Rêve

Six questions du matin pour les rêveurs

Réveil du matin… la nuit de sommeil a été soit trop courte (et oh, désespoir, il faut se lever), soit longue et reposante (il n’y a rien de mieux qu’une grasse matinée, sauf le chocolat peut être). Le rêveur se fera un devoir de prendre quelques minutes de plus sous la couette pour essayer de se souvenir, les yeux fermés, de ses aventures oniriques. Puis il bondit pour commencer sa journée. Stop rêveur, je te propose de prolonger encore d’une ou deux minutes ce petit moment sous la couette pour te poser les quelques questions ci-dessous. Cette petit routine additionnelle aidera à garder un meilleur souvenir de ses rêves sur le long terme, à mieux les interpréter, et à augmenter la fréquence de ses rêves lucides naturels.

Ai-je fait un rêve lucide cette nuit ?

C’est la toute première question à se poser. Qu’il y a-t-il de meilleur pour faire comprendre à notre inconscient l’importance cruciale qu’ont les rêves lucides pour nous que de se poser cette question à peine réveillé ?

Pour beaucoup cette question peut sembler totalement inutile, un rêve lucide est exceptionnel, est-ce possible d’en oublier un ? Et pourtant il suffira d’une fois cependant, en pleine journée, alors que vous êtes en train de faire la vaisselle (si si, j’y crois), ou autre, pour que soudainement dans un flash, vous vous souveniez, « mais ça alors, j’ai fait un rêve lucide cette nuit, comment est-ce que j’ai pu oublier ça ? ». Eh oui, il est étonnement facile d’oublier un rêve lucide, surtout lorsqu’on n’a utilisé aucune méthode d’induction et que l’on ne s’est pas du tout couché avec l’intention d’en avoir un. Ils sont noyés au milieu de rêves normaux et ils sont parfois très courts. Et en semaine, avec des nuits trop courtes, lorsque nous sommes envahis dès le réveil par les préoccupations de la journée et le stress de se préparer pour aller travailler, la remémoration onirique devient très fragile. Avouons le, dans ces conditions, parfois, on n’a d’ailleurs ni le temps, ni l’envie, de noter ses rêves, voire même de faire l’effort de s’en souvenir. Dans ce cas, si il ne fallait garder qu’une seule question, qu’un seul réflexe au matin, ce serait celle-là. Ai-je fait un rêve lucide cette nuit ?

De quelle image je veux me souvenir ?

Je ne suis pas douée pour le dessin, et parfois je le regrette vraiment vraiment vraiment, surtout lorsque je rêve de magnifiques villes ou paysages. C’est partir en voyage sans appareil photo, la mémoire devient notre seule outil pour revisiter ces lieux magiques. Noter un rêve dans le journal des rêves aidera, un peu, à s’en souvenir, mais une image ne vaut-elle pas un million de mots ? Et qu’il y a-t-il de plus frustrant que de lire des années plus tard: « Et je me trouve devant un magnifique paysage de montagnes enneigées, c’est d’une telle beauté que je suis très émue. » Ça ne vous donne pas envie d’envoyer valdinguer votre journal des rêves à l’autre bout de la pièce ?
Il est pourtant facile d’y remédier. Prenez quelques secondes le matin pour vous souvenir de l’image la plus marquante et la plus belle de votre rêve. Visualisez-là avec tous vos sens, vue, sons, odeurs… Et repensez à l’émotion ressentie à cet instant. La mémoire fonctionne infiniment mieux pour stocker une donnée si elle associée à une émotion intense et vécue par tous nos sens. Puis comme une photo, stockez là dans votre album onirique mental. A force de répéter ce rituel, l’inconscient comprendra que ces images sont importantes et il deviendra de plus en plus facile de vous remémorer des images oniriques provenant de rêves même vieux de plusieurs années.

Ai-je déjà rêvé de ce lieu ?

La cartographie onirique est un vaste domaine. L’un de ses grands avantages est de pouvoir connecter les rêves entre eux. En associant tous les rêves se déroulant dans un même lieu, il devient plus facile de se souvenir de rêves, même très anciens, se déroulant au même endroit. Également, en se familiarisant avec sa « géographie mentale » il est plus facile de reconnaître un lieu comme étant onirique au moment même où on s’y trouve et de devenir lucide. Et puis il y a un côté fascinant dans la cartographie onirique, permettant de comparer le rêveur à un voyageur qui chaque nuit part visiter des contrées mystérieuses, n’est ce pas son devoir d’en faire la cartographie ?

Comment résumer le rêve ?

Il ne s’agit pas ici du récit à faire dans le journal des rêves qui doit être aussi détaillé que possible. Avec cette question, on entre dans le domaine de l’interprétation. Il s’agit d’une des étapes de la méthode à 5 étoiles de G. Scott Sparrow. Le résumé doit tenir en une seule phrase. Par exemple « Quelqu’un essaie de s’enfuir de quelque chose, et peut importe ce qu’elle essaie, elle n’y réussit pas jusqu’à ce qu’elle obtienne l’aide de quelqu’un ». Il faut se limiter à ce qui est observable, indiquer l’action et non le contenu statique, éviter de mentionner des détails spécifiques (lieux, noms, couleurs etc), en bref être aussi synthétique que possible.

Il s’agit en fait d’un processus narratif qu’utilise également les écrivains et qui peut permettre de résumer tout un livre en une seule phrase (à voir l’excellente explication de Jim Butcher, Dresden is the best !). Ce résumé vous facilitera grandement l’interprétation de vos rêves.

Quelles étaient mes réactions ?

Lorsque l’on raconte un récit dans son journal des rêves, on oublie souvent de mentionner ses réactions. Or tout onironaute qui a goûté l’expérience du rêve lucide a pu voir directement que le rêve réagit en permanence à vos attentes et à vos émotions. Vous voyez une personne menaçante dans l’ombre d’une rue, si vous êtes effrayé le personnage qui sortira de l’ombre se précipitera vers vous avec un couteau. A l’inverse, si vous prenez un instant pour vous convaincre qu’il s’agit d’un ami, l’effet d’attente suffira à transformer le rêve et un visage amical sortira de l’ombre. Le rêve est une boucle permanente de rétroaction qui se nourrit des réactions du rêveur. Noter ses suppositions, pensées, croyances, réactions, émotions est la clé de l’interprétation des rêves dans la méthode 5 étoiles de G. Scott Sparrow. Ainsi si vous rêvez d’un serpent, le rêve pourra avoir une multitude d’interprétations différentes selon que vous êtes effrayés, fascinés, intrigués, amusés, troublés ou émerveillés devant ce serpent.

Pourquoi n’ai-je pas vu que c’était un rêve ?

La première question du matin concernait la lucidité, la dernière question aussi. Voilà une excellente façon de faire comprendre à votre inconscient l’importance de la lucidité pour vous. Exercez votre esprit critique pour observer votre rêve, noter les absurdités qui auraient dû vous faire douter. Entrainez cette faculté critique et elle restera avec vous pendant la nuit et vous aidera à devenir plus souvent lucide.

Discussion

2 Réponses pour “Six questions du matin pour les rêveurs”

  1. Bonjour

    Excellente idée ces 6 questions, je vais essayer de le mettre en application dès cette nuit.

    Cordialement.

    Publié par val | 26 janvier 2011, 20 h 30 min
  2. Merci, n’hésite pas à partager le résultat :-)

    Publié par attrape-songes | 28 janvier 2011, 21 h 26 min

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