De gauche à droite répond l’humoriste, de la naissance à la mort répond le cynique.
J’ai posé cette question lors d’un rêve lucide, il y a plusieurs années.
Le rêve parlait d’une femme sur la fin de sa vie qui meurt, sa sœur déjà morte vient la chercher. Je suis témoin dans le plan de l’après-vie, je pense fugitivement au corps qu’elle laisse (je tiens à préciser que je n’ai aucune croyance particulière sur la vie où une éventuelle après-vie). Les deux sœurs ont hâte de partir. Je les suis et je leur demande quel est le sens de la vie car elles sont dans un plan de vie où elles sont omniscientes. L’une d’elle n’a pas envie de me répondre, l’autre si. Elles semblent pressées.
L’une des femmes me montre un robinet d’où coule de l’eau, je passe la main dessous et je dis que l’eau est chaude. Puis, comme j’ai l’impression qu’elle veut que je découvre plus, je précise qu’il y a des bactéries dedans. La femme fait la grimace comme si j’étais passée à côté de quelque chose d’important. Je dis que les outils pour voir le micro et le macro qu’ont fait les hommes leur a permis de comprendre les atomes et l’univers et qu’il n’y a rien de mal à cela.
En suivant les deux femmes, nous sommes arrivés dans un sous-sol. Au fond il y a une porte. Les deux femmes sont sur le point de passer cette porte qui les emmènera ailleurs et je ne peux les suivre. J’insiste et je repose ma question. La femme essaie encore de me répondre, j’ai oublié la réponse qu’elle me fit au réveil mais je me souviens de ma réaction, je ne comprenais pas plus cette réponse là.
Une question absurde ?
Douglas Adams dans l’un de ces livres du Guide du voyageur galactique illustre avec humour l’absurdité d’une telle question. Dans son histoire, des chercheurs d’une race hyper-intelligente et pan-dimensionnelle construisirent le plus grand ordinateur de tous les temps, Pensées Profondes, pour calculer la réponse à la Grande Question sur la Vie, l’Univers et le Reste. Après sept millions et demi d’années à réfléchir à la question, Pensées Profondes fournit enfin la réponse tant attendue : « quarante-deux ».
« Quarante-deux ! cria Loonquawl. Et c’est tout ce que t’as à nous montrer au bout de sept millions et demi d’années de boulot ?
— J’ai vérifié très soigneusement, dit l’ordinateur, et c’est incontestablement la réponse exacte. Je crois que le problème, pour être tout à fait franc avec vous, est que vous n’avez jamais vraiment bien saisi la question. »
Pensées Profondes informa les chercheurs qu’il fallait construire un deuxième ordinateur plus puissant, qui inclurait des êtres vivants dans son processus, pour leur dire quelle était la question. Cet ordinateur s’appela la Terre et était si grand qu’on le confondait souvent avec une planète. Mais la question fut perdue cinq minutes avant le moment où elle devait être trouvée, à cause de la démolition de la Terre par les Vogons, soi-disant pour construire une voie hyperspatiale (plus tard dans la série, on apprend que les Vogons ont été engagés pour détruire la Terre par une association de philosophes et de psychiatres qui craignaient de perdre leur travail, une fois que tout le monde connaîtrait le sens de la vie).
Cependant la réponse sera finalement trouvée par Arthur Dent, le dernier humain à avoir quitté la Terre avant sa destruction, en l’extrayant de son subconscient en piochant au hasard des lettres de Scrabble. Il obtient ainsi la phrase « Quel est le produit de six par neuf ».
« Six fois neuf. Quarante-deux.
— C’est tout. Il n’y a rien d’autre. »
Bien sûr, 6 × 9 = 54, pas 42. Une interprétation possible serait que la Question ultime ne correspond pas à la Réponse simplement parce que l’Univers est absurde et irrationnel.
Un autre auteur, William Shakespeare fait dire à Macbeth (acte V, scène 5) : « La vie n’est qu’un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus; c’est une histoire dite par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et qui ne signifie rien… »
Mais dire que la vie n’a pas de sens c’est déjà lui donner un sens, un sens absurde et dérisoire, celui de s’agiter pour rien, tant qu’à s’agiter, qu’y a-t-il à perdre alors à chercher à s’agiter pour quelque chose ?
