pour la petite anecdote il y a une track de techno que j'écoute depuis plusieurs jours qui comporte des samples de film et je me demandais d'où ils venaient, ben j'ai ma réponse maintenant : Strange Days (tu crois au hasard toi ? :p). J'en reviens pas de ne jamais en avoir entendu parler n'empêche. Le prochain sur la liste c'est Dune maintenant (que j'ai déjà ).

Bon histoire de changer de style, une petite musique qui fait voyager dans l'espace :

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Je l'ai découverte dans une mixtape sur mixcloud : Terminal Radio - Transmission 5, quand j'écoute ce genre de musiques dans les conditions appropriées j'ai vraiment l'impression de voyager dans l'hyperespace, on traverse les atmosphères et les époques...

 

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