29 Oct

Auras, bagages, vulcains et autres histoires de rêves

Tout a commencé comme un objectif de rêve plutôt amusant dont je n’attendais rien de particulier. J’avais lu sur un site web l’objectif que je trouvais farfelu « d’aller au niveau supérieur ». Je n’attendais rien de particulier de cet objectif, si ce n’est « challenger » mon inconscient à imaginer un hypothétique niveau supérieur (à la façon d’un jeu vidéo).

Le rêve lucide avait un très fort niveau de réalité, il faisait jour, et je m’amusais à voler dans la campagne. Je vole souvent en rêve lucide, pourtant ce n’est que la deuxième fois que je m’amusais autant à le faire, sans doute grâce au très haut niveau de lucidité du rêve. Je cesse de voler et cherche un objectif et le seul qui me revient en mémoire, c’est de changer de niveau. Je demande à haute voix au rêve à aller au niveau supérieur, et j’attends, m’attendant à me faire téléporter quelque part. Rien ne se passe. Je suis déçue. Toujours en train de flotter dans les airs, je regarde vers le sol lorsque je remarque un personnage du rêve entouré d’une étrange lumière. Je m’apprête à descendre pour aller à sa rencontre quand je m’aperçois que tous les personnages du rêve sont désormais entourés de la même lumière. En y regardant mieux, il s’agit d’une sorte d’aura, sauf que cette aura n’est pas parfaitement ronde, il y a des coins enfoncés dans l’aura, comme des formes géométriques complexes. Et puis bientôt je vois qu’en doublon de l’aura il y aussi la représentation d’un globe terrestre lumineux, je trouve amusant la description imagée que chaque personnage du rêve est un petit monde, et je me réveille.

Le rêve lucide était amusant, je le note et l’oublie, vient alors le rêve de la nuit suivante, un rêve normal.

Dans la première partie du rêve, je suis dans une auberge, à coucher en sac de couchage, lorsque soudain ma grand-mère (décédée dans la vie réelle) passe à côté de moi sans s’arrêter. Je me souviens qu’elle n’est pas supposée être là, mon inconscient me fournit aussitôt une explication crédible, j’ai la capacité de voir les morts. J’appelle ma grand-mère, elle revient sur ces pas, me sert dans ses bras, avant de disparaître dans un escalier. Je suis très émue.
L’instant d’après, le rêve continue, et je vois un homme que j’interprète dans le rêve comme étant mon oncle, sauf qu’il a les traits de l’acteur Bernard Giraudeau. Je sais qu’il vit ailleurs, et de le voir ainsi j’ai peur qu’il soit mort lui aussi. Mais il me rassure. Il  dit que cela lui arrive parfois de s’endormir profondément, qu’il va bien, qu’il voulait juste me parler.
Il me parle de mon prêt bancaire et il me dit qu’avec un peu de chance je l’aurai remboursé dans quelques années. Puis il fait une somme et arrive à un résultat absurde, il me dit qu’à 95 ans j’aurais fini de tout rembourser, et il me demande comment je peux accepter d’être ainsi endettée pendant 90 ans. Je le corrige en disant que je ne suis pas endettée depuis l’âge de 5 ans, et que je m’estime fortunée d’avoir un travail et de pouvoir me constituer ce patrimoine que je transmettrai à mes enfants ou à mes neveux ou à la société via des œuvres caritatives.
J’ai pourtant l’impression que l’on ne parle pas de la même chose, il me regarde avec de la douleur dans le regard comme si je passais à côté de son message.
Je regarde la montagne au loin, le ciel est couvert, très orageux et soudain il y a des explosions. Je me retourne et je vois l’intérieur de l’hôtel à l’endroit où sont entassées les valises, et de l’eau coule. Je lui demande ce qui se passe et il me répond qu’il y a un défaut structurel dans l’hôtel et qu’il va s’écrouler. Et en effet il s’écroule. Mais parce qu’il est venu discuter avec moi et m’éloigner de l’hôtel, il m’a sauvé la vie.

Plusieurs événements font que ce rêve était particulièrement mémorable. Tout d’abord je m’en souvenais parfaitement et sans effort, je me suis réveillée en pleine nuit directement à la fin du rêve, comme si mon inconscient voulait en faciliter la remémoration. De plus je ne vois pas souvent ma grand-mère en rêve, mais lorsque je la vois la charge émotionnelle est forte et ancre encore plus profondément le souvenir du rêve.