Une question individuelle ?
Pour que la vie ait un sens, il faut que l’homme bouge en quête de quelque chose. Il faut pour cela une incomplétude fondamentale, un besoin ou un désir qu’il cherche désespérément à combler. Sans mouvement, pas de vie. L’homme se construit alors sur ce besoin et façonne sa vision du monde en conséquence. La programmation neuro-linguistique appelle cela la carte du monde. Chacun se construit sa propre carte du monde à partir de son passé, sa culture, la société dans laquelle il vit etc. Il existe autant de cartes que d’individus alors qu’il n’y a bien sûr qu’un seul monde.
Au centre de cette carte chaque individu a sa propre « mission de vie », quelque chose qui l’oriente dans ses choix de façon consciente ou inconsciente. Par exemple pour une personne se pourrait être « comment aider les autres ? » et elle s’épanouira en faisant du bénévolat, pour une autre ce serait « Comment me faire reconnaitre et aimer par un nombre important de personnes ? » Et elle cherchera à devenir un people… Agir de façon a remplir cette mission de vie apporte satisfaction, ne pas pouvoir l’accomplir ou avoir un objectif de vie mal équilibré apporte la souffrance. La mission de vie étant au cœur de l’individu, il ne s’agit pas d’un choix conscient modifiable au gré de ses envies. Cependant, à l’aide d’outils de la programmation neuro-linguistique ou d’une profonde introspection, on peut réussir à modifier cela.
Le sens de la vie devient alors individuel. C’est ce qui fait la multiplicité de notre société, si chacun donnait le même sens à sa vie, le monde serait uniforme et sans doute bien triste. Cette vision du sens de la vie donne une liberté fondamentale et positive à l’être humain. Nous sommes libres de construire notre vie et de lui donner le sens qui nous correspond le mieux.
Individuel, peut-être, cependant il semble qu’au seuil de notre vie nous nous posions tous les mêmes questions. Elisabeth Kübler-Ross célèbre psychiatre américaine a consacré sa vie a étudier l’état d’esprit des mourants et de leur entourage. Vers la fin de leur vie, en regardant en arrière, c’est sur trois questions essentielles que les mourants jugent leur vie:
- Ai-je donné et reçu de l’amour ?
- Suis-je devenu tout ce que je pouvais être ?
- Ai-je laissé la planète un tout petit peu mieux ?
Ce qui donne du sens à la vie c’est donc de partager de l’amour, s’accomplir et laisser une empreinte positive sur le monde. Mais donner du sens à la vie est-ce la même chose que le sens de la vie ?
Car il arrive, parfois, un moment où le voile se lève et la personne réalise que le monde n’a que le sens qu’elle a choisi de lui donner. Face à ce constat effrayant, elle voit le monde comme absurde, fait face à une épouvantable perte de sens et une profonde crise existentielle.
Une question métaphysique ?
Pour beaucoup de religions notre incomplétude fondamentale est un malaise existentiel profond. L’origine de ce malaise est notre propre existence. Les bouddhistes l’appellent la souffrance omniprésente. Je pense que d’une certaine façon cela se rapproche du péché originel du christianisme. Par le simple fait d’être, nous portons en nous une horrible angoisse existentielle. Dans l’hypothèse religieuse, cette angoisse est issue de la séparation avec le divin, dans le bouddhisme, il s’agit juste de l’ignorance de notre véritable nature.
Peu importe la façon dont on cherchera à remplir notre vie, courir dans tous les sens pour assouvir nos désirs ne peut que nous apporter de l’insatisfaction car de nouveaux désirs surgissent aussitôt. Le sens de l’existence est alors de chercher à lever le voile de notre ignorance pour découvrir notre véritable nature. Cette révélation ne peut être atteinte par la logique mais uniquement lors d’une expérience d’illumination ou éveil aussi appelée extase mystique. Dans cet état le monde est perçu comme profondément parfait, il n’y a rien d’autre à accomplir qu’être.
La question « Quel est le sens de la vie? » se vide alors de son contenu. Il est impossible de lui donner une réponse car la réponse se situe au-delà des mots, dans une expérience au-delà de la logique et de l’explicable.
