10 Juin

Le rêve lucide par Alexandre Quaranta

Pratique magique et espace d’éveil à pure conscience

Comprendre le phénomène, ses enjeux, ses possibilités.

Par Alexandre QUARANTA

Docteur en Philosophie

Livre d’Alexandre Quaranta:

Rêver pour S’éveiller – Manuel pour l’exploration paradoxale du rêve lucide
Prochains Ateliers le 6 et 7 mars 2010 à Grasse

Sites Internet :

www.inrees.com

www.iamdreaming.com

« Un langage clair suppose trois conditions : un parleur sachant ce qu’il veut dire, un auditeur à l’état de veille, et une langue qui leur soit commune. Mail il ne suffit pas qu’un langage soit clair, comme une proposition algébrique est claire. Il faut encore qu’il ait un contenu réel, et non seulement possible. Pour cela, il faut, comme quatrième élément, entre les interlocuteurs, une expérience commune de la chose dont il est parlé. Cette expérience commune est la réserve d’or qui confère une valeur d’échange à cette monnaie que sont les mots ; sans cette réserve d’expériences communes, toutes nos paroles sont des chèques sans provision ». René Daumal, La grande beuverie, Paris, Gallimard, coll. « L’imaginaire », 1986, p.9.

Mots clés :

Cycle veille sommeil rêve, rêve lucide, faux-éveil, conscience de soi, conscience réflexive, archétype, synchronicité, inconscient personnel et transpersonnel, chamanisme, rêve érotique, rêve de vol, cauchemar, volonté, imagination, empathie, intuition, extase, paradoxe, expérience libératrice, éveil à la pure conscience de soi….

Résumé :

Le rêve lucide est une possibilité fabuleuse de la conscience humaine, connue et exploitée dans certaines traditions spirituelles, attestée par des recherches scientifiques contemporaines, susceptible de très nombreuses applications créatives et thérapeutiques, et surtout apte à rendre vivante et joyeuse chez un individu toutes les grandes questions et tous les émerveillements libérateurs de la vie de l’esprit.

Prélude 

Veiller, dormir, Rêver : QUI conjugue ?

 

 

 

«Je dois confesser que pendant longtemps je n’ai  pas cru à l’existence de ces rêves lucides. Cependant, depuis trois ans, à quatre reprises, j’ai pu constater l’extraordinaire expérience subjective que représente le déroulement de l’imagerie onirique à laquelle on assiste en étant parfaitement conscient qu’il s’agit d’un rêve.[…]. L’interprétation en termes neurologiques nous échappe. »

Le sommeil et le rêve, Paris,

Ed. Odile Jacob, 1992.

« Celui qui méditera sur l’énergie du souffle, grasse et très faible dans le sommet du cerveau, et qui sur le point de s’endormir pénétra dans son propre cœur, obtiendra par ce moyen le libre pouvoir sur les rêves ».
Vijñana-Bhairava Tantra

En tant qu’être humain doué de conscience nous faisons l’expérience – que nous le voulions ou non ni change rien – d’un cycle fondamental alternant trois états très spécifiques : le cycle Veille-Sommeil-Rêve. Ce cycle fondamental qui est le socle sur lequel se manifeste l’immense variété des autres états de conscience qu’il peut nous être donné de vivre nous donne généralement l’impression de ne pas vraiment offrir matière à nous étonner. Pourtant, son existence même est loin d’aller de soi, et dans la perspective qui est la notre ici, à savoir la compréhension de tous les aspects ce que l’on à coutume d’appeler aujourd’hui le rêve lucide, il convient de faire avec intensité et clarté le simple constat de l’existence de cycle. Dans notre vie terrestre  nous faisons l’expérience de l’état de veille dans lequel nous disposons d’un corps auquel généralement nous nous identifions et nous réduisons. Lorsque nous vivons l’expérience de l’état de veille, le besoin de dormir, de satisfaire le besoin de dormir, un besoin de sommeil profond dont le noyau est incompressible. Dans cet état de conscience qu’est le sommeil profond, nous expérimentons ce qui nous apparaît comme une « extinction » de toute forme d’activité, et c’est cette extinction  qui nous donne la saveur très spécifique et unifiante d’un « il n’a a rien ni personne » qui caractérise le sommeil profond sans rêve. Et puis il y a l’état de rêve, autres corps, autres espaces-temps…

Nous ne voulons pas entrer ici dans le détail et les nuances concernant la très savantes (et tout autant ignorante plus elle progresse) psychophysiologie du sommeil, pas plus que dans la description des étrangetés subjectives dans les transitions et les intervalles qui séparent ces états. Nous voulons simplement amener le lecteur à enfoncer joyeusement une porte ouverte avec la constatation d’une évidence : celle du cycle veille sommeil rêve. Et dans la foulée l’encourager à une investigation sur une conscience d’arrière-plan, un écran, sur lequel défilerait ce film cyclique, multicolore, à trois temps[1]…Une conscience témoin qui serait témoin – aux premières loges – de cette alternance cyclique d’états…Mais où donc ce cache ce témoin…et en quoi le rêve lucide nous conduirait-il à la prise de conscience de ce témoin que nous serions dans le tréfond de notre intériorité ? Mais n’anticipons pas plus sur notre propos, place au rêve…

1 – Quelques exemples…

Il serait fort intéressant de compiler dans un livre les témoignages de rêve lucides comme on peut collectionner les insectes étranges, mais ce n’est bien sûr pas possible ici. Nous nous contenterons donc de quelques exemples qui sont donc infiniment loin de contenir la diversité de contenu possible de telles expériences, mais qui, dans le récit, explicite clairement la caractéristique centrale de l’expérience à savoir, la prise de conscience – au sein même du rêve – d’être en train de rêver.

Dans le premier témoignage ci-dessous, qui est le récit d’une première expérience fruit d’une pratique et d’une intention, il est intéressant de noter que l’auteur insiste sur l’aspect jubilatoire de la lucidité elle-même, indépendamment du contenu.

« Je me tenais dans un champ, à l’air libre, lorsque ma femme pointa dans la direction du coucher de soleil. Je pensais, « comme c’est bizarre; je n’ai jamais vu des couleurs pareilles. ». Soudain je réalisais « Je dois être en train de rêver ! ». Jamais je n’ai expérimenté une telle clarté de perception, les couleurs étaient si belles et le sentiment de liberté si enivrant que je me mis à courir à travers ce magnifique champ de blé aux couleurs d’or, agitant mes mains en l’air et criant de toutes mes forces, « Je rêve ! Je rêve ! ». Soudain, je commençais à perdre le rêve; cela devait être du à mon excitation incontrôlée. Je me réveillais immédiatement. Je réalisais ce qui venais juste de se produire et je réveillais ma femme en lui disant « J’y suis arrivé ! J’y suis arrivé ! ». J’étais conscient dans l’état de rêve et plus rien ne sera comme avant. Amusant n’est ce pas ? Comment le fait de goûter au rêve lucide peut-il affecter quelqu’un de cette manière. Je pense que c’est lié au sentiment de liberté que l’on éprouve; nous prenons conscience que nous avons vraiment le contrôle de notre univers ». (D.W., Elk River, Minnesota)[2]

Dans ce deuxième témoignage, un autre aspect est évoqué à savoir l’aspect que l’on peut qualifier « d’énergétique » du rêve lucide à défaut de meilleur terme. Cet aspect est également évoqué en d’autres termes dans le troisième témoignage.

« Le rêve durait déjà depuis un certain temps avec plusieurs événements et soudain je vois ma main droite. Je la regarde de près et très attentivement. Je me dis que si je peux voir ainsi ma main dans mon rêve, cela pourrait devenir un rêve lucide. Je vois maintenant mes deux mains et je dis plusieurs fois à voix haute : « JE VOIS MES MAINS DANS MON RÊVE ; JE SAIS QUE JE SUIS EN TRAIN DE RÊVER ». Je ressens ce changement énergétique familier si caractéristique de l’émergence de la lucidité. Je suis dans un état de conscience différent et je ressens ma tête comme très légère et très claire. Puis, mes mains rétrécissent progressivement jusqu’à ressembler, en taille et en forme de celle de mon fils lorsqu’il avait quatre ans. Elles sont petites, potelées, comme les mains d’un bébé. Je prends conscience qu’il y a quelque chose de base, de très élémentaire concernant le rêve lucide que j’ai besoin de réapprendre. Je me dis que je vais retourner au début pour tout réapprendre de zéro. Je me réveille partagé entre différents sentiments, et je me demande qu’elle est la leçon de se rêve »[3].

« Je suis dans une grande pièce un peu sombre face à un grand miroir. Je vois mon corps dans miroir et je m’approche en marchant lentement. Je ressens une sensation étrange à mi-chemin entre une légère ivresse et un engourdissement comparable à celui qui suit une légère électrocution. Je continue à marcher vers le miroir avec un léger vertige. Soudain, je prends conscience que je suis en train de rêver et toute l’expérience du rêve s’intensifie, l’atmosphère devient « dramatique », je ressens un surcroît d’énergie et une grande clarté mentale. Je suis conscient d’être en train de rêver et cela me stupéfie un peu tant tout mon environnement est « réaliste ». Je continue à approcher du miroir jusqu’à presque le coller avec mon nez. Je regarde l’œil droit qui est censé être le mien. L’atmosphère est dense, intense, silencieuse. Je m’approche encore non plus physiquement, mais un par une sorte d’effet de zoom et je vois ma pupille toute noire en gros plan. Légère pause, puis soudain, je suis comme aspiré et « je » plonge dans cette pupille.  Je ressens une sorte d’orgasme, une volupté énergétique difficile à localiser, difficile à décrire ; le contenu visuel du rêve est dissous. Aussitôt, je ressens et entends une vibration à la limite du supportable, aussi agréable qu’un réacteur d’avion dans l’oreille. Je fais l’expérience d’être cette vibration toujours sans aucun contenu visuel et j’ai l’impression de me « redensifier » très rapidement même si c’est progressivement, et je me réveille sur le dos les yeux grands ouverts. Une joie inexplicable et une légère ivresse s’installent plusieurs jours. Ce matin-là, je vais au travail (j’étais surveillant de collège à l’époque) avec l’impression d’un recul supplémentaire sur « le monde ». J’ai l’impression très nette d’être passé d’un rêve à un autre, et je commence à prendre goût à cette exploration du rêve lucide à laquelle je sens que je resterais fidèle. »[4]

Les deux derniers exemples que nous avons sélectionnés à titre d’introduction mettent en avant les possibilités qu’offre le rêve lucide d’avoir un impact significatif et positif sur des aspects que nous pourrions qualifier de pragmatique, à savoir ici des enjeux d’apprentissage et de performance, et des aspects d’autoguérison. Ce type de témoignages abondent dans la littérature spécialisée ou dans les témoignages sauvages occasionnels.

