09 Juin

Le DILD, rêve lucide initié depuis un rêve normal

La majorité des rêves lucides sont initiés à partir d’un rêve ordinaire. En anglais cette catégorie de rêve lucide a été baptisée DILD (Dream-Initiated Lucid Dream) par Stephen Laberge, dénomination largement acceptée  depuis par la communauté des onironautes.
Tout commence donc par un rêve ordinaire, lorsqu’un élément déclencheur provoque la lucidité. L’élément déclencheur peut être mental (interne) ou lié au monde onirique (externe), mais ce qu’il provoque est toujours une réflexion qui, elle seule, a le pouvoir d’allumer l’étincelle de la lucidité.
Selon l’élément déclencheur, on peut classifier les DILD en sous-catégories.

Choc émotionnel

La plupart des premiers rêves lucides sont obtenus par un déclencheur très particulier, un choc émotionnel négatif : la peur, la honte, la tristesse…
La pression du choc émotionnel pousse le rêveur dans ses retranchements psychologiques où il cherche une ultime échappatoire à ce qu’il vit. Voilà pourquoi le choc émotionnel pouvant provoquer un rêve lucide est avant tout négatif, une émotion positive provoque rarement un réflexe de fuite psychologique. Le rêveur réfléchit donc sur sa triste condition onirique, et peut, à cet instant, réaliser qu’il rêve.
Etre poursuivi par un monstre, se retrouver nu en public, être confronté à la mort d’un être cher, ce type de rêve peut produire des rêves lucides.

Automatisme

Les rêveurs lucides ont donc cherché à contrôler cet élément déclencheur en le provoquant. Ils ont trouvés deux stratégies :

  • La question critique, tel que par exemple «Suis-je en train de rêver?», en général suivi par un test de réalité pour y répondre. Le rêveur s’entraîne à se poser cette question régulièrement, ou bien se programme pour se poser cette question à chaque fois qu’il fait quelque chose de spécifique, comme allumer une lampe, traverser un seuil de porte etc.
  • L’autosuggestion: le rêveur se programme avant de se coucher pour reconnaître qu’il rêve dès qu’il verra  un «signe onirique» prédéterminé. Un signe onirique doit être quelque chose que le rêveur rencontre fréquemment en rêve (comme par exemple son chien en train de voler…), mais cela peut être quelque chose de totalement anodin, comme par exemple ses mains.  Cela peut aussi être quelque chose dont il est sûr qu’il va rêver car il s’est programmé pour (voir les méthodes TILD, UILD, SILD…). Dans le domaine de l’autosuggestion on trouvera la méthode MILD, l’autohypnose, ou simplement se répéter juste avant de s’endormir, alors qu’on est dans un état plus suggestible, ses intentions.

Situation incongrue

Avec la tenue régulière d’un journal des rêves, le rêveur apprend à connaître son monde onirique et adopte une attitude plus réflexive vis-à-vis de ce qu’il y vit. Cette aptitude le rend capable de reconnaître les incongruités d’un scénario onirique : une personne qui ne devrait pas être là, un objet bizarre, une situation improbable … Il réalise tout à coup que quelque chose cloche, se demande pourquoi et peut en conclure qu’il s’agit d’un rêve et devenir lucide.

Pause réflexive

Avec le temps, j’ai réalisé que la majorité de mes DILD n’entraient plus dans aucune des catégories citées ci-dessus. Bien au contraire, je réalisais que j’étais en train de rêver en plein milieu d’une situation totalement anodine: faire du ménage, marcher dans la rue, regarder le décor…
En cherchant le point commun de ces situations, j’ai réalisé que c’était un moment du rêve me permettant un léger répit, sans action particulière, me permettant de prendre le temps de réfléchir. En effet, peu de gens réalisent qu’en rêve, ils pensent, ils ne sont pas des pantins désarticulés aux mains de l’inconscient. Simplement durant la remémoration onirique, ils se rappellent principalement l’action, et très peu de leurs pensées accompagnant cette action.
C’est pourtant grâce à cette capacité de réfléchir en rêve lucide que toutes les catégories de DILD précédemment citées peuvent se produire.

Voici un exemple de rêve sur le sujet, où je me suis clairement souvenue de mes pensées accompagnant l’action, et qui a fini en DILD:

Nous sommes 3 en compétition pour être le nouveau cuisinier dans un restaurant. C’est le moment de comparer nos 3 plats. Il y a le chef cuisinier et une femme qui goûte. Je me rappelle clairement avoir pensé en comparant mon plat à ceux des autres qu’il me semblait moins sophistiqué. De plus, je me souviens m’être dit que je ne voulais pas vraiment être prise, il s’agit d’une ville différente, d’un métier qui ne me tente pas vraiment. En pensant ça et du fait que je ne vais pas être choisi, je croque une petite statue que j’ai fait dans mon plat, c’est une sorte de petit ange, délicatement dessiné, je me demande comment j’ai réussi à cuisiner ça puis je conclus que c’est parce que j’ai pris tout ce temps à faire cette statuette que je n’ai pas pu consacrer plus au reste du plat.
Je suis choisie dans les deux finalistes. Je sors du restaurant en songeant que, si je gagne, je céderai ma place à l’autre finaliste car je ne veux pas de ce travail. Dans la rue, je reste à réfléchir quelques instants sur ce problème, et je deviens lucide.

Une pause onirique de quelques secondes peut donc suffire à notre capacité réflexive pour réaliser qu’il s’agit d’un rêve.
Cette catégorie de DILD a plus de chance de se produire si la partie réflexive du cerveau est stimulée. Pour réveiller cette capacité on peut utiliser la méthode d’induction WBTB, la méthode des compléments alimentaires, ou simplement se coucher tôt, bien avant d’être épuisé, et avoir une longue nuit de sommeil.

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5 commentaires sur “Le DILD, rêve lucide initié depuis un rêve normal

  1. Pingback: L’aventure du rêve lucide | Sitebuzz

  2. Ah !! 🙂 Merci de ta réponse.
    J’ai posé cette question car je me rappelle à l’âge de 9-10ans dans mes rêves j’arrêtais pas d’entendre des voix extérieurs & quand je me réveillais j’entendais les voix continuaient la conversation (c’étais le plus souvent mes parents :)) c’est comme ca que j’ai compris que c’était des voix extérieurs. ^^

  3. En théorie c’est possible. Mais je ne connais personne qui a réussi car cela présente plusieurs difficultés. Il faut trouver le bon niveau de sons, que l’on entend mais qui ne réveille pas. Des écouteurs c’est assez inconfortable pour dormir. Même si on entend, il n’est pas certain que l’inconscient l’incorpore au rêve, et si il l’incorpore au rêve cela peut être déformé, mais aussi on peut totalement passer à côté. Il est arrivé à plusieurs onironautes qu’une personne leur dise carrément en rêve “Tu es en train de rêver” et qu’ils ne la croient pas.

  4. J’aimerais savoir si les sons de l’extérieur sont entendu et peuvent nous révéler que nous sommes entrain de rêver. Ex : Si j’enregistre un sons par exemple ” Paul, tu es en train de rêver” et que je met mes écouteurs et le passe en boucle sur mon Ipod est-ce que cela peut m’aider a faire un rêve lucide ?

  5. La technique des mains marche vraiment tres bien dans le sens ou nous avons toujours nos mains sur nous.
    Pour ma part, c’est un test de realite qui me permet de faire beaucoup plus de reves lucides qu’avant.
    les mains se deforment systematiquement dans mes reves, cela permet aussi de m’eviter les pieges epuisants des faux reveils!

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