Une question qui est sa propre réponse ?
La vague New Age, tout en puisant dans les religions anciennes, offre une vision positive de notre état d’être humain. Notre soif de réponses pour ces questions apparemment insolubles serait la raison même de notre existence. Stanislav Grof a rassemblé dans son livre le Le Jeu Cosmique, les expériences en état non ordinaire de conscience qu’ont eu ses patients lors de séances de respiration holotropique. Le résultat est intriguant. L’univers n’existerait sous sa forme sujet-objet que nous lui connaissons que par envie de se découvrir lui-même. Et comme je suis bien incapable d’expliquer cela, je vais citer Grof:
« D’autres descriptions mettent l’accent sur le désir immense de l’Esprit universel de se connaître lui-même, de s’explorer et d’expérimenter son plein potentiel. Cela ne peut donc se réaliser qu’à travers l’extériorisation et la manifestation de ses possibilités latentes sous forme d’un acte créatif concret. Cela nécessite une polarisation entre sujet et objet, et la dichotomie entre observateur et observé. Ces notions rappellent la manière dont certains textes kabbalistiques expliquent la création. D’après ces écrits, il y eut autrefois un stade de non-existence, dans lequel « la Face divine ne pouvait se contempler elle-même ». La raison première de la création fut que « Dieu voulait voir Dieu ». De même, le grand mystique persan Djalal al-Din al-Rûmî écrivit : « J’étais un trésor caché, puis j’ai désiré être connu… J’ai créé tout l’univers, et le but de tout cela est la manifestation de ce que Je Suis… »
D’autres aspects importants du processus de création sont souvent mis en relief, tel le caractère ludique, la joie indicible et l’humour cosmique du Créateur. Les meilleures descriptions de ces aspects se trouvent dans les anciens textes hindous parlant de l’univers et de l’existence comme lîlâ, ou « jeu divin ». Dans cette perspective, la création est un jeu cosmique infiniment complexe créé par Brahma à partir de lui-même et en lui-même. Il est l’auteur qui conçut le jeu, aussi bien que le producteur, le directeur et tous les acteurs qui jouent les innombrables rôles possibles. »
Euh, le sens de la vie c’est de chercher le sens de la vie ? Il faut un but à notre quête spirituelle, mais le but c’est de parcourir le chemin de cette quête et non pas d’arriver au bout du chemin ? Le voyage est plus important que la destination ?
Une question sans réponse ?
Presque impossible de conclure sur un sujet pareil, mais je vais tenter. Pour moi, « le sens de la vie » est une question à laquelle il est impossible de donner une réponse, soit car on peut considérer la réponse comme devant être individuelle, soit car elle se trouve au-delà des concepts. De toute façon nous pouvons entendre mille réponses mais aucune ne nous satisfera tant qu’elle ne viendra pas d’une certitude intérieure. Il faut vivre, expérimenter, aimer, perdre, souffrir, affronter et accepter ses peurs pour donner un sens à la vie, un sens à sa vie.
Dans le rêve lucide que j’ai décrit au début de ce billet, au réveil, il me semblait évident que les deux sœurs représentaient deux parties de moi, l’une voulant comprendre, et l’autre pas. Et dans un éclair, je compris enfin ce que voulait me dire la première sœur en m’indiquant le robinet. En passant la main sous le robinet j’avais analysé l’eau, puisé dans mon esprit logique, réfléchi, alors que tout ce qu’elle voulait, c’était que je sente la chaleur de l’eau sur ma peau.
Juste vivre quoi.



13 janvier 2010: aucun commentaire posté à ce jour. Cela me paraît déjà en soi un commentaire lourd de sens.
Mais laissons la raillerie facile.
Fatigué, je réagis à chaud, quitte à revenir plus tard sur le site pour un commentaire plus élaboré.
