18 Oct

De l’importance de se poser la question « Est-ce que je rêve ? »

Cet article a été écrit par SRV, modérateur du forum l’Attrape-songes.

Dans les guides habituels, on explique sommairement le test de réalité comme un moyen assez efficace pour « savoir si on rêve ou non », un outil conçu par la communauté des rêveurs lucides pour séparer le bon grain de l’ivraie, le rêve de la réalité. Cela consiste à se demander : « est-ce que je rêve ? » puis de joindre le geste au questionnement, par exemple boucher son nez ou regarder l’heure, pour vérifier si l’on est en train de rêver. Le verdict est aussi simple : si l’air passe à travers vos doigts ou si au deuxième coup d’œil, l’heure a changé, vous êtes en train de rêver. Le but est de le faire suffisamment et avec assez de conviction pour que l’habitude pénètre les rêves. D’ailleurs, je trouve qu’on n’y accorde pas assez d’importance, on conseille souvent de l’associer à d’autres (écrire ses rêves ou faire des interruptions du sommeil), et à juste titre, mais quand elle est intelligemment employée, elle peut fonctionner seule. C’est une méthode sur le long terme, mais elle a fait ses preuves.

Depuis 8 ans maintenant, j’effectue assez régulièrement ces tests pendant la journée. J’ai pris pour habitude de vérifier si je rêvais ou non, dans n’importe quelle situation, qu’elle soit de nature onirique ou banale. Cette habitude ancrée m’a permis de faire de nombreux rêves lucides, mais le temps et l’expérience m’ont amené à modifier mon approche.

Premier constat : que ce soit en rêve ou dans la réalité, le nombre de tests qui se sont avérés négatifs est une écrasante majorité face à ceux qui ont eu un résultat positif, pour la simple et bonne raison que les tests de réalité ne sont jamais positifs en journée. Je n’ai jamais lévité ni senti l’air passé à travers mes doigts. Deuxième constat : j’ai gâché bon nombre de mes rêves lucides avec un test de réalité mal exécuté à cause d’une précipitation ou tout simplement parce qu’avec l’habitude, il m’arrivait d’arriver à la conclusion que « non, je ne peux pas être en train de rêver », malgré le résultat positif du test dans le rêve même. Ce qui m’a progressivement amené à ces questionnements : si la majorité de mes tests sont négatifs, est-ce que je ne risque pas d’amoindrir considérablement mes chances de devenir lucide en rêve ? Est-ce que je ne serai pas susceptible de développer une mauvaise habitude, une sorte de manie ou un engluement qui consisterait à me persuader que… je ne rêve presque jamais ? En conclusion, est-ce que je n’étais pas complètement aux antipodes du principe du test de réalité ?

Sans aller dans l’extrême opposé, c’est-à-dire le fait de se convaincre que l’on rêve à chaque instant de la journée, j’ai trouvé un juste milieu : ne pas répondre à la question. J’utilise cette approche depuis 1 ou 2 ans et les résultats parlent d’eux-mêmes : le nombre de rêves lucides spontanés a grimpé en flèche, sans test de réalité.

Avec du recul, j’ai pu analyser ces résultats et conclure sans trop me tromper que le fait de se poser la question sans y apporter de réponse tranchée n’avait que des avantages. Cela favorise l’ouverture d’esprit et permet de cultiver le recul nécessaire à la lucidité. La curiosité est un vilain défaut, dit-on, mais c’est aussi l’une des meilleures qualités de l’être humain toujours en quête de connaissance sur le monde. L’enfance est un bel exemple de ce moment de notre vie où l’on interroge toute chose.

ballons

Le but c’est de se poser la question quand l’envie nous vient seulement et de laisser la question en suspens, de ne pas trancher avec un « oui » ou avec un « non », mais avec une sorte de « peut-être que je rêve, peut-être que je ne rêve pas » : la question étant infiniment plus importante que la réponse, il en découle qu’il faut se concentrer sur elle en la considérant sous tous ses aspects au lieu d’y répondre à la hâte avec un geste qui sera de toute façon négatif. Il faut laisser la question en suspens, comme si l’on jetait un ballon, mais qu’on ne s’attendait pas à ce qu’il retombe. Le ballon reste suspendu dans le vide, et il s’envolera peut-être encore plus loin quand on n’y fera plus attention. Le plus important c’est qu’il flotte, comme un point d’interrogation lancé au hasard, un doute jeté en l’air.

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7 commentaires sur “De l’importance de se poser la question « Est-ce que je rêve ? »

  1. Personnellement, j’utilise la “douleur” comme TR (pincement simple). Je la trouve particulièrement efficace et bien adapté aux rêves lucides. Réfléchissez y et vous verrez que c’est bien plus efficace que tout autre TR ( aucune question à se poser, le cerveau fait le boulot à notre place )

  2. Les commentaires sont ouverts sur les tickets les plus récents 🙂 Pour toute question sur les rêves lucides, vous pouvez rejoindre le forum.

  3. Merci beaucoup. Pourquoi les commentaires sont fermés sur les autres articles ? Notamment ceux en rapport avec le guide sur les reves lucides ? Merci de me repondre

  4. Excellente réflexion sur un des points les plus fondamentaux dans la quête de lucidité. Je n’avais encore jamais pensé la remise en question quotidienne ainsi que les tests de réalité sous l’angle que tu abordes; et pourtant, cela paraît maintenant pertinent et logique. Les TR ont fait leurs preuves et restent à mon sens importants et généralement efficaces, mais je prendrai, à coup sûr, le temps d’essayer l’approche que tu proposes. Merci du partage !

  5. Dony Steph, tu délires complètement! Le rêve lucide est la rencontre entre ton subconscient et ton conscient, ça n’a rien à voir avec la réalité ou le rêve. Si tu n’as pas compris ça, c’est que tu dois avoir des limites au niveau de ton cerveau qui t’empêche de comprendre les choses qu’on t’explique. Va regarder la télé, là au moins tu n’a rien à comprendre et tu pourras bouffer des chips.

  6. Perso je ne sais pas à quoi servirait réellement le test de réalité, ces histoires d’expérience de rêve et autres… Pour moi la réalité est concrète. Elle s’offre à nous. Elle est visible et palpable. Le rêve est abstrait. Tu veux rêver? Tu n’as qu’à t’en dormir. Tu veux vivre la réalité? Tu n’as qu’à rester éveillé. N’est-ce pas simple?

  7. Merci pour cette réflexion sur le tests de réalité! J’espère que ça aidera à la compréhension des membres sur cette technique qui aide grandement à trouver la lucidité! Encore merci.

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