15 Fév

Catégoriser les méthodes d’induction

Il existe un nombre impressionnant de méthodes d’induction. Certaines sont très connues car elles sont efficaces et pour le plus grand nombre, d’autres un peu moins car elles visent des catégories plus spécifiques d’onironautes. Face à cette constellation de méthodes, tout rêveur lucide trouvera forcément la bonne méthode pour lui.

Prenez cet univers de méthodes d’induction, un dimanche pluvieux, un programme télévision plein de rediffusions, et l’esprit s’égare quelques minutes vers l’idée absurde de regrouper les méthodes d’induction en catégories.

Après avoir trituré le système dans tous les sens, j’en ai extrait les 6 catégories suivantes.

Perturber ses habitudes de sommeil

Interruption de sommeil, privation de sommeil ou au contraire prolongation de sommeil, bidouiller ces cycles de sommeil est une méthode particulièrement efficace d’induire la lucidité.

Du côté des interruptions du sommeil, il y a tout d’abord le WBTB (Wake Back To Bed), une interruption nocturne du sommeil avant d’aller se recoucher, c’est très certainement la plus connue mais ce n’est pas la seule. Le yoga du rêve par exemple préconise un réveil toutes les deux heures. La méthode de Maintien dans l’Univers Onirique commence par un bref réveil auto-programmée et sa variante proche le CANWILD (Custom Alarm Noise Wake-initiated Lucid Dream) utilise une alarme. Il y aussi le BSIFA de Nikost et Roldorn (Back to Sleep Initiated Fake Awake). Et il en existe certainement d’autres. Il est possible de jouer avec de nombreux paramètres à la recherche d’une méthode d’induction efficace pour soi-même: longueur de l’interruption du sommeil, nombres d’interruption, moment de l’interruption, méthode pour se réveiller, activité durant l’interruption, activité au moment de l’endormissement…

La privation de sommeil est un groupe plus délicat de méthodes. Je ne la mentionne que parce que certaines personnes ont signalé en avoir fait les frais, surtout des adolescents, prompts à vivre des nuits blanches, et qui la nuit suivante enchainent cauchemars lucides et paralysies du sommeil, cela a sans doute à voir avec le rebond REM. Moins dangereuse mais quand même légèrement cruelle à mon goût, la méthode CAT (Cycle Adjustment Technique) fonctionne également par privation du sommeil par petits bouts de 90 minutes. A considérer: les recherches scientifiques tendent à prouver que l’on ne récupère jamais vraiment le temps de sommeil perdu…

Heureusement il existe aussi des méthodes liées à la prolongation du sommeil. Ceux qui sont restés sous les draps au chaud le WE à faire l’aller retour sommeil-éveil, alors qu’ils ne sont pourtant plus fatigués, savent que ces heures sont aussi propices aux rêves lucides. Merci à Lao d’avoir prouvé cela en inventant la NoWaTILD (No Wake up Till Lucid Dream). On peut également ajouter ici les bienfaits de la sieste, riche en rêves et souvent propice aux rêves lucides.

Enfin, il existe une dernière sous-catégorie, celle visant à perturber son lieu de sommeil. Dormir hors de chez soi semble favoriser la lucidité (parce qu’on est moins à l’aise, plus vigilant pour des perturbations extérieurs ?). Il me semble aussi avoir vu quelque part une personne mentionnant dormir à l’envers dans son lit, la tête à la place où sont habituellement ses pieds, les nuits où elle veut induire la lucidité. Ce changement d’orientation perturbant ses habitudes il lui est alors plus facile d’induire un rêve lucide.

Apport extérieur

Un groupe de méthodes utilise un apport extérieur pour modifier la physiologie du corps. Il y a par exemple l’apport alimentaire, on est ce que l’on mange, déjà abordé dans la série sur les aliments lucidogènes. On peut aussi indiquer dans cette catégorie l’utilisation des huiles essentielles, ou de choses plus bizarres et incompréhensibles pour moi comme les cristaux. Eh, je n’ai pas dit que les techniques mentionnées dans cet article marchent, je fais juste la liste de ce qui existe.

Obtenir la collaboration de son inconscient

Tout un lot de techniques vise à programmer son inconscient pour reconnaître ou en tout cas questionner, la réalité du monde onirique. Cela peut se faire par auto-hypnose (HILD-Hypnosis Induced Lucid Dream), par autosuggestion, par récompenses, par menaces, par croyance…

On trouve ainsi par exemple les tests de réalité, MILD, BILD, CDILD, EILD, LILD, TILD… (je reprends mon souffle deux secondes) … PILD, RILD, SILD, VILD, VWILD … Par pure flemme, je laisse les acronymes, tout est détaillé du côté de l’abécédild.

Trouver un moyen de communiquer avec son inconscient pour obtenir sa collaboration est la quête du Saint Graal de l’onironaute. Aucune garantie que ça marche, mais quand ça marche… cela donne une impression unique, et aussi la sensation d’avoir un peu mieux compris les mystères de notre intériorité. Cela ouvre d’autres portes aussi, car l’inconscient n’est pas là que la nuit, mais dans notre vie de tous les jours, mais bon, c’est un autre sujet…

Il existe autant de types d’inconscient que de personnes et donc potentiellement autant de méthodes d’induction. A chacun d’utiliser les spécificités de son inconscient pour trouver la meilleure façon d’obtenir sa collaboration.