D’abord, pour couper court à la réponse courante, qui se veut très sage (et prudente!),de l’existence « qui a le sens que chacun lui donne », on peut poser la question autrement: pourquoi existons-nous, que signifie cette réalité de notre existence? Pour rien, et cette réalité pourrait aussi bien ne pas être? Etrange hypothèse. Bien entendu je serais bien en peine de suggérer une réponse contraire qui préciserait un sens possible. Si on pouvait le faire, du reste, il y a longtemps que ce serait fait, je suppose, par un philosophe ou par un poète peut-être, progrès ou non des connaissances scientifiques, qui ne me semblent pas avoir vocation à traiter de ce sujet…
Pour chaque individu conscient, son existence équivaut à l’apparition du monde, le fait exister en somme.Schopenhauer, et aussi Schrödinger dans « L’esprit et la matière », l’ont déjà exposé bien mieux que je ne saurais le faire… Cependant il est tautologique de dire que ce monde existait avant nous, et qu’il existera après, bien qu’en un certain sens, ce ne soit justement pas le cas comme le souligne le dit Schrödinger dans son livre passionnant(qui n’a rien à voir avec ses recherches en physique quantique). Contradictions, ignorances à l’infini pour un pauvre cerveau humain…
Certaines conceptions orientales évoquées par l’auteur du site , reprises grosso modo par Stanislas Grof si j’ai bien compris, sont intéressantes tout en nous laissant un peu sur notre faim, car pour avoir « envie » de se révéler, de se découvrir lui-même, l’univers devait déjà être conscient et s’être découvert, sinon il serait resté à un stade d’inertie végétative et d’inconscience passive difficile à distinguer de la non-existence, un peu, pour terminer (provisoirement?) sur une note macabre, comme un être sombré dans un coma dépassé… ou n’ayant jamais existé!!
Et qu’en est-il du statut existentiel des végétaux, à propos, situés entre les animaux et les choses « inanimées »?
En attendant d’y revenir peut-être, je vais essayer de me plonger dans l’inconscience ou plutôt la solitude absolue du sommeil, mais non sans avoir remercié au préalable l’auteur de cette discussion!…
Publié par Oscar Sutter | 13 janvier 2010, 22 h 23 minMerci pour ce commentaire, toutes les critiques sont bonnes à prendre.
Mais bon, il s’agit d’un blog, cela veut dire que c’est mon avis et rien de plus.
Publié par attrape-songes | 13 janvier 2010, 23 h 48 min« Cependant il est tautologique de dire que… »: négligence coupable, il faut lire: « Cependant il est bien trivial de dire que… »
Je profite de ce petit ajout pour suggérer la prise en compte du problème du Mal: car n’étant personnellement convaincu par aucune croyance religieuse, je dois admettre que l’univers ressemble à une vaste machinerie conçue pour être la plus horrible et en tous points la pire possible, les petits plaisirs éphémères et la beauté n’existant que pour rendre par contraste l’horreur globale plus sensible; c’est pourquoi, si j’adhérais à une religion quelconque, ce serait plutôt au catharisme (qui avançait que c’était le principe du mal qui avait créé le monde matériel)qu’aux fadaises leibniziennes (vive la réponse de Voltaire dans « Candide »!!), visiblement adoptées uniquement par un besoin irrépressible de consolation chez la plupart des gens…
Et pour terminer cette fois encore par l’Orient, je note que le bouddhisme prône le « nirvana » c’est-à-dire si j’ai bien compris la cessation de la participation à l’être. Si telle est la sagesse à retenir (je sais que je caricature et peut-être déforme atrocement ces pensées que je ne connais que bien approximativement, et suis prêt à venir à résipiscence!!), on peut se demander si ça valait le coup pour l’univers de se montrer au lieu de rester honteusement caché dans le Néant du grand musée des horreurs potentielles…
Et je ne plaisante qu’à moitié…
Publié par Oscar Sutter | 13 janvier 2010, 23 h 51 minAh, au moment de fermer l’ordi et après seulement avoir envoyé le second, je m’aperçois que vous aviez déjà répondu à mon premier commentaire!!
Bien sûr que tous les avis en la matière ne peuvent être que subjectifs, et pour cause!
Je n’en trouve pas moins vos considérations très intéressantes, et j’y ai appris certains détails, notamment sur la théorie du « jeu cosmique », que j’ignorais jusqu’ici, le pourquoi, le sens d’une éventuelle « maya »(celle qu’évoque le brahmanisme) notamment m’apparaissent un peu moins nébuleux à présent…
Publié par Oscar Sutter | 14 janvier 2010, 0 h 04 minMerci d’avoir posté votre opinion, elle démontre bien qu’en prenant les mêmes suppositions de l’article, on peut arriver à une toute autre conclusion, voilà bien la preuve que le sens de la vie est une énigme qu’il appartient à chacun de résoudre.
