09 Juin

Les Rêves et les moyens de les diriger de Hervey de Saint Denis 1/3

d_hervey_de_saint_denysHervey de Saint Denis (1822 – 1892) fut l’un des pionniers de l’onirologie. En 1867, il publia de manière anonyme « Les Rêves et les moyens de les diriger » dont sont issus les extraits ci-dessous. Dans cet ouvrage d’avant-garde sur le sujet, il proposait des techniques pour contrôler ses rêves, et il y décrit des rêves dans lesquels le rêveur a conscience de rêver.

Ce billet résume les aspects du livre liés à la tenue d’un journal des rêves, à la remémoration onirique et à l’origine des rêves.

Dès son enfance l’auteur commence à tenir un journal des rêves.

«J’employais donc ces instants de loisir d’une manière ou d’une autre. Tantôt je crayonnais, tantôt je coloriais ce que j’avais crayonné. L’idée me vint un jour (j’étais alors dans ma quatorzième année) de prendre pour sujet de mes croquis les souvenirs d’un rêve singulier qui m’avait vivement impressionné. Le résultat m’ayant paru divertissant, j’eus bientôt un album spécial, où la représentation de chaque scène et de chaque figure fut accompagnée d’une glose explicative, relatant soigneusement les circonstances qui avaient amené ou suivi l’apparition.»

Pour ne pas oublier ses rêves, il les note en pleine nuit, «… saisissant alors un crayon, toujours placé près de mon lit, je me hâtais d’en prendre note, presque à tâtons, les yeux demi-fermés, avant qu’il en fût de ces subtiles impressions comme des images fugitives de la chambre noire, si promptement évanouies devant le grand jour. »

Au début, il remarque des lacunes dans le déroulement de ses rêves ou des nuits où il ne se souvient de rien, ou bout du sixième mois cependant, sa mémoire onirique est parfaitement développée.

« Quant à présent, je me borne à signaler que six mois d’une attention suivie et d’un exercice journalier avaient suffi pour accoutumer mon esprit à conserver toujours, au moment du réveil, le souvenir des rêves de la nuit. Depuis cette époque, et pendant plus de vingt ans, il ne m’est pas arrivé une seule fois d’interroger ma mémoire au réveil, non seulement sans qu’elle ne me fournisse aussitôt la notion d’un songe, mais encore sans qu’elle ne m’en reproduise aussitôt toutes les circonstances principales. »

Tenir un journal des rêves est la seule méthode d’induction qu’il utilise, elle donne des résultats au bout de 7 mois.

« Le premier rêve où j’eus, en dormant, ce sentiment de ma situation réelle se place à la deux cent septième nuit de mon journal; le second, à la deux cent quatorzième. Six mois plus tard, le même fait se reproduit deux fois sur cinq nuits, en moyenne. Au bout d’un an, trois fois sur quatre. Après quinze mois, enfin, sa manifestation est presque quotidienne, et, depuis cette époque déjà si éloignée, je peux attester qu’il ne m’arrive guère de m’abandonner aux illusions d’un songe sans retrouver, du moins par intervalles, le sentiment de la réalité. »

Pour lui, toutes les images de nos rêves proviennent de nos clichés-souvenirs, la mémoire fonctionnant comme un appareil photo.

« La nature des clichés-souvenirs, dont notre mémoire s’approvisionne, exercera sur nos rêves une influence énorme. Les relations habituelles, le milieu dans lequel on vit, les spectacles de toute sorte auxquels on assiste, les peintures, les albums que l’on regarde, et jusqu’aux lectures que l’on fait sont autant d’occasions pour la mémoire de multiplier indéfiniment ses clichés-souvenirs. »

Ces clichés-souvenirs sont parfois tellement perdus au fond de notre mémoire que nous avons oublié jusqu’à leur existence, et nous sommes souvent stupéfait en rêve de la qualité du souvenir.

«Les arcanes de notre mémoire sont comme d’immenses souterrains où la lumière de l’esprit ne pénètre jamais mieux que lorsqu’elle a cessé de briller au-dehors. Que l’on ne s’étonne donc pas si l’on revoit en songe, avec une lucidité merveilleuse, des personnes mortes ou absentes depuis très longtemps, si l’on retrouve dans leurs moindres détails des lieux qu’on visita, des airs qu’on entendit, ou même des pages entières que l’on a lues plusieurs années auparavant.»

Nous recombinons alors lors de nos rêves ces différents clichés-souvenirs. Ils s’enchaînent en rêve par un jeu d’association d’idées liées aux pensées qui occupent l’esprit.

«La vision n’est donc que l’accessoire; le principal, c’est l’idée même. L’image du rêve est donc exactement à l’idée qui l’appelle ce que l’image de la lanterne magique est au verre éclairé qui la produit.»

En s’appuyant sur la mémoire, intervient également l’imagination.

«II faut donc accepter en principe, et cela sur la foi d’observations nombreuses, que l’imagination peut mettre en œuvre de telle sorte les matériaux fournis par la mémoire, qu’elle arrive à en former des images vraiment inédites dans leur ensemble, et telles que jamais rien de semblable n’ait frappé nos yeux en réalité. Mais, maintenant, où cette puissance créatrice s’arrêtera-t-elle? L’imagination pourra-t-elle sous l’influence du sommeil atteindre un degré d’exaltation égal dans son genre à celui dont fait preuve notre mémoire? Ces deux phénomènes psychologiques ne seraient-ils pas solidaires?»

Voilà donc pour l’auteur l’une des trois conditions essentielles indiquées pour arriver à se rendre maître des illusions de son sommeil: «Posséder en dormant la conscience de son sommeil, habitude qui s’acquiert assez promptement par le seul fait de tenir un journal de ses rêves».

La deuxième condition est décrite dans l’article suivant.

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2 commentaires sur “Les Rêves et les moyens de les diriger de Hervey de Saint Denis 1/3

  1. Il faudrait plus de détails sur le rêve et ce que vous ressentez durant ce rêve et ce qui s’y passe. Un rêve qui se répète cherche à faire passer un message. Je ne suis pas sûre de bien comprendre ce rêve, est-ce que votre fils meure dans le rêve ou vivez vous un deuil dans la réalité ?

  2. qUE SIGNIFIE :3 ARBRES ET DEVANT UNE BARRIERE BLANCHE AUX POINTES ACER2ES
    CE RËVE REVIENT SANS CESSE ET PUIS MON FILS EST MORT

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