« J’étudie pour devenir un musicien professionnel, et j’avais besoin de me libérer de ma peur de jouer face à une audience. A plusieurs occasions je me plaçais dans un état de relaxation profonde juste avant de m’endormir. Je me concentrais alors sur mon désir de faire un rêve dans lequel je jouais face à un large public en étant parfaitement à l’aise. A la troisième nuit, je fis un rêve lucide dans lequel je jouais un récital solo sans accompagnement.. Je ne ressentais aucune anxiété vis à vis de l’audience et chaque note que je jouais me faisais sentir de plus en plus confiant. Je jouais parfaitement un morceau que je n’avais entendu qu’une seule fois auparavant (et que je n’avais jamais essayé de jouer) et les applaudissements que je reçus augmentèrent encore ma confiance. Lorsque je me réveillais, je pris note du rêve et du morceau que je venais de jouer. Quand je pratiquais le lendemain, je lisais couramment la partition et la jouait presque parfaitement. Deux semaines plus tard (et après quelque rêves lucides supplémentaires), je jouais la cinquième symphonie de Shostakovich’s avec orchestre. Pour la première fois, ma nervosité n’a pas perturbé ma performance et tout s’est très bien passé »[5].

« L’année dernière, je me suis foulé sévèrement la cheville. Elle était très enflammée et la marche était difficile. Dans un rêve, je me souviens que j’étais en train de courir et soudain j’ai pris conscience qu’avec le problème que j’avais à la cheville je ne pouvais pas courir comme cela et que donc je devais être en train de rêver. A ce moment le rêve a commencé à se dissoudre et la douleur à la cheville à apparaître, mais j’ai eu le temps de mettre ma main onirique sur ma cheville onirique ce qui m’a fait  trébucher dans le rêve. Alors que je tenais ma cheville avec ma main j’ai ressenti une vibration similaire à de l’électricité. Etonné, je décidais de faire apparaître des éclairs autour de moi dans mon rêve. C’est tout ce dont je me souviens de ce rêve, mais lorsque je me suis réveillé  sans douleur à la cheville en pouvant marcher très confortablement. »[6]

2 – Définition de l’expérience. Caractéristique.

Nous allons tenter dans les limites de ce paragraphe de décrire les caractéristiques les plus fondamentales de l’expérience dite du rêve lucide.

Pour beaucoup d’auteurs définir la lucidité onirique comme le fait de rêver tout en sachant que l’on rêve est suffisant. Mais sans rentrer dans des considérations philosophiques qui n’ont pas leur place directement ici, cette simple définition est insuffisante car elle ne rend pas compte de différences entre certains rêves lucides, ainsi Paul Tholey un psychologue universitaire allemand qui a dévoué sa carrière en grande partie à la recherche sur le rêve lucide  écrit :

« Au cours de mes expériences, il me vint à l’idée que l’on pouvait raisonnablement définir sept aspects différents de la lucidité (clarté, précision, netteté de la conscience). (1) – Conscience claire du fait que nous sommes en train de rêver. (2) – Conscience claire relative à notre capacité de décider, dans le rêve, que nous allons agir de telle ou telle manière. (3) – Conscience claire relative au souvenir de notre vie de veille, et tout particulièrement quand il s’agit de se rappeler ce qu’on avait l’intention de rechercher dans le rêve. (4) – Clarté du souvenir que nous avons du rêve à l’état de veille (c’est le seul aspect qui ne fasse pas partie du rêve lui-même). (5) – Clarté de la conscience, par opposition à une conscience troublée. (6) – Clarté de la perception (toutes nos perceptions de rêve seront claires, qu’il s’agisse de la vue, du toucher, de l’odorat, du goût). (7) – Reconnaissance claire de ce que le rêve symbolise »[7]

Dans une autre étude[8] menée par un psychologue américain, il était demandé à un ensemble de rêveur lucides d’évaluer avec le recul leur lucidité en déterminant leur degré de clarté mentale concernant 4 points : 1/ les personnages rencontrés sont des personnages oniriques 2/ les objets manipulés ne sont pas réels c’est-à-dire que les actions entreprises avec ou sur eux n’auront pas de continuité au réveil 3/ L’absence de nécessité de devoir obéir aux lois de la physique pour atteindre un but (par ex. se rendre à tel ou tel endroit) 4/la continuité et la clarté avec la mémoire fonctionnelle de l’état de veille est en place. Cette étude tend à montrer que même si les rêveurs sont conscient de rêver, ils peuvent fonctionner avec des comportements qui indiquent clairement qu’il ne tirent de toute évidence pas toutes les conclusions du fait qu’il sont en train de rêver et qu’il existe d’une certaine manière des degrés dans la lucidité.

L’expression  « rêve lucide » en tant que telle est relativement récente, et son usage pour désigner un état de conscience très précis s’est développée au fil des récentes décennies – surtout depuis les années 1970 – même s’il reste inconnu pour  beaucoup de professionnels de la santé mentale. On la doit à un psychiatre Hollandais, et on trouve la trace de sa première occurrence dans un article qu’il publia à la Society for Psychical Research de Londre, en 1913[9]. Avant cette date, le phénomène avait été bien sûr relaté par différents auteurs dans tous les genres depuis les grecs, et on trouve dans différentes écoles ésotériques, à toutes les époques, des allusions et des interprétations autour de cette possibilité de la conscience humaine[10]. Les traités sur le sujet sont souvent le cas d’individus libre penseurs et le plus célèbre en même temps que le premier n’est autre qu’Hervey de  Saint-Denis qui en 1867 publia le désormais classique « Les rêves et les moyens de les diriger ». Mais ce n’est qu’à partir des travaux universitaires très spécialisés en psychologie expérimentale et en psychophysiologie de K.Hearne, Paul Tholey et Stephen Laberge que le rêve lucide est sorti de son ghetto de « bizarrerie pour amateur d’étrange  et de sensationnel » et qu’il a acquis respectabilité et droit de citer.

Il est fréquent de confondre de rêve lucide avec d’autres phénomènes ou d’autres états de conscience (de moindre intérêt de par leur portée et leur impact existentiel relativement limité). Ainsi on confond souvent rêve lucide et rêve éveillé alors que le jour et la nuit les sépare – dans le rêve évéillé nous sommes évéillé et dans le rêve lucide nous sommes en train de rêver et de dormir en étant conscient.  En d’autres termes, quelles que soient les modalités et les variantes du rêvé éveillé qui est pratiqué (dirigé, libre, thèmes inducteurs, etc…),  ce dernier fait référence à une personne qui même si elle est plus ou moins absorbé n’en reste pas moins en prise avec l’état de veille ce qui n’est pas le cas du rêve lucide qui s’inscrit spécifiquement et physiologiquement dans l’état de rêve, au cœur du sommeil. Tout cela est objectivable du point de vue psychophysiologique, de nombreuses études en attestent.  Toujours dans la confusion, on assimile parfois le rêve lucide avec les états transitionnels, accompagnés d’imagerie mentale, qui précèdent, soit l’endormissement soit le réveil (respectivement nommés hypnagogiques et hypnopompiques). Il est possible de parvenir à une manipulation de l’imagerie mentale dans ces états, ce qui a d’ailleurs pour effet de maintenir l’esprit en éveil et de permettre l’entrée en pleine conscience dans l’état de rêve lucide. Mais le fait que ces deux états soient des marches pieds vers le rêve lucide ne doit pas nous inciter pour autant à les confondre avec ce dernier. Ajoutons que le rêve lucide ne doit pas être assimilé aux rêves dans lesquels nous pouvons avoir l’impression de disposer de notre volonté et d’orienter l’action (sans toutefois être conscient d’être en train de rêver). On ne doit pas non plus le confondre avec les rêves dits de faux-éveils, c’est-à-dire des rêves dans lequel nous pouvons avoir en toute certitude le sentiment de nous être réveillé pour se rendre compte quelques instants plus tard qu’il n’en est rien et que nous étions en train de rêver. Parfois, c’est plusieurs faux-éveils successifs qui s’emboîtent les uns dans les autres à la manière de poupées gigognes[11] . Ces séries de faux-éveils qui ne sont pas rares dans les début de l’apprentissage du rêve lucide donnent au réveil final, au « véritable » réveil (celui qui a bel et bien lieu dans la réalité terrestre) une saveur  très particulière,  caractéristique de l’incertitude qui vient des rêves…Enfin, bien sûr, il y a l’assimilation du rêve lucide avec une variété d’expérience hors-du-corps (OBE), assimilation qui laisse fortement à désirer pour de nombreuses raisons nous  verrons brièvement plus loin pourquoi. Voilà en très bref pour ce qui est d’un survol de ce avec quoi le rêve lucide est souvent confondu.

Sauf expérience spontanée de rêve lucide ou entraînement intentionnel à celui-ci, pour la grande majorité d’entre nous, lorsque nous rêvons, nous ne sommes pas conscients du fait d’être en train de rêver au moment même où nous rêvons. Nous prenons notre expérience onirique pour « réelle » et nous nous considérons comme « éveillé »[12]. Et c’est uniquement au moment ou nous nous réveillons, au sortir du sommeil et du rêve, que nous pouvons avoir une conscience claire de ce qui s’est passé avec le souvenir plus ou moins net – lorsque souvenir il y a –  d’avoir rêvé : nous disons alors « j’ai rêvé » de ceci ou de cela.

On l’a compris, il existe toutefois une exception remarquable au scénario nocturne courant et à la manière ordinaire que nous avons de vivre le phénomène du rêve : c’est ce que l’on appelle le rêve lucide : rêver en étant conscient d’être en train de rêver au moment même où l’on rêve, on pourrait même ajouter, pour caractériser la pleine lucidité onirique, rêver en étant conscient d’être conscient d’être en train de rêver. Cette exception mérite, à de nombreux titres et pour des raisons qui ne sont définitivement convaincantes que lorsqu’on fait l’expérience directe de la chose, qu’on y prête sérieusement  attention. Un rêve lucide se caractérise donc par le fait de prendre pleinement conscience, au moment même où l’on rêve – au cœur du rêve -,  du FAIT d’être en train de rêver et, sans se réveiller pour autant, ni perdre cette lucidité (ceci ferait que le rêve redevient « ordinaire », non lucide), de maintenir vivante et claire cette clarté sur la nature et le statut de ce que nous sommes en train de vivre. Lorsque nous écrivons « prendre pleinement conscience »,  nous voulons par là signaler le fait paradoxal que d’une certaine manière il existe des degrés dans cette lucidité comme nous l’avons signalé plus haut.