C’est vrai que pour les bouddhistes la vie et le cycle infernal des réincarnations est une chose négative, la constante de la vie étant la souffrance, mais l’homme portant en lui la capacité de s’en libérer, par une quête intérieure, la compréhension permet de trouver une nouvelle façon de voir et vivre le monde.
Il m’est souvent arrivé d’avoir un certain pessimisme sur le sens de la vie. J’aurais aimé une réponse définitive, positive ou négative, ne serait ce que pour ne pas faire l’erreur de « remercier d’être en enfer ou maudire d’être au paradis ». A défaut de savoir, on ne peut alors que rester silencieux ou faire un choix. Après avoir eu une période très noire de perte de sens, j’ai décidé de faire un choix en supposant un sens positif à la vie, tant qu’à y être, autant en profiter. Je me souviens d’un très rare moment, ou sans raison particulière, j’ai été submergée pendant quelques minutes par la perfection du monde au point d’en pleurer de pure joie. Et à un autre moment l’absurdité du monde m’a profondément déprimée. J’en ai déduit qu’entre ces deux expériences, le monde n’avait pas changé, c’était juste moi et la façon dont j’avais choisi de le voir. Si j’ai le pouvoir de ce choix, alors chaque fois que je peux, je choisis l’expérience positive et de donner un sens au monde et à ma vie.
Publié par attrape-songes | 14 janvier 2010, 1 h 11 minJe respecte et sans ironie aucune j’admire votre choix, d’autant qu’il se passe d’affirmations dogmatiques, simplistes ou naïves, et qu’il reflète une capacité à sentir la poésie ineffable du monde, laquelle semble en contradiction avec sa hideur cruelle que j’avais évoquée plus haut, mais où n’y a-t-il pas un fourmillement de contradictions? Ce choix, surtout tel qu’il est formulé, implique aussi une grande tolérance. Puisse-t-il vous apporter la réalisation de vous-même.
Publié par Oscar Sutter | 14 janvier 2010, 18 h 18 minMerci pour votre réponse qui contient en elle-même une très grande tolérance et j’apprécie énormément la poésie et la passion avec laquelle vous écrivez.
Je vous souhaite donc de tout coeur de trouver la réalisation que vous recherchez, et peut être que finalement, tout au bout de la route, on se rendra compte que l’on est arrivé au même endroit mais par des chemins différents
Publié par attrape-songes | 15 janvier 2010, 0 h 07 minQui sait? Et la poésie également est peut-être un de ces chemins: ainsi les « Illuminations » de Rimbaud regorgent d’un onirisme souvent sublime, même si ce chercheur d’absolu toujours insatisfait a conclu que « la vraie vie est absente. »
Publié par Oscar Sutter | 15 janvier 2010, 19 h 36 minamen !
Publié par Anonyme | 9 juillet 2010, 13 h 05 minJe découvre seulement aujourd’hui ce bel article qui traite pour moi d’une question centrale, voire LA question.
Tout le monde ne se pose pourtant pas cette question, mais quant à moi, il m’est impossible d’avancer « dans » ma vie si je n’ai pas, sinon trouvé, du moins cherché chaque jour une réponse à cette question.
Cette question relie, à mon avis, philosophie, spiritualité et religion, et comme disait René Barjavel: « Si vous ne vous êtes jamais posé cette question, alors vous n’êtes qu’un os ».
J’aime bien ta conclusion sur l’interprétation que tu fais de ton rêve.
Je pense que toute question (et celle-ci en est l’exemple typique par excellence), n’induit pas forcément une réponse/conclusion unique (ou même pas forcément une réponse tout court), car bien sûr les réponses sont relatives à celui/ceux qui (se) la pose.
Sur ce sujet, mon point de vue rejoint un peu celui de la partie « une question qui est sa propre réponse », je crois: pour moi, la vie est son propre sens, mais a aussi le sens que nous lui donnons jour après jour: nous avons le pouvoir de la colorer/influencer/améliorer la nôtre, et même celles des autres!
