Rêve

Récit onirique

Récit oniriqueComment puiser l’inspiration de ses rêves pour écrire un roman ? Comment rendre son journal des rêves palpitant à lire ?

Je vous propose d’utiliser un style littéraire baptisé le récit onirique. Il s’agit de rédiger ses rêves à la façon d’un roman.

Les trois règles de base sont:

  • L’univers onirique est cohérent, il n’y a pas besoin d’expliquer ses anomalies. Par exemple, il ne faudra pas écrire: « Je vois un passant qui marche en flottant à 3 cm au dessus du sol, je ne sais pas trop comment il fait cela, peut être des petites fusées sous les pieds ? En tout cas d’un seul coup sans que je sache comment je fais, je flotte aussi à 3 cm du sol, c’est amusant. » Mais plutôt: « Un passant adopte le style marcher-flotter, je l’imite car je trouve ce style de marche agréable. »
  • Aucune comparaison vie réelle / monde onirique n’est autorisée, le monde réel n’existe pas, le monde onirique est le seul lieu qui existe.  Impossible de dire « C’était la maison familiale dans la vie réelle, mais elle était différente, en fait dans ce rêve c’était un commissariat, je suis dans le salon. » Mais plutôt: « C’était une grande maison de style maison familiale convertie en commissariat. Dans le salon se trouvait… ».
  • Adoptez un style littéraire. Ce ne sera pas: « J’entends un chien qui aboie et je sursaute. » mais « Soudain, un aboiement lugubre dans le lointain me fait sursauter. »

Le point de vue narratif dépendra du rêve. Si vous l’avez vécu comme protagoniste, ce sera un récit à la première personne. Si vous aviez l’impression d’être un simple spectateur, ce sera un récit à la troisième personne.

Également, écrivez pour autrui plus que pour vous, pensez à décrire les lieux, personnages, émotions de votre personnage principal etc. Si vous avez des notions de ce qu’était sa vie avant le début du rêve, mentionnez cela également.

Par exemple, voici un morceau de mon journal des rêves avant application des règles du récit onirique:

Je suis de la police, j’ai un stagiaire, on travaille sur une enquête et tous les autres sur une autre. Nous sommes dans des locaux que je ne connais pas dans le réel. A un moment je tente de mettre les menottes à un suspect mais je n’y arrive pas car ses mains sont toutes petites et il n’a pratiquement pas de poignets.
A un moment à l’extérieur je vois passer le petit train de la ville pour la visite et je réalise le lien avec notre affaire, le voyage.
A un moment, j’entre dans une pièce pleine de cartons, et des gens y sont enfermés, quelqu’un ouvre la porte.
Je propose de discuter de l’affaire avec mon stagiaire, je cherche une salle et un tableau blanc. Puis j’affiche le portrait des deux victimes, je lui demande de présenter l’affaire comme si c’était la première fois. Les meurtres ont eu lieu à Paris mais quelque chose relie l’affaire à notre ville. La femme s’occupait d’organiser des voyages d’entreprise, je commence à comprendre en disant qu’elle a dû découvrir quelque chose de louche.
A un moment je vide un tiroir du bas où ne se trouve que des plantes mortes pour que le stagiaire y mette ses affaires, sinon, les stagiaires mettaient leurs affaires dans un grand placard dont ils n’ont pas la clé, et à un moment quelqu’un l’ouvre et ils se précipitent pour y chercher des choses. Je me demande si j’ai la clé de ce placard, je la trouve, et je la teste car elle a une forme bizarre, après quelques essais j’arrive à l’utiliser, mais ce n’est pas sur le placard il me semble, sur une serrure de mon bureau, mais pour moi c’est la même chose.

Et voilà après transformation:

Sale journée, sale affaire. On m’a donné cette affaire solo, et pourtant je suis encore stagiaire. Preuve de confiance ? C’est ça oui, comme si j’allais gober ça, la vérité c’est que c’est une affaire merdique dont personne ne veut. Et mon suspect a des poignets de danseuse, les menottes sont complètement inutiles.
Je jette un coup d’œil dehors, voilà le petit train de la ville, avec quelques couillons de touristes admirant notre horrible place et sa fontaine avec… c’est quoi ça… un éléphant ? Un ange ? Et pourquoi ce petit train m’intrigue autant tout à coup, y-a-t-il un lien avec mon affaire ? A la recherche de mon stagiaire, encore un pépin, je me retrouve bloquée dans la salle de réunions avec trois pelés et un tondu. La salle déborde de cartons, empilés dans tous les coins, jusqu’au plafond. La porte est bloquée ou a-t-on voulu nous jouer un tour de cochon en nous enfermant ?
Je suis dehors… comment ? Me souviens plus, peu importe. Je colle sur un tableau blanc le portrait des deux victimes et demande au stagiaire de faire un résumé de l’affaire. Je l’écoute distraitement. Les meurtres ont eu lieu à Paris mais je suis sûre que quelque chose les relie à notre ville. C’est là, juste là, quelque chose de si simple et si évident. Et soudain, je réalise la pièce manquante, la connexion, tout devient clair… le petit train… les touristes… le voyage… l’organisatrice de voyage d’entreprise. Elle a dû découvrir une magouille. Elle est le lien manquant.
Je fais un peu de place dans un tiroir pour le stagiaire. Je vire les plantes mortes (j’avais complétement oublié ce cadeau-là …). C’est toujours mieux que le placard commun, dont ils n’ont pas la clé, et dont pas pure bizutage, on n’autorise l’accès que quelques minutes par jour. D’ailleurs je crois avoir une clé quelque part de ce foutu placard pour stagiaires, ça doit être cette clé à forme bizarre. Je tripatouille la serrure de mon bureau, ça ouvre. Que faire avec cette clé … la donner aux stagiaires … ou pas ?

Discussion

Pas encore de commentaires.

Poster un commentaire


(visible uniquement pour l'administrateur du site)