Sans rentrer à nouveau dans le détail, nous pouvons dire que lorsque la lucidité est de bonne qualité, nous somme en mesure de tirer véritablement toutes les conclusions et les implications sur le fait d’être en train de rêver et d’user pleinement de toutes nos facultés, ce qui peut permettre d’avoir certains repères l’espace-temps particulier du rêve et permettre d’effectuer des vérifications lorsque le doute se lève sur la nature de certains phénomènes. C’est d’ailleurs ce plein usage des facultés qui permet d’actualiser l’idéal chamanique de navigation fonctionnelle entre les mondes, entre les différents espaces psychiques.  Un rêve lucide est donc – entre autres choses – un rêve dans lequel l’intellect dans sa capacité de discernement et de discrimination est présent. Notons que dans l’état de rêve, le fait d’être conscient du fait d’être en train de rêver n’a pas besoin du langage et du monologue intérieur pour exister même si, dans les rêves lucides, nous nous faisons souvent état à nous-même de cette prise de conscience par le biais du langage et de la parole intérieure. Cette parole intérieure constitue d’ailleurs, dans les débuts de l’apprentissage, un moyen de stabiliser cette lucidité. Conscience du fait d’être en train de rêver donc,  mais aussi présence de facultés de l’esprit dont l’usage est généralement réservé et restreint à l’état de veille : aptitude à raisonner clairement (induire, déduire), à faire usage avec précision de la mémoire (en évoquant par exemple des détails de notre vie terrestre et de notre identité habituelle), à observer (par exemples les détails de l’environnement onirique), à vouloir, à imaginer (et c’est l’union de la volonté et de l’imagination qui permet à des degrés divers la transformation du rêve jusque dans ses détails), à jouir de la faculté d’empathie et d’identification qui peut se mettre en place vis-à-vis de tous les éléments du rêve (objets, situation, personnages). L’émergence des facultés que nous venons de citer varie souvent d’un rêve à un autre et d’un rêveur à un autre suivant son degré d’entraînement et l’assurance de sa concentration.

Pour faire simple et pour revenir à l’essentiel de ce qui caractérise l’expérience du rêve lucide,  on pourrait dire, en s’exprimant différemment – et cela pourrait être une bonne (et inhabituelle) définition du rêve lucide  – que dans un rêve lucide le moi conscient onirique (qui lorsque la lucidité est de bonne qualité, englobe sans s’y réduire pour autant, le moi conscient ordinaire fonctionnel de l’état de veille) est en mesure, au sens littéral, de conjuguer le verbe rêver à la première personne du présent de l’indicatif. Pouvoir se dire à soi-même, au cœur d’un rêve, en pleine conscience, et en toute certitude « Je rêve (!) »,  ou mieux et en tout cas plus précis, « Je suis conscient d’être conscient d’être en train de rêver et je suis apte à en tirer toutes les implications ! », c’est vivre la prise de conscience émerveillée et jubilatoire de soi-même en train de rêver. La donnée centrale étant la capacité à statuer clairement sur notre état de conscience en temps réel, c’est-à-dire au moment où nous le vivons.

Il est difficile pour ne pas dire impossible de transmettre par le biais du langage, à quelqu’un qui n’en aurait pas eu l’expérience directe, le caractère prodigieux et fabuleux[13] du simple fait d’être pleinement conscient au cœur d’un rêve, et ce indépendamment de ce qui peut y être expérimenté ou accompli. Lire la définition du rêve lucide comme étant un rêve dans lequel la conscience réflexive est présente ainsi que certaines facultés cognitives à des degrés divers ne génère en général pas l’enthousiasme spontané. Signalons au passage que dans le registre de la dépréciation du phénomène par des auditeurs à qui la possibilité du rêve lucide peut-être exposée, il y a en général deux attitudes qui sont le sceau infaillible de l’incompréhension et de la carence d’expérience significative de première main de la chose. La première consiste à considérer que le rêve lucide va de soi : « Mais, c’est ce que je vis toutes les nuits, je ne vois pas pourquoi vous faites autant de cas de cet histoire de rêve lucide », et la deuxième consiste à ne pas être ouvert à l’idée que le simple fait d’être pleinement conscient dans l’état de rêve puisse ouvrir un espace d’émerveillement et de connaissance : « être conscient dans mes rêves, pourquoi pas, mais et après, qu’est ce que cela peut bien changer à ma vie ? ». Le rêve lucide n’a un impact significatif que chez les gens qui l’expérimente spontanément même rarement ou qui  s’y entraînent. L’impact positif est à mettre sur le compte de la grande variété des expériences possibles en termes de contenu, mais aussi et surtout de la reconnexion avec la réalité vivante de son propre esprit.

3 – Contenu des expériences de rêves lucides

La palette de ce qui peut-être vécu en tant qu’expérience au sein d’un rêve lucide est extrêmement vaste, elle comprend tout ce qui peut-être vécu dans l’état de rêve en général et à cette immensité s’ajoutent des possibilités et des phénomènes propre au rêve lucide. Il serait long et fastidieux de tenter d’énumérer cette palette de possibles en fonction de tout ce dont on dispose dans la littérature à l’heure actuelle en matière de témoignage – nous renvoyons le lecteur qui aurait du temps à la bibliographie. Disons immédiatement qu’il existe une parenté très forte –  pour ne pas dire une identité – entre ce qui peut être expérimenté dans le cadre de la pratique du rêve lucide et du yoga du rêve, et ce qui est décrit dans la littérature sur le chamanisme, la parapsychologie, et les psychédéliques pour ce qui est des « voyages intérieurs » et des états visionnaires. En fait l’espace du rêve lucide est d’une certaine manière un contenant et un espace de manifestation pour ce qui relève de la haute sensibilité psychique, énergétique, imaginative, intuitive et pour l’entrée de plein pied dans le domaine transpersonnel[14].

On distinguera en gros les expériences qui relèvent d’une pure subjectivité individuelle (c’est-à-dire d’un déploiement – souvent bienheureux – de l’imaginaire libre et pur qui n’est pas interfacé pourrait-on dire avec les profondeurs de l’inconscient personnel ou transpersonnel), et les expériences qui mettent la conscience individuelle en contact avec les profondeurs de l’inconscient, profondeurs dont certaines strates  ( par exemple le monde des symboles ou des archétypes[15]) structurent le sens de l’identité et de nombreuses dimensions de l’expérience humaine .

On pourrait comparer la première catégorie d’expérience à une sorte de fantastique simulateur de réalité virtuelle[16] dans laquelle un individu expérimente en fonction de son bon plaisir, de ses tendances, de sa curiosité à explorer et à jouir de l’imaginaire libre pour vivre des expériences (souvent très) plaisantes et trouver par exemple dans cette espace intérieur créatif des solutions à des problèmes personnels ou pratiques. Quant à la deuxième catégorie, il s’agit de l’irruption et de la présence claire dans les rêves d’éléments d’expériences ou de connaissances en provenance de la grande base de données universelle du psychisme humain et de tous les autres aspects de la conscience (mondes organiques et non organiques, atomique, cellulaire, végétal, minéral…extra-terrestre au sens large, etc….) – le domaine transpersonnel à proprement parler.

Point important à signaler  : l’existence dans les rêves lucides ou dans les états intermédiaires à partir desquels ils peuvent prendre naissance, d’une palette assez large de sensations et d’impressions bizarres, les distorsions impressionnantes du schéma corporel, les différentes variantes de paralysie du sommeil[17], les phénomènes énergétiques très étranges dans la zone intermédiaire qui peuvent  faire penser lorsqu’on les vit pour la première fois qu’on est en train de mourir[18] ou bien qu’on est atteint d’une pathologie inconnue…

On l’a dit le rêve lucide s’accompagne d’un éveil des facultés imaginatives et intuitives, mais aussi – c’est une caractéristique du rêve pleinement lucide et maîtrisé – d’une sorte de faculté d’empathie extraordinaire qui permet l’identification parfaite avec autre chose que le corps avec lequel nous sommes généralement identifié. Ainsi nous pouvons habiter un autre corps, plusieurs corps simultanément, un groupement ethnique, déplacer notre conscience et notre sens de l’identité (ego core est l’expression que l’on trouve parfois dans la littérature sur le sujet) dans des objets, des plantes, des mécanismes[19] , des situations, des périodes historiques, etc…

C’est de cet éveil des facultés imaginatives, intuitives et empathiques – qu’il y ait ou pas infusion de la sphère transpersonnelle – que découle l’éclosion de l’imaginaire libre et pur, et de nombre d’expériences passionnantes qui font l’attrait et les « arguments marketing » du rêve lucide : rêves à caractère extatique,  ivresses et plaisirs des rêves de vol aérien (précision utile car certains pensent qu’il s’agit de vol dans les supermarchés),  rêve de mouvements en apesanteur (à la manière des spationautes), rêves érotiques[20], délocalisations orgasmiques[21], transformation, voyages dans des paysages merveilleux relevant de la subjectivité individuelle (mémoire et imagination), du monde archétypal ou d’une combinaison des deux.

En dehors de l’exaltation jubilatoire et jouissive, gratuite et autotélique, de l’imaginaire qui est expression de santé en même temps que source de santé, on trouve la catégorie très vaste des rêves à caractères thérapeutiques qui empruntent souvent à la dimension symbolique ou transpersonnelle et qui manifestent l’amorce ou la culmination d’un processus d’évolution et ou de guérison. Facilitation de la croissance et de la maturation psychologique, guérison des cauchemars – le rêve lucide étant d’ailleurs « l’outil » thérapeutique de premier choix,  le traitement royal et privilégié des cauchemars récurrents[22] – par la confrontation consciente et intégrative avec les figures de l’ombre et la transmutation des charges émotionnelles négatives associés à ces figures (peur, colère, tristesse, etc…). Parfois c’est un voyage dans la mémoire et sur la ligne du temps qui se donne à vivre et qui fait reculer la mémoire dans des dimensions inaccessibles habituellement.

Les applications thérapeutiques sont nombreuses, certaines sont prometteuses. En fait pour ce qui est de la guérison émotionnelle et physique qui est l’objet de la discipline nommée psycho-neuro-immunologie, il y a la un champ de recherches très intéressant dans le sens où le rêve lucide représente l’imagerie mentale à son zénith, dans sa forme la plus vivace, dans sa forme la plus douée d’efficience et c’est l’imagerie mentale qui est en mesure de mobiliser les ressources et le pouvoir d’autoguérison de la personne. Signalons l’expérimentation étonnante faite par Paul Tholey[23] qui a consisté à enseigner les pratiques d’induction du rêve lucide à des toxicomanes (des individus qui sont donc déjà familier des états étranges de la conscience) qui – pour ceux qui sont allés au bout du processus d’apprentissage – ont découvert qu’ils pouvaient s’administrer en rêve, « virtuellement », toutes les drogues qu’ils avaient l’habitude d’utiliser tout en ayant les même effets, ce qui représente une prise de conscience majeure dans le cadre d’une dépendance…

Notons également, l’accompagnement d’apprentissage du rêve lucide aux personnes paralysées ou à mobilité réduite qui peuvent retrouver dans leur rêve la joie du mouvement, et l’accompagnement des personnes en prison qui sont dans les conditions idéales pour la pratique du yoga et pour qui le rêve lucide constitue l’évasion suprême.