Il est intéressant de constater aussi que notre point de vue sur cette question évolue en fonction de notre « avancement » dans notre propre vie.
Finalement, notre vie nous ressemble, reflète notre état d’esprit/d’être, et il n’y a pas forcément de distinction à faire: c’est une émanation de « Nous ».
Publié par Lao schin | 21 septembre 2010, 10 h 18 minJe voudrais répondre aussi à ton deuxième commentaire Attrape-songes, qui m’a particulièrement touché car j’ai vécu il y a quelque année une telle « crise existentielle profonde » (si profonde qu’une fois qu’on la surmontée, si on la surmonte, il est impossible de descendre plus bas… une « mort psychique » en quelque sorte).
Il est intéressant de voir que des épreuves similaires poussent à des intérêts et à des réflexions semblables.
Un jour, j’ai su que c’était terminé, et que désormais je ne pouvait qu’aller mieux (aux aléas près de la vie quotidienne / changements d’humeur maitrisables). Avoir cette connaissance/certitude procure une force incroyable, car on sait alors qu’il ne peut plus rien nous arriver de grave: même la mort peut être acceptée entièrement, une expérience de l’esprit, presque comme une autre, somme toute.
Le rêve lucide m’a depuis énormément aidé. C’est tout simple, mais il m’a redonné ma joie de vivre, et ma fait comprendre la relativité de notre existence et de ce que nous nommons la « réalité ».
Il m’a permit de lâcher prise, et de me « dé-tâcher » (un peu) de l’emprise de mon ego.
Enfin, comme le dit un de mes adages bouddhistes favoris: « Il faut avoir traverser les ténèbres pour connaître la lumière »
Publié par Lao schin | 21 septembre 2010, 10 h 32 minTrès bel adage bouddhiste
Ton témoignage m’a touché aussi Lao, c’est bien une mort psychique que j’ai ressentie aussi.
J’ai connu plusieurs bouddhistes, et apparemment l’expérience de traverser les ténèbres arrive tôt ou tard chez les personnes profondément engagées dans le développement spirituel. En s’engageant ainsi, on accepte d’affronter ses peurs les plus profondes et de remettre en cause son identité, on n’en ressort pas indemne. Si on sait en tirer tous les fruits, cette expérience est profondément transformatrice.
Publié par attrape-songes | 21 septembre 2010, 13 h 17 minJ’ai bien aimé ton article, personnellement je pense que l’on ne vit pas, mais que l’on survie. Toute notre vie est basé sur la survie quand on regarde bien. On a pas demandé à naître, on est arrivé comme ca, un jour, et là deux solution : soit on décide de mourir ou bien on reste là, et on survie. Que faites vous chaque jours ? Vous allez travailler, pourquoi faire ? Pour gagner de l’argent, de l’argent pour quoi ? Pour manger. Enfin le fait de devoir travailler a été crée par nous bien sûr, en créant une société on impose des modes de vie, mais toujours dans le même but, survivre. D’où la question à quoi sert la vie ? Je pense que la seule réponse possible est celle que chacun peut donner, de ce fait il n’y a pas UNE réponse mais bien UNE réponse par personne. Ceux ayant décidé de rester en vie se trouve un but suivant ce qu’ils aiment faire etc…Mais c’est uniquement pour caché leur ignorance sur la question, en realité on est tous affrayé de ne pas savoir pourquoi on est là, donc on se donne nos propre raison mais toujours dans le même but, survivre.
Publié par Ephiros | 28 juin 2011, 2 h 08 minVivre est dans la nature humaine, donc on ne se pose même pas la question. Il existe de nombreux pays où la situation est dramatique et on ne peut en effet que penser à la survie. Mais dans notre société occidentale, le mode survie est souvent dépassé et justement, on cherche non plus simplement comment survivre mais comment vivre au mieux, et là en effet, chacun est libre de sa réponse, n’est-ce pas le plus beau cadeau que d’être libre de répondre à cette question comme bon nous semble et en fonction de qui nous sommes vraiment ? Avoir dépassé le stade de la simple survie nous donne cette liberté
Publié par attrape-songes | 30 juin 2011, 21 h 55 min