Tromper le mécanisme d’endormissement

Un moment clé pour l’onironaute est celui de l’endormissement. C’est celui où la conscience peut laisser comme une graine ses dernières instructions à l’inconscient avant de le laisser prendre le relais, c’est un moment propice pour l’autosuggestion.

L’endormissement est un mécanisme complexe impliquant des changements dans le corps et dans l’esprit. Chacun s’échange des signaux pour signaler à l’autre qu’il est prêt à s’endormir. Lorsque quelque chose fonctionne de travers dans cet échange, cela peut produire des paralysies du sommeil, de l’insomnie ou tout autre trouble de l’endormissement.

Les onironautes ont découvert qu’à cet instant crucial de l’endormissement, en bidouillant ces signaux, ils peuvent signaler à leur corps de s’endormir alors que l’esprit, ou tout au moins une étincelle de conscience, reste présente, permettant ainsi de produire un WILD (Wake Initiated Lucid Dream).

D’un côté il y a ceux qui cherchent à produire une paralysie du sommeil volontaire. Attention, la paralysie du sommeil est un trouble du sommeil, ce n’est pas à mon avis, une bonne méthode pour produire des rêves lucides. Ceux qui souffrent de paralysies du sommeil involontaires peuvent apprendre à s’en servir, mais ceux qui n’en ont pas devraient éviter d’entrer sur ce territoire.

De l’autre il y a ceux qui travaillent sur le fait de préserver une étincelle de conscience, cela peut produire par accident une paralysie du sommeil, mais ce n’est pas nécessaire pour que la méthode fonctionne. Pour cela, il existe de nombreuses méthodes : soit réduire la phase d’endormissement à quelques secondes (MUO), soit se concentrer sur un son (de la musique dans le MWILD, ou le son musical des accouphènes…), ou sur une action physique (FILD, bouger légèrement un doigt), une visualisation (phosphènes, VGILD…), une activité mentale (CWILD – compter, PWILD – poème …), une sensation (la respiration…) etc.

S’entraîner à un autre état de conscience

Il vous est sûrement déjà arrivé de prendre le métro/vélo/voiture pour rentrer chez vous, et de soudainement vous retrouver devant chez vous sans vraiment vous souvenir des dix dernières minutes. A l’inverse, il vous est aussi probablement arrivé de vous trouver en train de faire un jeu vidéo, du sport, un dessin, de l’écriture, en étant tellement absorbé par votre tâche que le temps ne semble plus exister (considéré comme l’expérience optimale). Et enfin, dans la salle d’attente d’un médecin, chaque seconde semble mettre une éternnnnnité à s’écouler. Ces quelques exemples suffisent à prouver que l’état de conscience peut être très fluctuant au cours de la journée. Il existe de nombreux états de conscience, et certains comme la méditation ou les jeux vidéos semblent favoriser un état de conscience particulier qui lorsqu’il devient une seconde nature, retrouvé la nuit, favorise la lucidité. A la façon de Tenzin Wangyal Rinpoche une modification de notre façon de voir le monde le jour transparaîtra forcément tôt ou tard dans notre façon d’être la nuit.

J’ai hésité à mettre la LDD de Tim Post dans cette catégorie, le réflexe de reconnaitre une rêverie éveillée comme telle tient-il d’un signal du conscient ou de l’inconscient ? En tout cas puisque Tim Post rapproche sa méthode de celle de Tenzin Wangyal, je la mets donc aussi dans cette catégorie.

Spirituel/Energétique

J’ai hésité à mettre cette catégorie, mais il faut reconnaitre que je n’arrivais pas trop à caser ces méthodes d’induction dans les autres catégories. J’ai surtout créé cette catégorie pour le yoga du rêve. Le yoga du rêve joue dans plusieurs des catégories de cet article, il utilise l’interruption du sommeil, il cherche à bidouiller le mécanisme d’endormissement en se concentrant sur … et c’est là le problème, l’objet de la concentration est un chakra. Vu l’expérience millénaire des bouddhistes sur des mystères qui m’échappent, j’ai tendance à croire qu’ils savent quelque chose que j’ignore, j’ouvre donc cette catégorie.

Le yoga du rêve a à mon avis inspiré d’autres méthodes comme par exemple la méthode Sun eye. A voir aussi les méthodes énergétiques AstralDynamics de Bruce.

Bien sûr, de nombreuses méthodes d’induction entrent dans plusieurs catégories à la fois, ainsi on trouve souvent des méthodes d’induction combinant une perturbation du cycle du sommeil à la programmation de son inconscient, formant un couplage en général très efficace.

Et voilà, que pensez-vous de cette classification ? En proposeriez-vous une autre ?

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3 commentaires sur “Catégoriser les méthodes d’induction

  1. Pour que les appareils (tu penses à novadreamer ?) fonctionnent il faut programmer l’inconscient pour qu’il reconnaisse les signaux, donc pour moi ça fait partie de la catégorie “Obtenir la collaboration de son inconscient”, c’est la méthode EILD.
    La musique binaurale est aussi pour moi une forme d’interaction, programmation de l’inconscient, ou alors elle fait partie de la catégorie S’entraîner à un autre état de conscience, je ne suis pas trop sûre.

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