En dehors de l’art, de l’ingénierie et de la science, il est un domaine d’applications intéressantes dans lequel de nombreux témoignages existent et c’est celui des apprentissages et des consolidations d’apprentissages sensori-moteurs dans le sport[24]. La présence ce cette faculté d’empathie prodigieuse couplée au fait que l’entraînement fait dans cette espace virtuelle vaut au moins autant que l’entraînement effectué dans le corps physique, fait du rêve lucide vécu comme super simulateur un espace privilégié pour les athlètes et aussi pour tous les apprentissages en général.

Pour ce qui est du contenu à caractère transpersonnel à proprement parler il s’exprime, dans sa manifestation la plus courante, nous l’avons dit, par le biais des archétypes, des symboles, des expériences dites « chamaniques » (c’est-à-dire dont la description concorde avec ce que l’on peut trouver dans la variété des traditions chamaniques),  et des synchronicités aussi. Mais à cela s’ajoute – bien entendu si l’on accorde foi à ce genre de témoignages[25] – le vaste domaine des perceptions extrasensorielles : de manière générale le domaine de toutes les expériences qui élargissent notre aptitude à obtenir de l’information fiable et vérifiable directement, et qui  remettent en question nos repères spatio-temporels habituels et ordinaires en nous obligeant à considérer sérieusement l’hypothèse de l’interpénétration et de l’interconnexion et des univers individuels par le dénominateur commun la conscience, identique pour tous en arrière plan, tout comme l’eau est la même pour tous les poissons de l’océan. Ce qui peut se manifester également dans l’espace contemplatif du rêve lucide, à l’écart des expériences que nous avons cités précédemment, c’est la mise en résonnance, l’éveil à un courant d’intuitions métaphysiques qui peuvent se manifester avec ou sans contenu « visuel » particulier. Et ceci bien entendu ne peut que nous conduire tout droit à la question centrale, à la question métaphysique « QUI rêve ? » dont on reconnaîtra un avatar de la question « QUI suis-je ? ». Cette question de notre véritable et ultime identité, cette interrogation dans sa version spontanée, vivante, sincère, profonde, émerge souvent – presque systématiquement – dans l’esprit de celui qui pratique le rêve lucide en s’y entraînant autant que dans celui qui l’expérimente spontanément à titre exceptionnel ou régulier. Et ceci nous amène à considérer l’impact du rêve lucide sur le plan du bien-être psychologique, émotionnelle, « énergétique » en même temps que sur le plan de notre vision du monde.

4 – Influence et impact sur la vie (after-effect).

Le rêve lucide est une expérience paradoxale qui prend copieusement à contrepied la relation habituelle que nous avons avec le rêve, le sommeil, le corps, la conscience que nous avons de nous-mêmes, notre identité c’est-à-dire la définition que nous avons de nous-mêmes en tant qu’individu séparé et délimité par les limites du corps. Dans la littérature sur le rêve lucide, plus exactement la littérature non spécialisée qui vise la population la plus large,  c’est la possibilité magique du rêve lucide qui est le plus souvent mise en avant, c’est-à-dire la possibilité d’expérimenter l’imaginaire libre et pur à l’aide des facultés de volonté et d’imagination, les possibilités de guérison et de connaissance de soi sont moins évoquées tout comme l’aspect de connexion à la dimension transpersonnelle (c’est-à-dire aux strates profondes de l’inconscient). Quand à la possibilité de révélation d’une autre dimension de la conscience de soi, elle est rarement mise en avant. Pourtant c’est bien le réenchantement profond de cette donnée immédiate et fondatrice de la conscience de soi qui est, ultimement, l’enjeu du rêve lucide. Ce réenchantement culmine dans la prise de conscience libératrice consistant à se reconnaître comme sujet pur – vigilance pure – irréductible à tous les objets (au sens très large du terme,  incluant pensées, émotions, sentiments, sensations…)  qui se manifestent et se déploient. Avec les rêves lucides, il y a ce qui se donne à vivre en aval, en terme de contenus, et ce qui relève de l’émergence d’une autre dimension de la conscience de soi –  en révélation à elle-même de la source du rêve…C’est sur ces deux aspects que se joue  l’impact de l’émergence du rêve lucide dans la vie et la vie intérieure d’un individu.

Tout d’abord il n’est pas difficile de comprendre que la dimension de jouissance de l’imaginaire avec ce qu’elle amène de gratifications et d’expériences positives, soit une source de bien être émotionnel, et que l’esprit ludique et la légèreté de cœur que peut drainer certains aspects du rêve lucide, ait un impact appréciable sur tous les aspects de l’existence. Pas difficile de comprendre qu’un individu qui résoudra un problème personnel, une difficulté personnelle ou qui dépassera une limitation par le biais de et grâce à ce qu’il vivra de très spécifique dans un rêve lucide, verra immédiatement le bienfait d’une relation ouverte au rêve et au rêve lucide.

Idem pour un athlète, un artiste, un ingénieur qui chacun dans leur domaine d’activité font faire des percées, progresser, parvenir à des niveaux de compréhension et d’accomplissement supérieur. La pratique approfondi du rêve  lucide, si elle est abordée correctement (c’est-à-dire avec une perspective philosophique et spirituelle juste de gratuité pure et d’expression du libre jeu de la conscience , et non juste uniquement comme un moyen magique ou comme l’aubaine inouïe d’un prodigieux hédonisme onirique en technicolor) participe d’une maturation sur tous les plans, d’un épanouissement de l’intelligence et de la sensibilité, permet de trouver tout ce que l’on peut chercher et trouver habituellement dans un mode de vie hédoniste, dans la sphère de ce que l’on a coutume d’appeler de nos jours le « développement personnel », et dans la recherche de l’excellence ou de la performance dans un domaine.

La satiété qui peut s’en suivre, l’éradication de la frustration à sa racine, d’une certaine forme d’avidité (mais pas forcément de l’appétit sain qui constitue notre humanité), est alors en mesure de transformer notre relation au désir lui-même. En d’autres termes, vient la réalisation que nous sommes la source du désir, de tous les désirs, et que ce que nous cherchons dans la satisfaction de tous les désirs c’est l’apaisement qui correspond à la cessation du désir et à la coïncidence avec l’intimité de nous-mêmes en tant que justement espace dans lequel le désir naît, se déploie et meurt. Cette réalisation est loin d’être anodine, elle est tout de même le but avoué du yoga (qui est art de la gratitude, art du contentement, art de mourir à l’idée que l’on se fait de soi) et elle débouche naturellement sur la découverte d’un apaisement qui paradoxalement ne naît de rien et qui se suffit potentiellement à lui-même. Lorsque cette réalisation est authentique, notre humanité ne peut en être que très heureusement teintée. Ce que nous disons pour le désir et la relation au désir, se transpose – car il s’agit au fond de la même chose – à la relation à la pensée en général et à l’image de nous-mêmes qui ne sont – du point de vue de la vigilance pure qui constitue notre centralité intime –  que des reflets transitoires et évanescents…des rêves. Il y a donc possiblement une transformation psychique doublée d’une transformation absolue et radicale de la relation à la pensée qui est vue une bonne fois pour toute pour ce qu’elle est dans son essence : à savoir un objet qui même s’il a la capacité à fasciner voire à capter le sujet n’en est pas moins irréductible à ce sujet qui reste souverain par rapport à la pensée.

Cette distanciation possible par rapport à toutes les images que nous pouvons avoir de nous-mêmes n’est sans doute pas pour rien dans la mise en place de cette vaste capacité d’identification et d’empathie qui nous fait sortir de notre confinement identitaire ordinaire[26] et qui constitue un des aspects merveilleux du rêve lucide. Mais la dimension a proprement parler « spirituelle », libératrice, sotériologique pour employer un terme spécialisé, réside nous l’avons déjà évoqué dans la transformation radicale et profonde de la relation que la conscience que nous avons de nous-mêmes entretient avec elle-même et avec ce qui se déploie en elle, à savoir la vie intérieure et le monde.

C’est ainsi que le rêve lucide – même s’il ne s’agit que d’une expérience ou de quelques expériences spontanées et occasionnelles qui sont des manifestations de l’inconscient – est en mesure de ressusciter la conscience vivante du miracle et du mystère de la conscience et de l’univers, miracle de l’esprit humain, mystère de la mort, de l’amour, du rêve, des dimensions merveilleuses et magiques qui se manifestent dans l’intériorité pure, et qui établissent clairement l’existence d’une dimension transpersonnelle, cosmique, qui, à plus grande échelle se trouve être le théâtre du jeu de la conscience, de la lîla et de la mâya des philosophies indiennes.

Dans cette perspective, on peut donc mieux comprendre en quoi le rêve lucide est une pratique magique ou se vit la synchronicité, l’interpénétration des différents plans, la satisfaction des désirs, la pensée magique et l’intention douée d’efficience, l’imagination active mais qu’il est aussi l’espace  (et aussi d’une certaine manière l’appât, le moyen[27], la métaphore, le prétexte) –  d’une révélation radicale de type mystique apte à reléguer tout cette sphère magique au rang des distractions et des jouets pour enfants, en nous reconnectant avec la profondeur de notre conscience et avec l’évidence éblouissante que le plus grand et insurpassable des miracles est déjà arrivé et que son nom est CONSCIENCE….

Vous avez dit rêve conscient ?

5 – Entraînement et apprentissage ou expérimentation spontanée.

Nous avons dit que l’expérience du rêve lucide dans sa version significative peut surgir spontanément ou peut aussi faire l’objet d’un apprentissage qui est aujourd’hui bien balisé et donc la pratique est très compréhensible et accessible à toute personne motivée. Nous voulons ici simplement expliciter la nature des pratiques qui permettent d’induire les rêves lucides et de maitriser l’accès. On trouve de telles pratiques dans des enseignements traditionnels comme par exemple le yoga tantrique, le yoga nidra, le yoga tibétain de l’état de rêve, certains enseignements chamaniques comme celui popularisé par Carlos Casteneda qui fait la part belle à « l’art de rêver » . Mais on trouve aussi dans la psychologie expérimentale, épaulée par la psychologie transpersonnelle et les sciences cognitives, une approche moderne et « laïque » qui met à jour les moyens de faire cet apprentissage en faisant l’économie de certaines formes de folklores, de superstitions, de croyances et d’interprétations qui se voudraient être la vérité…Tholey et Laberge sont sans doute ceux qui à partir des années 80 ont le plus contribué à une approche rationnelle et efficace de l’apprentissage du rêve lucide en dégageant les dénominateur commun à toutes les pratiques connues et en les ramenant à la mobilisation de faculté universelle de l’esprit humain. Les moyens mis en œuvre permettent soit faciliter et induire la prise de conscience que l’on est en train de rêver au beau milieu d’un rêve, souvent par la reconnaissance claire de l’incongruité des bizzareries oniriques[28], soit d’entrer consciemment et de plein pied dans le rêve dans perdre conscience (plus difficile).