Du côté de l’interprétation, il a fallu que je cherche au réveil pour retrouver le nom de l’acteur, et seulement à cet instant, je me suis souvenue de sa mort, mais aussi de son combat qui l’avait mené vers la méditation de la pleine conscience. Il est donc pour moi une figure de courage et de sagesse. Et enfin c’était la première fois que je rêvais de cet acteur (et pour l’instant la dernière). Au réveil j’étais profondément troublé par ce rêve, et je n’ai pu m’empêcher d’y songer une grande partie de la journée.

Je soumets ce rêve à l’épreuve de l’interprétation, et petit à petit, la dette dont il parle n’a plus rien à voir avec le prêt bancaire. Il s’agit de toutes les attaches dont on s’encombre (et le prêt bancaire n’en est qu’une parmi d’autres), toutes ces attaches qui sont d’encombrants bagages, jusqu’à ce que tout s’écroule. Et finalement, c’est peut être bien à l’âge de 5 ans, en effet, où l’on commence à s’attacher ainsi à toutes ces contraintes sociales, que tout commence.

Et bientôt, je fais le rapprochement avec le rêve lucide de la veille. J’avais lancé au rêve une demande, passer au niveau supérieur, et comme un écho le rêve de la nuit suivante me répondait. Et sa réponse était: tu n’es pas encore prête, regarde à quel point tu t’es endettée/attachée. Trouve le moyen de te libérer.

Pour en avoir le cœur net, la troisième nuit, je tente une incubation spécifique pour avoir plus d’informations sur cette dette et ce que signifie passer au niveau supérieur.

Dans le rêve, je suis avec une personne mais j’ignore qui, et nous sommes en train de visiter un endroit avec des boutiques mais elles ne sont pas encore ouvertes. L’une des boutiques vend des attrape-rêves avec un bouddha au centre. Je montre une tablette en trois parties, trois langues et j’explique que cela s’inspire des édits de l’Inde ancienne, mais la personne avec qui je suis la casse.
Sans transition mémorable, je me retrouve avec des vulcains (hum, j’associe les vulcains à la méditation apparemment, carrément geek) dans une caverne, ils portent de larges tenues sobres de cérémonie. Ils me disent quelque chose qui me vexe. J’annonce que je dois partir pour retrouver mes 5 enfants, j’ai conscience que c’est une excuse et que je mens, je veux juste partir.

Rêve curieux car je rêve du symbole de l’attrape-rêve pour la première fois, et des vulcains pour la première fois également. A l’épreuve de l’interprétation, les boutiques sont l’étalage des méthodes de développement personnel disponibles sur le marché. Mais à ne pas choisir et faire du simple “lèche-vitrine”, à ne pas entrer, on n’aboutit à rien. La caverne représente un franchissement de seuil, une transformation proposée. Mon ego s’interpose et je fuis, ce que je regrette avant même la fin du rêve. L’interprétation serait donc que je dois choisir puis m’investir dans une méthode. Et dans chacun des deux rêves, par deux chemins différents, par deux personnages qui incarnent une forme de sagesse, l’inconscient me symbolise la même solution, la méditation.

A travers ces 3 nuits, j’ai aussi été frappée par la logique de l’enchaînement: première nuit la demande, deuxième nuit le problème, troisième nuit la solution.

Il est facile de faire une autre interprétation de ces rêves, qu’il ne s’agit que d’une suite de coïncidences mal interprétées et sans signification. Au niveau intellectuel, cette façon de voir les choses est aussi valide que l’autre. Au niveau émotionnel, l’histoire est tout autre, dans chacun des trois rêves, et en particulier le deuxième, les émotions étaient fortes, accompagnées de l’impression de l’importance essentielle du rêve.

Ce billet est avant tout une question ouverte. Est-il possible, lorsque à travers nos rêves nous percevons une thématique importante, de la poursuivre de rêve en rêve, nuit après nuit, de l’approfondir à l’école du rêve, jusqu’à trouver moyen de progresser?

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2 commentaires sur “Auras, bagages, vulcains et autres histoires de rêves

  1. Je pense exactement la même chose. Il faut faire attention à ne pas donner trop de sens à ses rêves, de peur de finir par trouver des significations là où il n’y en a pas, mais à l’inverse ne donner aucun sens à nos rêves nous fait perdre beaucoup de notre vie intérieure.
    Et à défaut d’avoir une réponse définitive à cette question, je préfère supposer que la réponse est oui 🙂

  2. À cause de mon manque d’expérience sur le sujet en la matière, je ne saurais répondre avec des arguments aussi solide que les tiens à ta question ouverte qui est assez complexe. Cependant, je suis persuadé que nos rêves normaux et lucides peuvent nous aider à progresser dans la vie et que c’est un atout d’être capable de les interpréter, bien que cela puisse être difficile parfois.

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