Mon tout premier rêve lucide était un cauchemar. C’était plusieurs années avant que je connaisse l’expression «rêve lucide» ou cherche à en produire un volontairement.
Dans ce rêve j’étais poursuivie par un vampire et j’étais terrifiée. Je cherchais à m’échapper à travers un dédale de couloirs sans fin, toujours consciente d’être poursuivie, jusqu’à ce que finalement je sois acculée dans une impasse. Alors que le monstre était sur le point d’arriver, mon esprit fébrile n’arrivait plus à faire face à cette réalité éprouvante et cette pression mentale m’a fait brusquement réaliser qu’il ne s’agissait pas de la réalité mais juste d’un rêve.
Au lieu d’en ressentir le moindre soulagement, l’impression terrifiante de réalité du monde onirique renforçait la fausse croyance que le monstre pouvait malgré tout me blesser. J’ai donc tenté la dernière échappatoire possible, me réveiller. Et à cet instant, plongée dans ce monde onirique, me réveiller semblait aussi irréel et impossible que si je vous disais à l’instant que vous êtes en train de dormir et vous demande de vous réveiller. Dans ce cauchemar lucide, je tentai de prendre contact avec le moi rêveur, global, générateur du rêve, le tout en vain. Je ne me sentais qu’un petit rouage du rêve, déconnecté du rêveur. Finalement le monstre m’a rattrapé, et au moment où il m’a sauté dessus, la terreur est montée d’un cran et je me suis réveillée.
Parce que les premiers rêves lucides involontaires sont souvent déclenchés par des malaises comme la peur ou la honte, les rêveurs n’ont pas vraiment envie de retenter l’expérience et la stockent dans un recoin obscur de leur mémoire. Ce n’est que lorsqu’ils réalisent, par le biais de lectures ou de témoignages, qu’un rêve lucide peut aussi avoir lieu dans un contexte agréable, qu’ils se lancent pleinement dans l’aventure. Apprenant à déjouer le piège des fausses croyances, à contrôler leurs rêves et à confronter leurs cauchemars, le rêveur lucide ne ressent plus vraiment le besoin de se réveiller, bien au contraire, il cherche à prolonger et stabiliser le rêve.
Pourtant il existe encore quatre cas de figures ou un onironaute peut ressentir le besoin de se réveiller:
A savoir également que l’envie de se réveiller peut provoquer de multiples faux réveils, il faut donc associer un réveil à un test de réalité immédiat.
A noter que certaines personnes mentionnent se réveiller en état de paralysie du sommeil, état non dangereux pour la santé mais vécu comme éprouvant par le rêveur.
Alors comment se réveiller ?
Par une émotion forte
Comme décrit précédemment dans mon cauchemar, une émotion forte telle que la peur provoque le réveil. Bien sûr, effectuez plusieurs tests de réalité avant de tenter les propositions décrites ici. Par exemple un onironaute mentionne se jeter dans le vide. Cette technique ne marche que si le rêveur, conscient d’être lucide, confronte violemment sa fausse croyance de pouvoir se blesser ou être blessé en rêve, mais c’est une technique psychologiquement éprouvante. De plus, plus l’onironaute est expérimenté, moins cette fausse croyance a de prise.
Une autre émotion forte peut être la colère. Défoulez-vous (hum après un test de réalité probant) en cassant tout ce qui se trouve autour de vous, utilisez toutes vos colères refoulées.
Par un effort de volonté
Si le sommeil est léger, un simple effort de volonté suffit pour émerger. Hervey de Saint Denis, pionnier dans le domaine, mentionne un acte de volonté consistant à «secouer le sommeil». Pour manifester votre volonté, rien ne vous empêche de crier à pleins poumons « JE VEUX ME REVEILLLLLLLER! ».
En fixant le regard
Paul Tholey, célèbre onirologue, indique qu’en fixant le regard du moi onirique, cela déstabilise le rêve et entraîne le réveil. Fixez donc un objet et ne bougez plus les yeux.
En s’endormant dans le rêve
Une onironaute mentionne «s’endormir dans le rêve», ce qui, à mon avis rejoint la technique de déprivation sensorielle décrite ci-dessous. S’endormir dans le rêve, c’est retirer son attention au rêve.
Par la déprivation sensorielle
J’ai découvert la technique de déprivation sensorielle par hasard en tentant de méditer dans un rêve. Cette technique me semble particulièrement instructive car elle permet de comprendre le mode de fonctionnement d’un rêve.
Le rêve fonctionne à partir d’une boucle de rétroaction. Le rêve nous présente un contenu sensoriel, nous réagissons à ce contenu par notre attention et nos émotions. Le rêve s’en nourrit pour adapter le contenu sensoriel.
Dans un rêve, m’étant assise pour méditer, j’avais cessé de participer à l’action pour me concentrer sur mon souffle, et une vision globale mais non participative du rêve. Aussitôt le contenu s’est déstabilisé, je me suis retrouvée dans un espace noir, puis j’ai perdu mon corps de rêve, et j’ai commencé à attendre des bruits de voix, des conversations, insistantes, pressantes, mais auxquelles je n’ai pas non plus prêté attention.
Dans la technique de déprivation sensorielle, il suffit de retirer son attention au contenu du rêve, brisant ainsi cette boucle de rétroaction. Commencez par fermer les yeux, dans certains cas cela est suffisant. Parfois vous constaterez alors une recrudescence de bruits, des conversations, comme si le rêve pour exister cherchait à attirer votre attention sur une autre porte sensorielle. Bouchez vos oreilles oniriques, ne vous intéressez plus à ce qui se passe autour de vous. Sans votre attention pour l’alimenter, la trame du rêve se déstabilise. Certains onironautes ajoutent une visualisation mentale de leur corps physique en train de se réveiller. Ou vous pouvez ouvrir les yeux au bout de quelques secondes en vous concentrant sur l’idée qu’il s’agit des yeux de votre corps physique.
Eh bien, ca fait plaisir de trouver des reponses a ses question, surtout que quand on ne connait pas ca fait vraiment peur.
Cependant j’ai une question : est il normal que je ressente une vibration dans ma tete quand je me force a me reveiller ?