Les pratique intérieure à mettre en œuvre consistent dans leur essence à des utilisations spécifiques de certaines des facultés de notre esprit dans l’état de veille et dans les états transitionnels (endormissement, réveil nocturne) et à des manipulation de l’attention et de l’intention spécifiquement orientées en vue de transformer la relation habituelle que nous avons avec l’état de rêve. Ainsi, il s’agira notamment devenir actif intérieurement en pratiquant le doute systématique, méthodique et conscient vis-à-vis de notre état de conscience ce qui aura pour effet d’importer cette tendance à douter et à s’interroger sur notre état de conscience dans l’état de rêve lui-même jusqu’à ce que l’étincelle de conscience produise l’explosion de la reconnaissance de l’état de rêve au moment où il se déroule. D’autres pratiques visent à développer la mémoire prospective (la capacité à se souvenir de faire quelque chose dans le futur)  dans des proportions inhabituelles, à l’hypertrophier en quelque sorte de manière à pouvoir la transposer en la couplant à l’intention à l’aptitude à reconnaître l’état de rêve – c’est-à-dire se souvenir de prendre conscience que nous serons en train de rêver la prochaine fois que nous rêverons.

Il s’agit de développer nos facultés d’imagination, de vigilance, de concentration, de discernement en même temps que d’affermir notre intention de reconnaître l’état de rêve et de faire l’expérience du rêve lucide. A la limite l’intention parfaitement unifiée de reconnaitre l’état de rêve est suffisante, mais le rêve lucide est plutôt un état instable et il faut avoir une concentration bien assurée pour pouvoir le stabiliser c’est-à-dire ne pas se réveiller précocement ou subitement et ne pas régresser et se dissoudre dans le rêve ordinaire. Avec le développement de la concentration et de l’imagination vient la possibilité de mettre en œuvre les pratiques qui visent à faire directement et consciemment la transition entre l’état de veille et l’état de rêve – rentrer dans la salle de cinéma les yeux grands ouvertes en quelques sortes plutôt que de se réveiller une fois le film commencé…A ceci peuvent s’ajouter des rituels personnels et créatifs d’incubation qui ne sont que des manière d’affermir et de cristalliser une intention, en l’occurrence celle d’être conscient au cœur du rêve, ainsi que des manipulations du cycle naturel d’écoulement de la nuit de sommeil dans lequel on introduit des perturbations et des interruptions dont on sait qu’elles facilitent l’émergence de la lucidité onirique.

Un autre corps de pratique vise à déconstruire les fixations habituelles de notre attention afin de récupérer une quantité d’énergie importante qui redevient disponible sous forme d’attention libre et créatrice disponible pour la pratique du rêve lucide. Il s’agit notamment de se réapproprier l’énergie dispersée dans les nombreuses attractions et répulsions – nos peurs et nos désirs et cela peut nous renvoyer à un travail de type psychologique – avec lesquels nous fonctionnons par défaut en les neutralisants.

Les individus qui ont naturellement une grande faculté de concentration ou les individus qui l’ont développé pour des raisons professionnelles partent donc avec un avantage dans cet apprentissage, mais ce n’est pas là un pré requis indispensable.

Le côté recette et techniques que l’on trouve dans de nombreux ouvrages aujourd’hui et qui permet de faire l’expérience du rêve lucide au moins dans un premier temps, ne doit pas masquer que dans son essence le yoga de l’état de rêve est un art de la présence, de la vigilance, et de l’unification intérieure qui permet à l’intention d’être douée d’efficience.

Sur le plan de la mise en œuvre, les pratiques seront faciles pour certains, difficiles pour d’autres, tout dépendra de la disponibilité et de l’éventuelle vie professionnelle vécue comme un atout ou comme un obstacle sérieux à l’actualisation de cette possibilité intérieure. Tout dépendra donc du passif et des caractéristiques individuelles, de la présence ou de l’absence de  contraintes familiales, sociales, de la présence ou non d’obstacles à une certaine forme de disponibilité, de l’ardeur intérieure et de la motivation.

Quant à l’énergie et au temps qu’il est nécessaire de mobiliser pour apprendre à mettre en œuvre les pratiques du rêve lucide et commencer à en explorer les possibilités significatives, ont pourra dire qu’il y a une équivalence avec l’énergie et le temps nécessaire pour apprendre à parler couramment une langue étrangère de complexité moyenne ou à jouer confortablement d’un instrument de musique.

Signalons pour finir la recherche et les découvertes contemporaines sur toutes les substances et les molécules psychoactives mais non psychédéliques susceptibles de faciliter l’induction des rêves lucides et d’augmenter l’efficacité des pratiques d’induction.

6 – Antécédents – Prévalence – Pathologie

p>On l’a dit, il convient de distinguer l’expérience spontanée, unique, rare ou plus ou moins fréquente, de l’expérience délibérée qui est associée à un entraînement particulier au rêve lucide ou à la pratique de ce qu’il est convenu d’appeler le Yoga de l’état de rêve. Aucune étude à grande échelle, avec ou sans rigueur statistique  n’a jamais été réalisé sur la fréquence d’occurrence du rêve lucide dans la population. Sans doute la notion d’échantillon représentatif est difficile à considérer. Nous allons donc nous intéresser modestement dans nos affirmations à la population qui a accès à cette possibilité universelle de la conscience humaine.

Le dialogue sur le thème du rêve lucide avec quelques milliers de personnes sur une période de 10 ans par l’auteur de cet article a montré que la majorité d’entre elle reconnaît avoir fait l’expérience, d’une manière ou d’une autre, de la réflexivité au sein d’un rêve (souvent durant l’intensification d’un cauchemar) mais ce n’est qu’une faible minorité qui en a vu « l’intérêt » et les possibilités pour en arriver à au moins souhaiter que cet état ce reproduise ou s’interroger sur les moyens par lesquels il deviendrait maitrisable.

Les études menées sur les caractéristiques des individus susceptibles d’être plus volontiers des expérimentateurs spontanés du rêve lucide ou désireux de faire l’apprentissage des pratiques permettant l’accès à volonté à cet état étonnant, ont dégagé quelques éléments (bonne aptitude à la mémorisation des rêves, intérêt pour les rêves en général et la vie intérieure, sens de l’équilibre bien développé avec l’intelligence spatiale, imagination développée, état d’esprit créatif et ouvert face à la vie), mais rien de déterminant n’a été identifié[29]. Il semblerait toutefois qu’il y ait davantage de rêveurs lucides chez les adeptes du yoga ou de la méditation (individus rajaso-satviques dans la classification tantrique) par exemple que chez les gros mangeurs du soir de cassoulet et de choucroute (tendance tamasique dans cette même classification), même si bien sûr la consommation de charcuterie n’est pas éliminatoire bien sûr pour ce qui est de l’exploration consciente de l’état de rêve. Dans un autre registre, il n’a été établi aucune corrélation entre une forme quelconque de psychopathologie et l’aptitude au rêve lucide. L’aptitude au rêve lucide est donc une faculté cognitive évoluée qui relève davantage de la santé mentale et du plein usage des facultés de l’esprit plutôt que d’une forme de pathologie quelconque[30].

Mais il est clair que la fréquentation prolongée du rêve lucide n’est pas anodine, dans le sens où elle peut conduire à des modifications de valeur et de comportements et qu’elle conduit à nous interroger sérieusement et en profondeur sur la vision que nous nous faisons de la conscience humaine, et donc un accompagnement par un « frère ainé » est parfois appréciable à certaines étapes ou à certains enlisement du cheminement intérieur.

 

7 – Accompagnement des personnes en difficultés ou en questionnement suite à l’expérience spontanée ou induite du rêve lucide. Mise en garde.

« Le rêve est une pratique majeure du chamanisme.
Cette prédilection vient du fait que, tout comme le chaman qui en est le spécialiste, le rêve se situe à la frontière entre le monde des hommes et le monde des esprits et des réalités autres. Par la pratique du rêve, la limite entre le réel et l’imaginaire vacille ; le rêve possède le pouvoir d’entrer en contact avec ce qui terrifie et fascine au dehors (monde des esprits, divinités) tout en se déroulant au-dedans d’un psychisme particulier, celui du chaman ».
O.Moyano, Rêve et Chamanisme, p.147

Tout d’abord, resituons bien notre propos, les difficultés rencontrées lorsqu’elles apparaissent dans la perspective du rêve lucide induit délibérément ou expérimenté spontanément. On peut tout d’abord distinguer tout ce qui est de  l’ordre de la réminiscence de matériaux inconscients pénibles appartenant à l’histoire personnelles du rêveur et marquant  souvent une étape de guérison, d’intégration et de croissance[31] mais qui est précédée par une phase parfois déstructurante  durant laquelle une présence éclairée et douée de compassion est un bien inestimable. Dans de tel cas l’aide relève essentiellement t de la psychothérapie  et du génie thérapeutique « classique ». On encouragera un dialogue créatif, intégrateur et réconciliateur avec les dimensions de l’inconscient qui sont en cause.

Ensuite, dans un autre registre, il convient de prendre en compte les phénomènes énergétiques puissants[32], difficile à confiner, qui se font sentir de manière vigoureuse dans le corps, et qui ne cessent pas au réveil, et qui semble exiger un niveau d’alignement personnel profond avec d’autres valeurs et d’autres fonctionnements.  Ces phénomènes relèvent et sont apparentés à  tout ce qui est décrit dans la littérature yoguique et transpersonnelle concernant certaines phases possiblement inconfortables du réveil de la kundalini[33], un voltage supérieur du corps et du psychisme qui peut soudain se mettre en place. C’est un vaste sujet, nous ne rentrerons pas dans le détail.

Le problème des cauchemars ordinaires à proprement parler ne se pose pas vraiment si un individu à l’expérience significative de la lucidité, car il n’y a pas de cauchemar lucide au même titre qu’il n’y a pas de frayeur du serpent quand on tient en pleine lumière une corde dans la main. La lucidité est la cure – l’ultime et seule véritable cure – pour les cauchemars. Mais bien sûr à nouveau, ce n’est pas parce qu’un individu est sain sur un plan psychologique – qu’il ne risque pas un retour du refoulé pour employer un langage psychanalytique –  et que n’existe en lui aucun traumatisme réprimé qui aurait structuré partiellement son sens de l’identité que les rêves lucides même s’ils ne seront jamais infernaux et cauchemardesque représenteront toujours des expériences faciles ou agréables. L’intrusion dans le domaine transpersonnel n’est pas nécessaire de tout repos, tout d’abord parce que cette dimension secoue et effrite la représentation de notre sens séparé de l’identité qu’il va falloir remettre en question, et ensuite parce que nous pouvons être confrontés à des aspects de la conscience que nous nous ne pouvons pas encore regarder de manière neutre et sans jugements déstabilisants – qu’ils soient positifs ou négatifs d’ailleurs.

Un dernier point mérite qu’on s’y attache, c’est la question des expériences dites hors du corps et de la confusion qu’elles peuvent générer qu’elle que soit la nature de ce qui a été réellement vécu. Face à l’enjeu d’une possibilité de conscience en dehors du corps certains individus sont perturbés et cela se comprend – toutes les sécurités ordinaires et les croyances habituelles qui n’avait peut-être jamais bien identifiées en tant que croyances peuvent être mise à mal. Lors de l’expérience on peut se demander si l’on n’est pas mort ou en train de mourir même si l’on est en bonne santé. L’idée est de permettre à la personne d’identifier la vision du monde qu’elle met en place pour donner un cadre à son expérience, de déterminer l’hypothèse qu’elle privilégie ainsi que les moyens qu’elle a véritablement mis en œuvre – ou pas – lors de sa prétendue sortie hors du corps pour tester la validité et la véracité de la configuration dans laquelle elle pense se trouver. En gros on peut distinguer les perspectives suivantes face au phénomène de la sortie hors du corps (qui peut donc se vivre par le biais d’un rêve lucide ou faire suite à un rêve lucide) :

  • Un corps subtil n’ayant pas d’aptitude particulière  se dissocie du corps physique et se déplace donc dans le monde terrestre à la manière du corps physique endormi.
  • Un corps subtil ayant des capacités accrues (téléportation, déplacement à grande vitesse, etc….)  se dissocie du corps physique et se déplace dans le monde terrestre par des moyens inhabituels et fantastiques.
  • Un corps subtil aux capacités accrues se déplace et évolue dans une réalité parallèle ou des réalités parallèles qui n’ont rien à voir avec le monde terrestre habituel.

L’accompagnement juste pour ces question d’expériences dites hors du corps consiste sans doute à permettre à la personne de rester honnête avec elle-même, de ne céder ni à la confusion par paresse intellectuelle, ni à la fascination béate, et d’enquêter activement sur les moyens qui permettrait d’obtenir une certitude sur la nature de la réalité vécue : pure subjectivité ou bien espace étrange dans lequel une forme authentique de perception de connaissance est possible. Il s’agit d’aider la personne à expliciter ses propres croyances issues de l’interprétation de son ou de ses expériences – croyances parfois héritées de l’exposition passé ou récent à des enseignements ésotériques – et permettre la mise en doute, c’est-à-dire la mise en œuvre de  l’épreuve du réel par des tests et des vérifications élémentaires qui souvent font singulièrement défaut chez beaucoup d’expérimentateurs quand il s’agit d’avoir les idées claires sur ce qui est expérimenté. Beaucoup d’expérimentateurs préfèrent rester dans un flou teinté d’une aura d’étrangeté plutôt que de clairement identifier la nature de l’expérience. Notre propos n’est pas ici de dire et d’affirmer que ceci existe ou que cela n’existe pas et relève de l’impossible. L’idée est simplement de rester honnête et lucide pour statuer clairement sur ce que l’on vit, avec les preuves que l’on se doit d’avoir, si l’on opte pour l’hypothèse paranormale.

Le fait est que certaines personnes par curiosité ou volonté de puissance se mettent à la pratique du rêve lucide. et qu’elles peuvent ainsi, si elles sont isolées ou si elles n’ont pas eu préalablement accès à une littérature suffisamment “structurante”, se retrouver dans une interprétation irréaliste,  irrationnelle, superstitieuse, erronée, voire malhonnête de leur propre expérience ce qui engendrera au final un obstacle à une vie intérieure authentique. Ces individus peuvent parfois  être nourris de tout un fatras ésotérique, de croyances étranges, parfois contradictoires, parfois comiques. Le rôle d’un bon thérapeute dans ce cas sera d’amener la clarté et l’honnêteté dans tout cela, sans parti pris, en restant ouvert à tous les possibles, mais sans concessions pour la mouche qui pète. Un bon accompagnement aide à faire la part des choses dans le falbala ésotérique et mettre en avant la perspective ultime d’une authentique connaissance de soi qui ne se confond pas avec tous les phénomènes étranges ou paranormaux, réels ou imaginés (et très souvent imaginés et non reconnus comme tel par besoin du merveilleux – comme si le rêve lucide en tant que subjectivité pure n’était déjà pas suffisamment merveilleux ! -, ou par une carence de discernement). C’est uniquement cet éveil de la faculté de discrimination que va affûter la pratique correcte du yoga de l’état de rêve qui est source de santé psychique, d’ouverture spirituelle et d’apaisement authentique.

Face à la souffrance ou la confusion d’un expérimentateur – et ceci est valable pour tous les registres d’expériences non-ordinaires – le détachement du thérapeute est déterminant et permet d’infuser et de transférer une forme de sérénité qu’idéalement le thérapeute a acquise en passant lui-même par toute une palette d’expérience bonnes et mauvaise, faciles ou pénibles, qui ont fini par être vu avec le recul pour ce qu’elles sont et ce qu’elles doivent rester à savoir des expériences transitoires qui ont un début un milieu une fin, des états qui ne sont pas l’essentiel, les perles du colliers constitués par toutes les expériences psychiques et les expériences de la vie intérieures diurne et nocturne, mais qui ne doivent pas être confondues avec le fil qui en arrière plan relie paisiblement toutes les perles du collier pour reprendre une métaphore traditionnelle indienne. De cette manière, il peut y avoir une sorte de transfert de maturité, une transmission de perspective et de relation juste,  face à toutes les expériences fastes ou néfastes qui peuvent être vécues et expérimentées dans l’espace de l’état de rêve – lucide ou non, et de manière générale dans tout le registre de la vie intérieure et de la dimension transpersonnelle.

Bien entendu il faut idéalement que l’accompagnateur ait une expérience significative du rêve lucide et des périodes inconfortables et déstructurantes qui peuvent suivre une phase d’élargissement de la vision du monde ou un changement de paradigme.  Ceci permet qu’une confiance dans le processus se communique sans effort et un apaisement certain s’en suit, parfois quasi instantanément. Le thérapeute témoigne par sa présence vivante que tout s’arrange au final. C’est le même processus à l’œuvre dans ce que l’on nomme « crise chamanique » dans une certaine littérature qui traite des périodes difficiles à vivre qui suive une importante expansion de conscience.

Une objection souvent faite contre la mise en œuvre des pratiques du rêve lucide est qu’un individu pourrait très bien s’enfermer dans ce monde intérieur idéal sans frustration et se déconnecter de la réalité collective et terrestre d’une manière pathologique. Cette objection bien sûr n’est que purement théorique et s’avère infondée dans la pratique.  Le rêve lucide n’est pas comparable aux technologies de jeux en réseau dans lesquelles beaucoup d’adolescents fuient un monde dans lequel il est difficile de dépasser ses frustrations et de trouver de la joie et du sens. Le rêve lucide n’est pas non plus un alcool ou un anesthésique face un réel intérieur ou terrestre qui serait vécu comme pénible ou décevant. Et c’est la discipline qu’exige l’accès au rêve lucide qui est garante du fait que ces objections parfois émises concernant la pratique du rêve lucide ne tiennent pas.

Terminons en disant que les expansions de conscience trop rapide ou difficiles à intégrer se produisent beaucoup plus rarement avec la pratique du rêve lucide qu’avec par exemple l’usage des drogues psychédéliques car la discipline relative demandée pour la mise en œuvre de l’apprentissage et de l’exploration  est garante d’une certaine écologie vis de ce qui se donne à vivre. Par ailleurs il est intéressant de signaler  que le rêve lucide est pour de nombreux psychonautes une prescription et une option de premier ordre pour préparer, remplacer, accompagner ou relayer tous les autres moyens d’induire des expansions de conscience et provoquer des incursions dans le monde de l’inconscient – particulièrement le moyen constitué par l’usage autant que possible éclairé des substances psychédéliques[34]. En tant que tel, l’exploration du rêve lucide peut être lui-même une réponse thérapeutique, une prescription de pratique, pour se réapproprier une grande variété d’états d’expansion, ou d’états étranges de la conscience qui ont pu induire lorsque l’expérience à été très lumineuse une forme ou une autre d’attachement et de nostalgie (qui peut parfois devenir pathologique) , signe d’un positionnement intérieur erroné vis-à-vis de ces expériences.

En dernier lieu ce que pourra transmettre l’accompagnateur dans toutes les problématiques qui pourraient apparaître, et vis-à-vis de tous les états fastes ou néfastes et de toutes les expériences ordinaires ou extraordinaires qui pourraient se donner à vivre, c’est l’importance à accorder par un acte de vigilance pure et un positionnement intérieur ferme à la conscience témoin, au miroir qui reflète toutes les expériences sans en être affecté. L’évidence transparente et paisible…

Conclusion

« Le Chaman est un fou guéri qui à son tour peut, en ayant dépassé ses propres failles psychologiques, aider à guérir les autres, porteurs il est vrai, de pathologies le plus souvent  psychosomatiques ou à valeur symbolique.»
O. Moyano, Rêve et Chamanisme, p.145.
« Les 35 heures, les congés payés, le rêve lucide, l’orgasme multiple, la conscience cosmique, l’émerveillement d’être, et puis quoi encore ? »
Aubin Sahallor, Aphorismes abrupts, recueil non publié.

L’exploration de l’état de rêve vécu consciemment – du rêve lucide – est en mesure d’ouvrir véritablement un espace d’émerveillement, de compréhension, de jouissance, de créativité et de connaissance sur de nombreux plans. A ce titre il peut concerner tout individu animé de suffisamment de curiosité et d’énergie pour tenter cette exploration. Cette exploration devrait passionner « les gens du métier” et même constituer un « must » : psychologues, philosophes, chercheurs en science cognitives, et ceux qui s’intéressent – de près ou de loin  – à l’esprit et à l’étude des facultés de l’esprit, tout comme  ceux qui dans et par leur métier, utilise professionnellement les ressources de l’imagination, de l’intuition, et des profondeurs de l’inconscient , dans la créativité, l’apprentissage, ou la performance. On ne peut d’ailleurs qu’être étonné du fait qu’à ce jour, à l’heure où est publié ce livre le rêve lucide malgré son immense potentiel n’a suscité qu’un enthousiasme confidentiel – mais les choses vont peut-être évoluer à l’échelle collective.

Un individu qui est très clairement et consciemment matérialiste au sens philosophique du terme – c’est-à-dire qui considère en gros que la conscience et l’activité de l’esprit ne sont que des sous-produits de l’organisation matérielle du cerveau et qui nie l’existence de toute dimension transpersonnelle authentique, peut très bien envisager la pratique du rêve lucide dans les limites de la simple raison comme l’expression la plus aboutie des possibilités de l’imagination. Par la suite, on peut imaginer qu’un tel individu, c’est souvent le cas, puisse vivre une forme de conversion et accéder à une forme de certitude mystique de nature purement spirituelle, en même temps qu’expérimenter sans l’ombre d’un doute et de manière significative une dimension transpersonnelle qu’il donnait inexistante ou anecdotique  en démarrant son exploration.

Le statut privilégié du rêve lucide dans la gamme des véhicules et moyens d’explorer la conscience tient au fait que de toutes les manières les vagues du rêves se déroulent chaque nuit et qu’il est toujours possible de les surfer, que c’est un moyen qui n’exige pas de gros moyens ou de tierces personnes pour l’induction pas plus des des drogues dont l’utilisation peut s’avérer délicate et complexe… Même si on ne peut nier que le rêve lucide est une pratique magique qui permet la transformation de la réalité individuelle et une expansion du  sens de l’identité, il faut garder aussi garder à l’esprit que dans les traditions qui en ont fait usage, l’exploration consciente de l’état de rêve ne se faisait pas dans une perspective utilitaire ou hédoniste. Tout au plus l’adepte et le familier de cette voie de connaissance – le chaman par exemple – y cherchait une indication pour comprendre une dynamique ou permettre une guérison. Il s’agissait avant tout d’une pratique contemplative apte à dissoudre l’impression de séparation, à ouvrir un canal d’intuitions essentielles, et à réintégrer un individu dans la grande vie cosmique en le libérant de toutes les illusions dont on peut être victime sur les plans psychologiques et philosophiques au sens large.


[1] “Psychologie indien – Quelques hommes chez nous ont pu accéder, par une intériorisation profonde, à un état d’impersonnalité, d’où les représentations du rêve et celles de l’état de veille apparaissent conjointement dans leur véritable perspective. Elles s’ordonnent alors, toutes clairement, dans une harmonie où se révèle le principe même qui anime leur jeu. De ce poste l’observateur prend dans son rayon de visée l’épaisseur entière du panorama et c’est au travers d’un même faisceau du projecteur lumineux que s’éclairent devant lui les états de rêve et de veille avec leurs contenus d’images. Quant au sommeil profond il est empli de cette seule lumière sans mélange.[…]
Psychologue occidental – Le rêve n’aurait-il donc pas d’autre fonction que d’exhorter le dormeur au réveil ?
Psychologue indien – A qui l’interroge avec une pleine sincérité, il pointe vers le chemin de la réalisation. A part cela, il n’a pas de sens. Ce rôle d’indicateur, c’est sa seule justification, tout son secret ». Extrait de Essais sur L’expérience libératrice, Roger Godel, Paris, Almora 2008, p.270.
[2] Extrait de  Exploring  the World of Lucid Dreaming,, Stephen Laberge, Ballantine Books, New York, 1990. Traduction A. Quaranta.
[3] KELZER (Kenneth), The Sun and the Shadow : my experiment with lucid dreaming, Virginia beach, ARE PRESS, 1987, p.199. Traduction ibid.
[4] Rêve intitulé « De l’autre côté du miroir », journal des rêves de l’auteur, octobre 1990, cité dans QUARANTA (Alexandre), Rêver pour S’éveiller, Manuel d’exploration du rêve lucide, Lulu Press, 2007.
[5] Extrait de  Exploring  the World of Lucid Dreaming,, Stephen Laberge, Ballantine Books, New York, 1990. Traduction Ibid.
[6] Cité par  Jayne Gackenbach dans « Control your dreams », New York, HarperPerennial, 1989, p.112. Traduction ibid. Concernant les possibilités du  rêve lucide pour ce qui est de faciliter la guérison physique, on pourra lire le chapitre consacré à cette question dans « Lucid Dreaming : The paradox of consciousness during sleep » de Celia Green, ou d’autres cités en bibliographie dans la section guérison.
[7] « In the course of my experiment it occured to me that it would make sense to distinguish between 7 aspects of lucidity (clarity) :    « (1) clarity that one is dreaming ;    « (2) clarity regarding one’s own ability to decide to do something ;    « (3) clarity with regard to recollecting one’s waking life, especially to recollecting what one intended to investigate in the dream ;    « (4) clarity respecting recollecting the dream (this is the only aspect which is not directly related to the dream itself) ;    « (5) lucidity of the consciousness, as opposed to a disturbed consciousness ;    « (6) lucidity of perception (being able to perceive everything one sees, hears, touches, smells, tastes, etc. in the dream) and    « (7) clarity regarding recognizing what the dream symbolizes. » Paul Tholey, “Overview of the German Research in the Field of Lucid Dreaming”, dans Lucidity Letter, 7(1), 1988, p. 26.
[8] Just how lucid are lucid dreams, Deirde Barrett, Harvard Medical School, Cambridge, Massachussets, lucidity, 11 (11é), 1992-93.
[9] Van Eeden, A Study of dreams, proceedings of the society for psychical research, vol.26, 1913, pp.431.461, réimprimé en intégralité dans l’ouvrage de Charles Tart, Altered States of Consciousness, pp. 175-190.
[10] Pour une étude sur la question, on pourra se reporter à l’article « Lucid Dreaming in Western Literature » de Stephen Laberge in Conscious Mind, Sleeping Brain, New York, Plenum Press, 1988 ou bien encore à  « Le Rêve Lucide :  des paradoxes à l’extase » d’Alexandre Quaranta, Université de Nice, Département de Philosophie, Mémoire de maîtrise, 1992., pour ce qui est de la littérature spécifiquement philosophique.
[11] L’auteur de cet article se souvient d’une succession de six faux-réveils tous plus « réalistes » les uns que les autres, qui a entraîné un état de doute sérieux et persistant après le « vrai » réveil.
[12] Citer Osho, le chant Royal de Saraha.
[13] Définition du Robert : Invraisembable quoique réel.
[14] Nous renvoyons le lecteur à des ouvrages qui font des tentatives de cartographie du domaine transpersonnel en terme de contenus et d’expériences possibles, notamment l’ouvrage de Stanislav Grof « Royaume de l’inconscient humain », Monaco, éditions du Rocher. qui fait une cartographie des aspects de la conscience rendus visible par l’utilisation des substances psychédéliques mais qui se transpose parfaitement à ce qui est accessible par le biais du rêve lucide. On retiendra notamment sa catégorisation qui distingue et incluse notamment expériences esthétiques/poétiques, expériences psychodynamiques, et expériences transpersonnelles.
[15] Nous renvoyons le lecteur à la littérature jungienne qui traite du sujet ainsi qu’aux écrits de Henri Corbin sur ce qu’il appelle l’imaginal – un imaginaire non subjectif.
[16] Certains auteurs assimilent, à juste titre d’ailleurs, le rêve lucide à la technologie de réalité virtuelle la plus aboutie. L’ironie est qu’une fascination et une surenchère permanente existe dans le cinéma récent (pensons simplement, parmi de très nombreux autres exemples possibles, au succès de Matrix par exemple, ou à ExistenZ) pour des technologies-fictions qui visent l’accès à cette espace intérieur imaginatif hyper réaliste et hyper plastique, alors que la fine fleur de cette technologie, existe déjà en tant que possibilité réelle, dans une version très aboutie et sans doute insurpassable, gratuite, et à portée de lit…
On pourra lire l’ouvrage de Howard Reinghold, cosignataire d’un manuel sur le rêve lucide avec Laberge, « Virtual Reality ».
[17] Qui ont une similitude avec le fameux « locked-in syndrome », que vivent certains patients lors d’anesthésie ratée (le cauchemar des anesthésistes !) ou dans les conséquences d’un A.V.C. Cette expérience est vécu par certains comme un état infernal,  l’horreur d’un confinement refusé, une sorte de claustrophobie psychique dans la transition entre deux états (le plus souvent entre l’état de rêve et l’état de veille).
[18] « J’ai eu l’incroyable chance de faire mon premier rêve lucide à l’âge de dix-sept ans. Dans le rêve, je me trouvais au cinéma où l’on projetait un dessin animé digne de Dali.  Soudain, je me suis vu assis au milieu de la salle et j’ai réalisé que j’étais en train de rêver ! J’ai regardé vers la sortie, mais comme je n’étais qu’un adolescent dépourvu de toute culture spirituelle ou psychanalytique, je me suis dit : « Si je passe cette porte, je vais entrer dans un autre monde et mourir. »
J’ai alors été saisi de panique ! La seule solution était de me réveiller et j’ai fait d’énormes efforts pour sortir du rêve, jusqu’au moment où il m’a semblé monter des profondeurs vers mon corps qui se trouvait comme en surface. Tout d’un coup, j’ai réintégré mon enveloppe et me suis réveillé. Ce fut ma première expérience, pour moi tout à fait terrifiante. Par la suite, j’ai commencé à me familiariser avec le rêve lucide. » Alejandro Jodorowsky, Le théâtre de la guérison, Albin Michel, 1995, p.80.
[19] Certains ingénieurs pratiquent ce genre d’identification, identification avec un pneu de voiture lancé à 180 km/h sur l’autoroute par temps de pluie pour comparer avec les simulations informatique, ou bien identification avec un électron qui transite dans un circuit électronique, etc….. Ce genre d’expérience peut se faire dans une transe légère initiée dans l’état de veille, mais dans le rêve lucide qui équivaut à une simulation de réalité virtuelle parfaite, cette identification est la plus intense, la plus réaliste et surtout la plus « kinesthésique » possible).
[20] Patricia Garfield, une des auteures les plus connues et les plus prolifiques sur le thème de l’exploration des rêves lucides écrit notamment : “Lorsque les rêves lucides se prolongent jusqu’à un certain point, l’orgasme est presque inévitable, en tout cas pour moi…dans plus des deux tiers de mes rêves lucides, je ressens le flux de l’énergie sexuelle et cette effervescence culmine en une explosion orgasmique une fois sur deux environ » (Garfield, Pathway to Ecstasy, 1979). Elle va jusqu’à affirmer que les rêves lucides sont intrinsèquement orgasmiques, ce qui est un point de vue partagé par de nombreux rêveurs lucides pour qui sont exonéré de l’impôt sur  le rêve nu…
[21] On connaissait la délocalisation plaie de la mondialisation, mais ici il s’agit plutôt d’un bienfait, de l’actualisation d’autres circulations de l’énergie dans le corps, d’actualisation de possibilité secrètes et subtiles du corps telles qu’elles sont mentionnées dans certains traités de yoga tantrique ou même d’érotisme « laïque ». On signalera notamment que par le biais du rêve lucide le potentiel multiorgasmique du corps peut s’éveiller – ceci étant vrai autant pour l’homme que pour la femme – et donner notamment à l’homme la certitude expérimentale et la compréhension intuititve,« kinésthésique » qui permet de dissocier de manière non musculaire l’orgasme, l’érection et l’éjaculation dans l’activité érotique vécue à partir du corps physique. On pourra consulter sur ce sujet peu documenté sur  les sites spécialisés www.oniroseros.com ou www.tantraduson.com
[22] On pourra lire avec intérêt pour de nombreux exemples : « Le travail avec les rêves : des cauchemars à l’unité intérieure » qui constitue le chapitre 5 du livre de Stephen Laberge « S’éveiller en Rêvant », Paris, Almora, 2008.
[23] Cité dans Conscious Mind, Sleeping Brain, voir biographie.
[24] On pourra lire l’article de Paul Tholey, Applications of Lucid Dreaming in Sports, qui contient de nombreux exemples très intéressants qui illustrent cette notion de déplacement d’empathie et de déplacement de l’ego core – du sens de l’identité. Cet article est visible en ligne sur Internet : http://sawka.com/spiritwatch/applications_of_lucid_dreaming_i.htm.
[25] On pourra lire le livre de S.Grof, « Quand l’impossible arrive », Guy Trédaniel, Paris, 2007, qui recensent sur une période de plus de trente ans  les incursions dans l’étrange les plus marquantes que le celèbre chercheur à pu vivre à titre personnel et de première main.
[26] On pourra lire avec intérêt la belle et étrange nouvelle du Yoga-Vasistha, traduite par Michel Hulin chez Berg, intitulé « L’histoire du moine Djivata ».
[27] Nous renvoyons le lecteur à l’article de F.Chenet, intitulé Bhavana et Créativité de la Conscience, Numen, vol.34, fascicule 1 qui traite de l’imagination comme voie de salut dans la philosophie indienne.
[28] Les bizarreries oniriques peuvent consister par exemple dans des anommmmmalies dent la perccception des sexes écrits et des carakTERRE , des afffffffichages digitaux, des ddddddddddispotifis élétrik ou Electre AU nique…etc…qui soudain précipitent la réalisation : « Mais…JE RÊVE ! »…
[29] « Malgré des recherches soutenues, il n’a pas été possible de trouver des caractéristiques individuelles capables de prédire l’aptitude au rêve lucide de manière plus significative que le fait par exemple l’aptitude à se souvenir des rêves ». cité in Varieties of Anomalous Experience, Cardena et al., London, 2004, p.164.
[30] Ibid., P.165.
[31] Scott Sparow, un psychothérapeute et auteur sur le sujet du rêve lucide écrit : “Une de mes patients m’a raconté qu’elle avait du prendre un jour de conge à son travail à la suite d’un rêve lucide. C’était assez formidable de mon point de vue, mais ce fut très troublant pour elle et elle en fut secouée jusque dans son identité. En bref, dans son rêve, elle avait trouvé une vieille poupée dégonflée sous une pile d’ordures, l’avait récupéré et avait pensé dans une phase prélucide de son rêve : « si j’étais cette poupée, je sais ce que j’aimerais ». Elle commença donc à pendre la poupée dans ses bras et la poupée prit vie ! A cet instant elle réalisa qu’elle était en train de rêver, mais cela ne l’empêcha pas de se sentir profondément perturbé à l’idée que cette poupée était d’une certaine manière vivante.  Il est possible d’apprécier la prise de conscience du fait que l’enfant abusé (très abusé) qu’elle avait été était toujours vivant même si cela allait contre l’idée et l’image qu’elle se faisait d’elle-même. Des faits merveilleux du points de vue des révélations de l’inconscient peuvent être dévastateur du point de vue d’un égo qui n’a oeuvre qu’à se renforcer dans sa fortesse. Connaissant cette femme, je me suis dit qu’elle avait de la chance de suivre une thérapie quand cette bonne nouvelle est parvenue à sa conscience par le biais d’une rêve lucide ! » –  Letter from Scott Sparrow, Lucidity Letter 7(1), 1988
[32] On pourra lire avec attention le récit contemporain d’un éveil de kundalini dans l’ouvrage de Gopi Krishna, Kundalini, l’énergie évolutrice en l’homme. D’une certaine manière ce livre à de quoi refroidir les ardeurs tout autant que les velleités kundalinesque de l’immense majorité de nos contemporains. Sa confrontation avec une énergie colossale et avec la dimension transpersonnelle n’a pas été confortable (pour employer une litote) et a posé de nombreuses difficultés qui sont décrites dans le détail.
[33] “Une des raisons pour lesquels les tibétains n’encouragent  pas l’exploration sauvage du rêve lucide est due apparament au fait que la puissante énergie de la kundalini peut être amenée a être active dans la pratique des six yogas, et cela doit être manié avec précausion si l’on veut que cette énergie soit source de dévelopemments et d’évolution plutôt que de pathologie mentale. Le principe tantrique d’équivalence de la conscience et de l’énergie est cardinal dans le système tibétain. Cela implique que lorsque nous réusissons à accroître un aspect, l’autre est sûr de suivre. Ma proprerexperience et que la kundalini (expérimentée comme un puissant courant electrique qui se déplaçait dans tout mon crops s’est souvent éveillé à l’occasion de mes rêves lucides. Le récit de Gopi Khrishna ne peut que nous inciter à la prudence.[…] pour ces raisons je pense qu’il est important d’informer de la possibilité de l’émergence à partir de l’inconscient d’aspect réprimés et ceux grâce à la vision intérieure vaste que peut procurer le rêve lucide ». Scott Sparrow, ibid..
[34] On pourra lire l’article, de parution proche, intitulé « Les fleurs du Rêve : L’art du rêve lucide pour préparer, relayer, compléter ou remplacer l’utilisation des substances psychoactives », d’Alexandre Quaranta.

Bibliographie Raisonnée

LECTURES COMPLEMENTAIRES RECOMMANDEES

Laberge (Stephen), S’éveiller en rêvant, Paris, Almora, 2008.
Quaranta (Alexandre), Rêver pour s’éveiller – Manuel pour l’exploration du rêve lucide, Lulu Enterprise, 2007 et S’étonner d’être : l’éveil à la joie d’être conscience, Paris, L’originel Accarias, Paris, 1999.

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Signalons une importante littérature en allemand sur les applications du rêve, non traduite en anglais (et encore moins en français)
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KAPLAN-WILLIAMS (Stephen), Dreamworking, San Fransisco, Journey Press, 1991.
LHERMITTE (Jean), Les rêves, Paris, P.U.F, coll. « Que sais-je ? », n°24, 1963.
Il  s’agit de la plus anciennes des versions – il en existe trois – de l’ouvrage consacré à la question du rêve dans la célèbre collection, et c’est la seule qui fait une très timide allusion au rêve lucide.
MAZZA (Joan), From Dreams to discovery – a guided journal, Cincinati, Walking stick press, 2001.
MOFFIT et al., The functions of dreaming, New York, SUNY Press, 1993.
MACKENZIE (Norman), Les rêves, Paris, éd.Tallandier, 1966.
PAUWELS (Louis) et al., Le mystère des rêves, Encyclopédie Planète, Paris, éd. Planète, 1965.
PIERROT (Jean), Le rêve, Paris, Bordas, 1972.
REKLAN (JESSE), Dreamtoons, Boston, Shamballa éditions, 2000.
RIPA (Yannick), Histoire du rêve : regards sur l’imaginaire des Français au 19éme siècle, Paris, Olivier Orban, 1988.
Ce livre contient une bibliographie assez importante qu’il peut être utile de consulter dans tout travail de recherches sur le rêve.
SWENDENBORG (Emmanuel), Le livre des rêves, Paris, Berg International, 1985.
Journal des rêves (1743-1744) du célèbre mystique sur lequel Kant écrivit un ouvrage (Les rêves d’un illuminé).
VON FRANZ (Marie-Louise), Rêves d’hier et d’aujourd’hui, Paris, éd. J.Renard, 1990.
Une analyste jungienne passe au crible un certain nimbre de grands rêves historique dont ceux de Descartes.
Sources bibliographiques supplémentaires :
– Fond de références bibliographiques de l’association ONIROS (association pour l’étude du rêve affiliée à d’autres associations étrangères pour l’étude du rêve), toujours au fait des publications les plus récentes.
Disponible au siège de l’association ( ONIROS, B.P.30, 93451 Ile St Denis Cedex)
– PARSIFAL-CHARLES (Nancy), The dream : 4000 years of theory and practice – A critical, descriptive, and encyclopedic bibliography, West Cornwall, Locust Hill Press, 1986,  2 vol., 576 pages.

OUVRAGES CONSACRES AU REVE EVEILLE (WAKING DREAM)

DESOILLE (Robert), Théorie et pratique du rêve-éveillé dirigé, Genève, Mont-blanc, 1961.
GUERDON (David), Le rêve éveillé : iniation pratique, Paris, éd. ONIROS, 1993.
MAURUY (Gilbert), Les cousins du rêve, Paris, Bayard, 1992.
ROMEY (Georges), Rêver pour renaître : les rêves de franchissement de seuil, Paris, R. Laffont, 1982.

OUVRAGES SUR L’ETUDE SCIENTIFIQUE DU SOMMEIL ET DES REVES

BENOIT (Odile), Le sommeil humain : bases expérimentales physiologique et physiopathologiques, Paris, Masson, 1992.
COLEMAN (Richard), Wide awake at 3:00 A.M : by choice or by chance ?, New-York, W.H.Freeman, 1986.
Cet ouvrage contient également des considérations sur la chronobiologie et les rythmes humains.
DEBRU (Claude), Neurophilosophie du rêve, Paris, Hermann, 1990.
ETEVENON (Pierre), Du rêve à l’éveil : Bases physiologiques du sommeil, Paris, Albin Michel, 1987.
JOUVET (Michel), Le sommeil et le rêve, Paris, O. Jacob, 1992.
GAILLARD (Jean-Michel), Le sommeil : ses mécanismes et ses troubles, Paris, Doin, 1990.
HOBSON (Allan), Le cerveau rêvant, Paris, Gallimard, 1992.
PICAT (Jean), Le sommeil et ses fonctions, Paris, Masson, 1984.
Revues
WINSON (Jonathan), La clé des songes, Pour la science, n°159, février 1991, p.26-33.
Dormir, l’énigme de chaque nuit, Autrement, février 1991.
Le sommeil et les Rêves, Science et Vie, Hors-série 142, Mars 1983.
Sciences et Avenir, Le Rêve, l’énigme des rêves lucides, Hors-série 109, Janvier 1997.

Sites Internet :

www.revelucide.com
www.iamdreaming.com
www.lucidity.com

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2 commentaires sur “Le rêve lucide par Alexandre Quaranta

  1. C’est aussi Alexandre Quaranta qui le fait, son autre spécialité, c’est vrai que je n’ai pas l’impression qu’il y parlera du rêve lucide. Je vais préciser le nom de l’atelier dans le titre.

  2. Euh… c’est bizarre. J’ai suivi le lien de départ « prochain atelier » et je ne tombe pas sur un atelier de rêve lucide mais sur un atelier concernant le “tantra du son”… O_o

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